
Le transport aérien africain poursuit sa croissance selon la dernière étude de marché du consultant OAG. Une situation positive malgré les difficultés structurelles qui perdurent sur le continent tels que les conflits régionaux (Burkina Faso, Congo démocratique, Ethiopie ou Soudan entre autres) ou l’absence de compagnies nationales, à l’instar par exemple de l’Afrique du Sud.
La dynamique de l’Afrique du Nord
Selon IATA, l’association internationale des compagnies aériennes, trois des quatre grandes régions du continent affichent désormais des niveaux de capacité aérienne plus élevés qu’à l’été 2019.
En Afrique centrale et de l’ouest, les capacités sont en hausse de 11% entre 2019 et 2024 ; en Afrique Orientale de 8,9% et de plus de 24% en Afrique du Nord. Seule ombre au tableau: l’Afrique Australe. Cette partie du continent est toujours influencée négativement par l’évolution du transport aérien en Afrique du Sud. Les capacités en sièges cet été sont inférieures de 23% à l’été 2019.
Selon l’analyse du consultant OAG, le marché actuel présente une meilleure adéquation entre la capacité et la demande et ce, malgré l’absence de South African Airways et Madagascar Airlines sur des lignes supra-régionales et long-courrier.
La croissance de la capacité aérienne de plus de 24% en Afrique du Nord est l’une des plus fortes reprises d’une région IATA depuis l’été 2019. Cette croissance propulse la région au premier rang avec une part de marché de 40% de la capacité totale du continent. Sa proximité avec des marchés plus matures tels que l’Europe et le Moyen-Orient stimule de fait sa croissance.
78% de l’offre aérienne de l’Afrique du Nord est ainsi tournée vers le reste du monde et 19% concerne une offre intra-régionale. Le reste de l’Afrique représente 3% des capacités en sièges!
L’Afrique orientale est la région qui bénéficie de la plus forte capacité hors continent après l’Afrique du Nord à 29,1% suivie de l’Afrique centrale et occidentale à 19,7%. En revanche, plus de 77% des capacités de l’Afrique australe se concentre sur l’intra-régional.
Peu de compagnies africaines avec une assise mondiale
OAG constate que l’Afrique reste largement dominée par des compagnies aériennes locales. Un chiffre qui fluctue entre 45% en Afrique centrale et occidentale à 74% en Afrique australe. En Afrique du nord, la part de marché des compagnies locales se situe à 52,1% et à 67,7% en Afrique orientale.

Il existe cependant des fluctuations d’un marché l’autre. Ainsi OAG indique que l’Afrique de l’Est est sous influence d’Ethiopian Airlines. Cette dernière représente 38% de la capacité totale de la région. De même, en Afrique centrale et occidentale, un tiers de la capacité totale provient du Nigeria, répartie néanmoins entre une dizaine de compagnies…
L’absence de vols directs vers un certain nombre de villes africaines contraint cependant les passagers à transiter par des hubs hors d’Afrique. Paris, Bruxelles, Madrid et Lisbonne jouent un rôle évident, tout comme le Moyen-Orient avec Emirates et Qatar Airways. Les seules compagnies pouvant prétendre jouer un rôle similaire en Afrique sont Ethiopian Airlines, Kenya Airways et Royal Air Maroc.
Le low-cost prend ses quartiers en Afrique
OAG identifie néanmoins une nouvelle concurrence sur le continent. Celle que constitue le transport aérien low-cost. Certes, elle émerge mais elle progresse rapidement. Pour cet été 2024, les transporteurs à bas coûts représentent 15% de l’offre en sièges en Afrique. Un chiffre loin de l’Europe occidentale (45%) ou même de l’offre low-cost dans le monde (34%). Selon OAG, 90% des sièges de compagnies low-cost se concentrent cependant en Afrique du Nord. Elle reste anémique sur le reste du continent: 0,7% en Afrique centrale et occidentale, 1,5% en Afrique australe et 6,6% en Afrique orientale.
De très fortes hausses de capacités sont cependant observées pour les transporteurs Ryanair et Wizzair ainsi que pour le saoudien Flynas.

















