Le trafic aérien dépasse enfin son niveau de 2019 en Europe

Selon l'Association des aéroports européens, le trafic aérien a dépassé au premier semestre les niveaux de de 2019. Paris-CDG reste cependant à la traîne.
Passagers à l'enregistrement Terminal 2 de l'aéroport de Munich (Photo: LC)

L’ACI Europe, l’association professionnelle des aéroports européens, a publié son rapport sur le trafic aérien pour le mois de juin et le premier semestre de l’année 2024. Il démontre que les aéroports du  continent ont enfin effacé le traumatisme du Covid.

Le trafic de passagers des aéroports européens a ainsi augmenté de +9% au 1er semestre par rapport à la même période de 2023 selon l’ACI Europe. Le trafic international en a été le principal moteur avec une croissance de +10,3 %. Ce trafic progresse deux fois plus vite que sur les lignes domestiques à +4,2 %.

Des résultats enfin supérieurs à l’avant-Covid

Le nombre de passagers a finalement dépassé de 0,4 % les chiffres du premier semestre 2019. Ce qui confirme que l’industrie aéroportuaire s’est enfin totalement remise de la pandémie de Covid.

Olivier Jankovec, directeur général de l’ACI Europe, indique : « Le trafic passagers ayant finalement dépassé les niveaux de 2019 sur une période complète de six mois, notre industrie a désormais tourné la page de la pandémie. Mais au-delà de ces chiffres, le marché européen des aéroports est devenu extrêmement fragmenté en termes de performance du trafic – avec seulement 53% des aéroports ayant retrouvé leur volume de passagers d’avant la pandémie en juin. Cela reflète des changements structurels tant au niveau de la demande que de l’offre ». « Les passagers de loisirs et et les transporteurs à très bas prix, ainsi que Turkish Airlines, sont les principaux moteurs de la croissance« , précise-t-il encore.

Les aéroports de l’UE+ (Norvège, Royaume-Uni et Suisse) ont vu leur trafic passagers augmenter de +9,5 % au premier semestre par rapport à la même période de l’année précédente, revenant ainsi à leur niveau d’avant la pandémie (0 %).

Paris-CDG affiche la plus mauvaise performance du top 5 en Europe

Les 5 premiers aéroports européens ont accueilli un total de 174,6 millions de passagers au 1er semestre, en hausse de 8% par rapport à 2023 et de +2% par rapport à leurs niveaux pré-pandémiques.

Londres-Heathrow reste l’aéroport européen le plus fréquenté avec 39,8 millions de passagers au 1er semestre (+7,4% par rapport à 2023 et +2,8% par rapport à 2019). Il est suivi par Istanbul qui a accueilli 38,1 millions de passagers (+6,9% par rapport à 2023 et +18,1% par rapport à 2019).

Paris-CDG se classe en 3ème position avec 33,2 millions de passagers. Si le trafic de la plateforme parisienne marque une hausse de 4,4% entre les premiers semestres 2023 et 2024, le nombre de passagers à CDG reste encore inférieur de 8,7% par rapport à 2019. Amsterdam Schiphol avec 31,8 millions de passagers (+11% par rapport à 2023; -7,9% par rapport à 2019) et Madrid avec 31,7 millions de passagers (+11,3% par rapport à 2023; +8,3% par rapport à 2019) se talonnent.

Beauvais se distingue au palmarès des aéroports low-cost

Parmi les autres grands aéroports, les meilleures performances au premier semestre en Europe proviennent de Rome-Fiumicino qui a vu le nombre de passagers augmenter d’un impressionnant +26% par rapport à la même période de l’année dernière (+9. 8% vs S1 2019), ainsi qu’Athènes (+16,1% par rapport à 2023 et +24,5% par rapport à 2019).

L’ACI Europe indique que Beauvais se distingue parmi les aéroports low-cost réalisant des performances remarquables au 1er semestre. L’aéroport picard connaît une hausse de 18,8% de son trafic passagers entre 2023 et 2024. Et même de 62,4% par rapport au premier semestre 2019. Dans l’espace francophone, l’aéroport de Charleroi connaît aussi une hausse de près de 11% par rapport au 1er semestre 2023, et de 25,9% par rapport au 1er semestre 2019.

A l’inverse, le trafic des petits aéroports marque le pas, beaucoup de lignes ayant été supprimées ou transférées au rail. Ces aéroports accueillant jusqu’à un million de passagers ont vu leur fréquentation progresser de 5,7% d’un semestre à l’autre. Mais avec une performance qui reste encore inférieure de près de 36% à leur niveau pré-pandémie.

Bonnes perspectives pour le reste de l’année

En ce qui concerne le troisième trimestre et au-delà, Olivier Jankovec esquisse une perspective optimiste. « Nous nous apprêtons à vivre le meilleur été de notre histoire en termes de trafic passagers, malgré les pénuries récurrentes de capacité de gestion du trafic aérien et les retards de livraison d’avions, qui pèsent sur le trafic. La suite dépendra en grande partie de la capacité de la demande à se maintenir à l’automne ».

Le directeur général de l’ACI Europe met pourtant en garde. « Pour l’heure, ce qui nous empêche de dormir, c’est de savoir si les États Schengen seront effectivement prêts pour la mise en service du système d’entrée et de sortie de l’Union européenne, prévue pour novembre prochain. Si ce n’est pas le cas, nous risquons d’être confrontés à des perturbations majeures« , indique-t-il.