
En marge des annonces présidentielles attendues à l’approche du Salon du Bourget, le Groupe ADP a missionné l’IFOP pour sonder les attentes des Européens vis-à-vis du secteur aérien. Près d’un millier de personnes ont été interrogés dans chacun des cinq pays couverts par l’étude (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Espagne), avec une légère surreprésentation du public français. Ce Baromètre européen du Paris Air Forum – qui a vocation à être renouvelé – accorde, c’est logique, une place prépondérante au dossier de la décarbonation. Et permet plus globalement de faire le point sur les habitudes des Européens en matière de déplacements, et de mieux cerner leurs attentes et les efforts qu’ils sont prêts à consentir pour progresser vers un fonctionnement plus vertueux.
Premier constat : la démocratisation de l’aérien au cours des dernières années a ses limites, notamment dans l’Hexagone. En effet, la France serait le pays étudié où la part des habitants qui prennent l’avion au moins une fois par an est la plus faible (23%). L’Allemagne (40%), l’Italie (52%), l’Espagne (53%) et surtout le Royaume-Uni (56%) affichent des taux nettement supérieurs. Le baromètre estime même que 38 % des Français ne prennent jamais l’avion. Les « voyageurs fréquents », qui embarquent plusieurs fois par an à bord d’un appareil, se limiteraient à 7% sur le marché français.
Ces chiffres peuvent contribuer à expliquer une certaine ambiguïté du public français vis-à-vis du secteur aérien, qui filtre à travers plusieurs aspects du baromètre. On retiendra notamment – et étonnamment – que les Français sont, avec les Allemands, les deux populations les moins enclines à considérer l’industrie aéronautique comme un secteur stratégique prioritaire qu’il faut soutenir et protéger. Autre enseignement de l’étude : 64 % des Français estiment qu’il faudra se résoudre à limiter le développement du transport aérien par des mesures de restrictions. Mais seuls 20 % des Français sont favorables à des mesures coercitives concernant leur usage personnel, comme la limitation du nombre de vols ou une taxation des billets… La grande majorité des Français (80%) penche plutôt pour la voie du progrès technique, estimant qu’il il faut développer de nouvelles technologies pour rendre les avions moins polluants en CO2, par exemple en développant les avions à hydrogène.

La réduction des émissions de CO2 constitue d’ailleurs la principale attente des populations européennes vis-à-vis du secteur aérien pour les prochaines années (56% en France, et même 63% en Allemagne). Mais l’aérien part de loin dans le classement des secteurs d’activités dans lesquels croit la population européenne. Interrogés sur les industries les plus à-mêmes de se réformer dans les prochaines années pour répondre au changement climatique, le transport aérien figure à la dernière place, et ce dans les cinq pays interrogés. Loin derrière la production d’énergie, le bâtiment, l’agriculture ou encore l’industrie…

















