Air France-KLM, champion dans l’utilisation des carburants durables

Air France-KLM a acheté 17% de la production mondiale de carburant durable (Sustainable Aviation Fuels ou SAF) alors que le Groupe ne représentait que 3% de la consommation mondiale de kérosène. Il confirme ainsi sa volonté d’être un des principaux leaders d'une aviation plus durable. 
Les vols de moins de 5000 km - et non plus seulement intra-européens - devraient être soumis aux le système d'échange de quotas d'émissions ETS. (Photo: Luc Citrinot)
Les vols de moins de 5000 km - et non plus seulement intra-européens - devraient être soumis aux le système d'échange de quotas d'émissions ETS. (Photo: Luc Citrinot)

La décarbonation du transport aérien est essentielle à sa survie, au-delà de l’un enjeu de communication des compagnies qui souhaitent prouver qu’elles s’acheminent vers un transport aérien compatible avec les enjeux environnementaux. Air France-KLM a donc mis en place une politique environnementale qui comprend l’utilisation accrue de carburants d’aviation durable (Sustainable Aviation Fuels ou SAF) ; un renouvellement de la flotte avec des avions plus économes en carburant et moins bruyants. Et enfin, des mesures opérationnelles permettant de réduire les émissions des avions, comme l’éco-pilotage.

Des coûts de production très élevés

De nombreux écueils existent cependant concernant le SAF. Sa production reste encore faible et son coût prohibitif. Ces deux facteurs expliquent une utilisation limitée aujourd’hui. Elle était de l’ordre de 0,1% de la consommation mondiale de carburant par l’aviation en 2022. Il existe cependant un énorme avantage à l’utilisation de carburants durables. Ils ne réclament aucune modification des avions, des moteurs ou des systèmes d’alimentation en carburant des aéroports.

Le coût de production et d’achat reste cependant le principal handicap. En l’absence de filière de production industrielle établie, le SAF est actuellement 4 à 8 fois plus cher que le carburant classique. Ce différentiel de coût impacte d’ores et déjà les finances des compagnies aériennes et le prix des billets d’avion. Air France estime qu’en 2023, l’incorporation d’1% de SAF représentera un surcoût de 100 millions d’euros.

Pour le voyageur, incorporer 20% de SAF aurait des conséquences financières lourdes. Air France évalue par exemple à 175€ d’augmentation le prix d’un billet aller-retour Paris-New York en classe économique, si l’on incorporait 20% de SAF.

Les objectifs que se fixe Air France-KLM à horizon 2030 correspondent à un volume d’un million de tonnes de SAF par an, représentant un surcoût pour le Groupe de 2 milliards d’euros par an.

Air France-KLM, un leader pour l’utilisation des SAF

Malgré ces obstacles, le groupe Air France-KLM est un champion de l’utilisation de SAF. En 2022, Air France-KLM a en effet acheté 17% de la production mondiale de SAF alors que le Groupe ne représentait que 3% de la consommation mondiale de kérosène.

Le Groupe a de fait signé des contrats avec Nesté et DGFuels, pour un total de 1,6 million de tonnes de SAF. Les livraisons sont prévues entre 2023 et 2036.

Par ailleurs, Air France-KLM a établi des critères d’approvisionnement stricts. Le groupe n’achète que des SAF n’entrant pas en compétition avec l’alimentation humaine ou animale. Ils ne proviennent pas d’huile de palme et permettent une réduction des émissions de CO2 d’au moins 75% sur l’ensemble du cycle de vie.

Les énergéticiens travaillent aussi à l’élaboration de carburants dits « synthétiques » (ou de synthèse). Ces derniers sont produits uniquement à partir de CO2 capté, d’eau et d’électricité. La France dispose d’un avantage en la matière, étant dotée d’un parc nucléaire important produisant une électricité à faible intensité carbone. Cette famille de carburants est encore à l’étape de recherche et développement, et ne sera pas mature avant 2027.

Le Groupe Air France-KLM va au-delà de la réglementation et s’est fixé l’objectif d’au moins 10% d’incorporation de SAF à horizon 2030 au niveau mondial. Et non pas seulement sur ceux au départ de France et d’Europe. Par comparaison, l’Europe exige une norme de 2% pour tous les vols au départ du continent en 2025. Et de 6% en 2030.