
San Francisco, Los Angeles, Chicago, Miami, Boston,New York… c’était en 1995, un long voyage que j’effectuais pour notre marque. J’ai sillonné les États-Unis pendant deux mois ; en quelque sorte, une tournée d’une quinzaine d’étapes… Et, au bout du compte, une invraisemblable découverte des différentes facettes du pays. L’hospitalité des Américains, par exemple, qui m’a positivement étonné, même si, de ce côté-ci de l’Atlantique, on la considère parfois de façade. L’énergie aussi, celle qui les fait avancer et dire, en pleine crise, que “c’est pas grave, tout reviendra !” De même, j’ai été épaté par la qualité du service… Comme au Japon d’ailleurs. Je me souviens de m’être rendu, en compagnie de mon épouse, sur les hauteurs de Kyoto, dans un très joli ryokan ; une sorte de chambre d’hôtes. Une mère et sa fille nous y ont accueillis d’une façon extrêmement raffinée. Tout était plus que parfait : les mouvements des claustras qui ménagent l’intimité de chacun, la cérémonie du bain que l’on prend très chaud et, si paradoxal pour nous, après s’être impérativement lavé avant d’y entrer.
Le Japon a été une quasi-rencontre du troisième type ! Cette façon que l’on y a de saluer bas, cette retenue érigée en règle de vie, l’exceptionnelle cuisine, si fine, si légère… Tout dans cette culture si éloignée de la nôtre me procure un grand dépaysement… avec par ailleurs de vraies valeurs communes, par exemple le foisonnement d’entreprises familiales existant depuis des générations comme Roederer !
En Europe, mes voyages ressemblent souvent à des déplacements éclairs, pour des dîners ou des soirées de dégustation. Le temps manque, malheureusement, pour faire de vraies rencontres. Pourtant je découvre toujours une personnalité un peu originale, quelqu’un d’amusant… surtout après deux ou trois coupes de champagne ! Quand je reçois en Champagne, finalement, je voyage presque autant : je fais parler mes invités de leur pays et je découvre, comprends, apprends… C’est là pour moi la richesse des voyages : s’interroger, découvrir la variété des choses, s’en servir pour s’évader, rompre avec le quotidien, prendre du recul… C’est une vraie chance de pouvoir voyager ; j’en suis vraiment conscient, d’autant plus que je le fais dans des conditions privilégiées.
Lors de mes déplacements professionnels, je fréquente généralement des hôtels modernes, de chaînes surtout, tandis que pour mes voyages personnels, j’ai tendance à privilégier l’originalité et l’authenticité. À San Francisco, c’est le Clift redécoré par Starck qui a ma préférence. Mais j’aime le changement et la découverte dans ce domaine aussi. Malgré ce confort de voyage, je suis toujours un peu angoissé lorsque approche l’instant du départ : je quitte ma maison, ma femme, mes enfants, je vais les laisser… ça n’est pas si facile ! Mais, heureusement, une fois refermée la porte de la maison puis celle de l’avion, on pense à tout autre chose… On se met aux aguets, dans le bon sens du terme, parce que n’étant pas chez soi, on est en veille. Et j’aime cette attitude.
Six dates
1980 À 12 ans, je quitte difficilement le nid familial pour un an dans un collège anglais… finalement enthousiasmant !
1985 Après mon bac passé à Reims, je m’installe à Paris : à nouvelle vie, nouvelle liberté.
1990 Mon frère aîné décède : il y aura dans ma vie un “avant” et un “après”.
1996 Je débute ma carrière dans notre maison de champagne.
2001 et 2004 Mes enfants naissent.
2001 Les événements proprement dramatiques du 11 septembre me marquent profondément.




















