
Quasiment une génération ! En vingt ans, les conditions des déplacements professionnels ont connu une forte mutation. “Voyager économique, éviter les abus, comment faire travailler utilement son prestataire ? Tels étaient les enjeux entrepris au début des années 1990 et aussi l’une des thématiques abordée à l’époque, lors de la 1ère édition de notre baromètre”, rappelle-t-on chez American Express Voyages d’Affaires. A l’époque, les règles relatives aux voyages ne sont pas toujours formalisées : 37 % des entreprises ont défini un cadre général et accordent une large flexibilité aux voyageurs. Elles font confiance aux collaborateurs pour leurs déplacements
Leçon donnée par la crise : 1992 est placée sous l’ère du contrôle, l’autorisation préalable devient la règle pour 70 % des entreprises (contre 60 % l’année précédente). Les contrôles sont systématiques (82 % contre 67% en 1991) et 49 % des entreprises disposent d’une politique voyages (+ 7 points). En outre, les deux tiers des entreprises ont mis en place une politique d’assurance et d’assistance pour protéger leurs collaborateurs.
Ce n’est plus la fréquence des déplacements qui prédomine – leur durée tend à diminuer –, mais leur coût. Et donc commence la chasse aux tarifs préférentiel.
Poids croissant du rail
Par ailleurs, le déploiement du TGV Nord, puis Atlantique fin 1993, commence à influer sur les modes de déplacement des voyageurs d’affaires. Avec la contraction des distances et des temps de trajets, le TGV gagne des parts de marché sur les lignes où il est entré en concurrence avec l’aérien ; Lyon, par exemple.
L’apparition d’alternatives se mesurent dès 1996 : une entreprise sur deux impose à ses collaborateurs la classe économique, quelle que soit la destination. Autre constat : 38 % des entreprises préconisent le TGV, aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’étranger. Par exemple sur Londres avec Eurostar ou sur Bruxelles avec Thalys. D’année en année, la part du rail dans les dépenses progresse. A partir de 2001, le poids de l’aérien dans les dépenses se stabilise à 50 %.
Introduite dès 1995 à la suite de la guerre du Golfe, la visioconférence, mode relationnel virtuel se développe. Davantage responsabilisés, les collaborateurs savent que leurs dépenses liées aux déplacements professionnels sont passées à la loupe (notes de frais : 95 %, suivi budgétaire : 85 %, tendance du contrôle a priori : 60 % contre 50 % en 95). En 1997, 90 % des entreprises analysent leur l’activité voyages, de manière plus ou moins sophistiquée. “Afin de dépenser mieux, elles recherchent des tarifs encore plus compétitifs, elles réduisent la durée des déplacements et limitent le nombre de collaborateurs voyageant ensemble, poursuit-on chez American Express Voyages d’Affaires. Pour serrer son budget voyages, une entreprise sur deux privilégie la classe éco en avion et en train”.
Les bouleversements technologiques
A la fin des années 1990, les systèmes de réservation (Amadeus, Sabre, Galileo) évolue et des outils de contrôle qualité (robotisation) voient le jour. A l’époque, e-mail et Internet restent encore marginaux pour la réservation de billets. Puis, quelques années plus tard, le “on line” arrive de ce côté de l’Atlantique et devient un nouveau levier d’économies au travers d’offres dédiées. Les outils de réservation en ligne assortis des procédures de validation se multiplient (14 % des entreprises déclarent utiliser des outils de réservation en ligne).
Pour contenir les dépenses, les responsables voyages instaurent des règles de plus en plus strictes et élargissent le scope de la politique, à la partie hôtelière et aux réunions professionnelles.
La crise de l’automne 2008 joue un rôle d’accélérateur de tendances latentes : volonté de visibilité (61 % des entreprises déclarent disposer de la totalité des informations sur leurs dépenses contre 37 % en 2008), de contrôle des dites dépenses, de définition ou de remise à plat de règles internes. En 2009, neuf entreprises sur dix sont dotées d’une politique voyages. Après la semonce donnée par cette sévère crise financière, les collaborateurs recommencent à voyager, mais leurs déplacements doivent être justifiés. Actuellement près de 60 % du budget voyages des entreprises est consacré au maintien ou au gain de nouveaux marchés. Prochain chantier : mesurer le retour sur investissement des déplacements.
Dossier - Les nouvelles tendances du voyage d’affaires
Les nouvelles tendances du voyage d’affaires
- Deux décennies de voyages d’affaires à la loupe




















