
Répondre aux préoccupations d’écoresponsablilité des entreprises : une mission essentielle pour l’Ademe, qui développe en ce sens ses outils d’information et d’évaluation.
Que propose l’Ademe aux entreprises ?
Michel Rochet : Notre offre est très étoffée. Elle est plus particulièrement orientée vers les PME, car elles ont davantage besoin d’être conseillées. On trouve dans cette offre des outils de diagnostic et des guides techniques répondant aux principales questions : Les déchets sont-ils bien gérés dans mon entreprise ? Comment améliorer l’efficacité énergétique ? Comment améliorer la qualité environnementale des produits fabriqués ? On y trouve aussi le bilan carbone, une méthode qui permet d’évaluer toutes les émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité d’une entreprise.
Nous venons d’éditer le guide “Écoresponsabilité au bureau”, qui donne une vision globale des mesures à prendre pour être écoresponsable dans les activités exercées au bureau. La mobilisation et l’adhésion des personnels est fondamentale pour conduire un programme de ce type ; c’est pourquoi nous diffusons un outil de sensibilisation original – le Clic’Ademe – adopté par de plus en plus d’entreprises pour interpeller leurs salariés.
L’Agence émet-elle des recommandations pour les voyages professionnels ?
M. R. : Oui. D’abord, limiter autant que possible les déplacements. La visioconférence, par exemple, permet aujourd’hui d’organiser des réunions dans de bonnes conditions ; l’Ademe l’a largement adoptée. Ensuite, il faut choisir les modes de transport les moins polluants. Les flottes automobiles des entreprises doivent intégrer davantage de véhicules plus propres. Mais surtout, pour les plus longues distances sur le territoire, on peut souvent recourir au train : le TGV émet près de 50 fois moins de gaz à effet de serre que l’avion ou la voiture.
Quelles sont les garanties apportées par la “charte des opérateurs de compensation”, signée en 2008 ?
M. R. : Il est essentiel pour la crédibilité du dispositif que cette compensation s’effectue selon des règles harmonisées de calcul et de coût, de qualité des projets financés et de totale transparence. La charte de la compensation volontaire que l’Ademe a initiée répond à ces objectifs. La liste des opérateurs de compensation qui ont signé cette charte est sur le site “compensation CO2”. L’Ademe organise des audits chez les signataires, pour plus de garantie du respect des engagements pris.
Le thème de “la crise” n’a-t-il pas chassé celui du “développement durable” de la liste des priorités des entreprises ?
M. R. : Au contraire ! Les sollicitations adressées à l’Ademe n’ont jamais été aussi fortes. En 2008, par exemple, 1200 bilans carbone ont été réalisés ; soit autant que le cumul des quatre années précédentes. La crise conduit les entreprises à s’interroger sur le caractère durable de leurs activités, en particulier sur la consommation de ressources épuisables, énergies fossiles et matières premières. Elles sont chaque jour plus conscientes que les économies d’énergie, ou que la prévention en matière de déchets sont des actions financièrement rentables. Une étude récente montre que sur 30 entreprises ayant adopté l’écoconception de leurs produits, 28 ont amélioré leurs résultats financiers par la réduction des dépenses et l’accès à de nouveaux marchés. La croissance verte n’est pas un concept théorique d’application lointaine, elle est déjà là.
Bio Express
1975-1984 Ingénieur à la Drire puis chargé de mission de l’Anred (Agence nationale pour la récupération et l’élimination des déchets) en Haute- Normandie.
1984-1985 Chef de la délégation Ile-de-France à l’Anred.
1985-1993 Chef de la délégation interrégionale Seine et Nord de France puis directeur de l’action technique et des secteurs productifs à l’Anred.
1993 Ademe, directeur de l’industrie puis directeur de la direction clients.




















