Les compagnies d’AirAsia regroupées au sein d’un même groupe

Avoir une véritable puissance de tir aussi bien pour l'achat d'avions mais aussi pour le développement futur de lignes aériennes low-cost en et vers l'Asie du Sud-Est. C'est ce que devrait produire le regroupement de toutes les compagnies aériennes d'AirAsia.
Un avion d'AirAsia sur le tarmac de l'aéroport de Bangkok Don Mueang (Photo: Luc Citrinot)

C’est à un tour de passe-passe financier auquel s’est livré le holding Capital A, propriétaire d’AirAsia, mais qui aura des effets sur l’activité de toutes les compagnies aériennes. Et par ricochet sur sa clientèle.

Capital A vient effectivement d’entériner le transfert de toutes les activités aériennes à une nouvelle entité: AirAsia Group Sdn Bhd (« AirAsia Group »). Cette dernière va regrouper l’ensemble des compagnies existantes du groupe dans l’ASEAN (Asie du Sud-Est). Soient AirAsia Bhd en Malaisie, Thai AirAsia, Indonesia AirAsia, Philippines AirAsia et la petite dernière, AirAsia Cambodia. Ainsi que la filiale long-courrier du groupe, AirAsia X- qui avait sa propre autonomie financière.

Capital A se concentrera à l’avenir sur la gestion d’activités non aéronautiques. Tout en conservant cependant une activité de consulting ou d’organisation dans le transport aérien. Ce qui exclut désormais le champ d’exploitation de lignes aériennes.

L’accord historique, approuvé par les conseils d’administration de Capital A et d’AirAsia X, devrait catalyser AirAsia vers sa prochaine phase de croissance. Cette dernière a l’ambition de devenir le premier transporteur low cost en Asie et l’un des tout premiers dans le monde. Cette réorganisation doit cependant être approuvée par l’ensemble des actionnaires. Mais ils ont tout à y gagner.

Avion d’Indonesia AirAsia à Jakarta (Photo: LC)

Le AirAsia Group sera une structure aérienne élargie qui va trouver des synergies dans la gestion du réseau et l’optimisation des flottes des différents transporteurs. De fait, la modification d’environ 10 % d’une commande d’Airbus A321neo en A321LR (long-courrier) sur un carnet de commande de plus de 400 appareils a donné un coup de fouet à cette fusion. Selon Tony Fernandes, ex-PDG et devenu conseiller spécial de Capital A, « avec la nouvelle flotte, nous pouvons vraiment relier l’ensemble de l’ASEAN au reste du monde. Cela va au-delà des grandes villes et englobe également les plus petites« , explique-t-il.

De nouvelles lignes entre l’Europe et l’Asie du Sud-est à terme?

Les avions pourront ainsi être aussi bien utilisés sur des lignes intra-ASEAN que vers des destinations secondaires en Asie du Nord, Australie et Asie Centrale. Tandis que les futurs Airbus A330neo rentabiliseront le lancement de nouvelles lignes en Europe. Notamment depuis des villes secondaires, comme le souligne Tony Fernandes. A la fin des années 2000, la compagnie avait fait des essais avec le lancement de lignes depuis Kuala Lumpur vers Londres Gatwick et Paris Orly. Mais sans atteindre à cette époque le seuil de rentabilité. Et ces lignes avaient fait long feu…

La possibilité d’exploiter des vols long-courrier entre l’Europe et Bangkok ou encore Bali (plus attractives comme destinations touristiques) avec un avion plus économe en carburant redistribue les cartes. Elle permet un véritable futur maillage de lignes entre l’Asie du Sud-Est et le reste du monde dans les cinq prochaines années. Tout en consacrant le groupe AirAsia comme le plus grand transporteur aérien du Sud-est asiatique.

AirAsia Cambodia a pris son envol

Le 2 mai, la petite dernière du groupe, AirAsia Cambodia, a lancé ses premiers vols depuis Phnom Penh vers Siem Reap/Angkor et Sihanoukville au Cambodge. Pour l’instant, la nouvelle entité ne dessert que des lignes domestiques avec une flotte de deux Airbus A320.

Cette dernière devrait d’ici la fin de l’année passer à 5 avions. Et ouvrir dès le trimestre prochain de nouvelles lignes à l’international. Air Asia Cambodia espère transporter sur son année fiscale 1,8 million de passagers. Tandis que le Cambodge s’attend à recevoir plus de 6 millions de touristes en 2024.