L’Indonésie restreint le nombre de ses aéroports internationaux

Il faudra plus de temps pour se rendre dans les grands centres économiques d'Indonésie, les autorités du pays souhaitant concentrer le trafic sur une poignée d'aéroports.
Le Terminal 3, hub de Garuda, à Jakarta en Indonésie (Photo: Luc Citrinot)
Le Terminal 3, hub de Garuda, à Jakarta en Indonésie (Photo: Luc Citrinot)

Fini les transits à Singapour ou Kuala Lumpur pour se rendre directement à Palembang, grand centre économique du sud de Sumatra avec son million et demi d’habitants. Ou pour rejoindre Semarang, capitale de Java Central et important port de commerce. Désormais, les voyageurs d’affaires se rendant dans ces deux cités devront transiter par Jakarta, éventuellement Bali ou encore Medan. Le gouvernement indonésien a en effet décidé de retirer le statut international à 17 aéroports à travers le pays. Ainsi, depuis mai, 17 aéroports continuent de jouir d’un statut international contre 34 auparavant.

Si l’on peut comprendre que certains aéroports n’aient jamais attiré le moindre vol international, le rationnel de cette décision paraît bien aléatoire derrière la fermeture au trafic international d’aéroports comme Palembang (Sumatra sud), Pontianak (Ouest Kalimantan) ou encore Semarang (Java Central). Trois villes importantes qui étaient jusqu’à présent servis par des vols régionaux, donnant un accès facile aux voyageurs d’affaires. Notamment à Palembang et Semarang, deux villes de plus d’un million d’habitants et véritables centres économiques au niveau national.

17 aéroports ont perdu leur statut international en mai

Selon le ministère des transports indonésiens, cette réduction doit permettre la consolidation du trafic aérien international à quelques plateformes importantes. Et les imposer comme des hubs nationaux et internationaux.

L’aéroport de Semarang (Photo: D.R.)

Le ministère pense notamment à Jakarta, Bali mais aussi à Medan (Nord-Sumatra), Surabaya (Java Oriental), Makassar (Sud-Célèbes) et Yogjakarta. Les 11 autres aéroports qui conservent leur statut international servent essentiellement à la promotion touristique. Exception faîte de Balikpapan et Pekanbaru, l’une à Bornéo, l’autre à Sumatra, qui sont des centres névralgiques pour l’exploitation de gaz.

En filigrane, le gouvernement souhaite en réalité éviter le transfert des passagers régionaux vers des plateformes plus compétitives à l’international comme Kuala Lumpur ou Singapour.

Jakarta et Bali, hubs avec peu de vols intercontinentaux

S’exprimant dans les media nationaux, la porte-parole du ministère des transports, Ardita Irawati, dévoilait ainsi l’objectif premier de cette décision.  » La plupart de nos aéroports internationaux actuels ne desservent que quelques pays spécifiques et ne proposent pas de liaisons long-courriers, ce qui signifie que les passagers vont sur les hubs internationaux d’autres pays « .

La restructuration s’inscrit dans un programme de transformation des infrastructures aériennes, baptisé InJourney Airports. Ce dernier vise à créer un réseau de connectivité aérienne plus efficace afin de promouvoir le tourisme et la croissance économique grâce à une meilleure gestion de l’écosystème aéroportuaire.

Sauf que dans les faits, Jakarta ou même Bali restent moins bien desservis à l’international que leur homologue en Asie du Sud-Est. En 2024 ,Jakarta comptabilise des vols vers 41 villes dans le monde (dont seulement Amsterdam et Istanbul en Europe). Bali ne fait guère mieux.

Ainsi, l’aéroport de la capitale indonésienne ne soutient guère la comparaison face à ses voisins. Kuala Lumpur propose des vols vers 108 villes internationales (dont Amsterdam, Istanbul et Londres en Europe). Bangkok fait mieux encore. La plateforme de Suvarnabhumi est reliée à 120 villes internationales (dont 15 villes en Europe). Enfin de Singapour, aéroport le plus utilisé par les voyageurs depuis et vers l’Indonésie, on rejoint 145 destinations (dont 14 villes européennes).

Ce sont les voyageurs européens qui vont donc subir le plus les conséquences de cette décision. Il faudra désormais pour se rendre dans certaines villes indonésiennes changer au moins deux fois d’avion. Sans parler du coût supplémentaire généré par ces escales et l’usage de différentes compagnies aériennes.