
Sous les ailes de l’avion : que du vert. Des chapelets de couleurs sombres bien alignés ; des touffes épousant les courbes du terrain et qui sont en fait des palmiers à huile ; de ceux qui, depuis les années 70, enrichissent la Malaisie, grand producteur de cette matière grasse indispensable à la cuisinière asiatique ou africaine. Ils sont partout et vont même jusqu’à border l’autoroute qui mène aux faubourgs de la capitale Kuala Lumpur, rebaptisée KL par son million et demi d’habitants. Sous ces latitudes tropicales, l’air est saturé d’humidité, voilant de brumes les buildings, se déchirant par endroits, laissant entrevoir la crête des gratte-ciel. Au loin, s’esquisse l’ombre d’une Sagrada Familia new look, dressée sous des nuages chargés de gris et de noir. En s’approchant, se révèlent alors les grandes flèches des tours Petronas, le géant pétrolier malais. Ces soeurs jumelles, avec leurs 452 mètres et leurs 88 étages, ont été les plus hauts immeubles d’Asie jusqu’en 2004 et continuent aujourd’hui de symboliser la capitale malaise. Les Petronas, c’est la tour Eiffel de Kuala Lumpur, une ville-jardin où se multiplient les autoroutes, les avenues et les bretelles, souvent saturées. Pour pallier les interminables bouchons, la foule emprunte le monorail aérien qui la dépose au plus près des shopping malls. Car l’un des sports favoris des citadins malais, c’est incontestablement le lèche-vitrine.
Shopping malls et années 30
Les centres commerciaux sont légion et alignent tous des marques internationales dont les plus prestigieuses ont investi leurs rez-de-chaussée. Phang Wei Yin, directrice des relations publiques du Malaysia Convention & Exhibition Bureau, explique : “Les shopping malls sont une balade incontournable pour un groupe qui visite Kuala Lumpur. Les participants font leurs emplettes, puis vont se régaler, en sous-sol, dans les immenses cantines de spécialités chinoises, thaïlandaises, indiennes et évidemment malaises. Bien sûr, ils visitent Chinatown, le vieux quartier chinois, avec ses échoppes typiques, ses temples et son Old China Café, resté dans son jus années 30, où l’on peut assister à une vraie cérémonie du thé. À la Royal Selangor Pewter Factory, fabrique d’étain fondée en 1885, ils découvrent le travail minutieux des artisans d’art et en repartent avec une coupelle gravée à leur nom. Evidemment, nous proposons toujours un tour de ville, ce qui leur permet de découvrir la place de l’Indépendance, la vieille gare de style néo-mauresque ou le musée d’art islamique…”. Cindy Toong, directrice de la communication du Sheraton Imperial, poursuit : “Il y a pas mal d’endroits dans KL où nous préparons des réceptions. Ainsi, certains groupes se retrouvent au National Museum pour un buffet exotique ; d’autres pour un cocktail au jardin botanique tropical et d’autres encore pour une collation au temple chinois Tien Hou.”
Le Convention Center, l’un des plus impressionnants d’Asie, propose, juste devant les Petronas – point de vue bien connu à KL, c’est de là qu’il faut les photographier – , un auditorium, des salles de réunions, des salles d’expositions et même un hôtel. Angeline Lue, directrice des ventes et du marketing du Convention Center, ajoute : “La Malaisie a beaucoup d’atouts pour tout ce qui concerne les groupes incentives. A KL, s’ils viennent au Centre pour des réunions ou des congrès, ils peuvent ensuite facilement visiter des musées et faire du shopping. Côté balnéaire, il leur suffit d’une heure d’avion pour se rendre sur l’archipel de Langkawi, dans la mer d’Andaman. Par ailleurs, pour une expérience inoubliable de la forêt tropicale, le Sarawak, sur l’île de Bornéo, n’est qu’à une heure et quarante minutes. En trois étapes, ils ont un bel aperçu du pays…”.
L’archipel de Langkawi, forêt et farniente
Il est vrai que, tout proche de la frontière de la Thaïlande, l’archipel de Langkawi assure un vrai dépaysement.Aux abords des rizières, où s’échinent sans relâche de robustes buffles, subsistent des maisons en bois sur pilotis. Le long des côtes, les pêcheurs travaillent par escadrons de barcasses colorées, surmontées de lampes puissantes qui, la nuit, leur permettent de piéger l’anchois. Au Nord-Est, la forêt tropicale a été préservée et, en lisière, se sont implantés l’Andaman et le Datai, deux resorts posés sur une plage de sable blanc. Installé au bar de l’Andaman, on goûte à l’air du temps en plein air, le grand air, sous les pales des ventilateurs. Cet air est moite et les stridences ininterrompues des cigales locales empêchent presque de somnoler. Soudain, des cris rauques et des branches froissées signalent des visiteurs. Ce sont des langurs, de ravissants petits singes noirs aux yeux cerclés de blanc qui, grands amateurs de feuilles, sautent de cime en cime à la recherche des meilleures pousses, royalement indifférents aux allées et venues des humains. En revanche, leurs lointains cousins, les macaques, opèrent en bande et chapardent fruits ou gâteaux sous les yeux ébahis des vacanciers. La forêt a ses droits et recèle bien d’autres mystères.
En compagnie d’un botaniste
Iskandar Zulkarnain, directeur de la restauration et des conventions de l’Andaman, raconte : “C’est une zone protégée, et un groupe incentive a de multiples occasions d’observer la nature. Cela peut se faire de jour, entre les rochers dégagés par la marée basse, ou à la tombée de la nuit, avec un botaniste qui explique les vertus des plantes et signale les bêtes nocturnes comme les écureuils volants. La région abrite toute une faune bondissante à laquelle s’est intéressé le National Geographic. L’équipe a réussi à fixer une caméra sur la tête d’un serpent et a ainsi pu filmer ses envols surprenants. Mais pour les voir, tous ces animaux volants, il faut savoir être patient ! ”. Côté hédonisme, les participants peuvent abandonner leurs corps à un massage balinais dans un pavillon du spa dominant la baie… Le soir, ils sont conviés à un dîner de gala à la Gulai House, le restaurant gastronomique du Datai installé dans une vieille maison en bois plantée au bord de l’eau. Là, les attend le raffinement d’un intérieur typiquement malais où, à la douce lueur des chandelles, ils goûtent à la subtilité des mélanges d’épices relevant une kyrielle de currys.
À Langkawi, la mangrove est une curiosité protégeant une faune très locale. Par groupes de dix, répartis sur des petits bateaux, les équipes voguent sur cet immense territoire à l’embouchure de trois rivières. On visite d’abord des grottes abritant des colonies de chauve-souris, puis on aborde un grand chenal qui s’achève sur la mer turquoise. Au retour, le bateau emprunte des canaux plus étroits où les macaques croquent des petits crabes.Au final, un repas traditionnel est servi – assiettes de crabes et de crevettes – sur le ponton d’une ferme piscicole. Pour amuser les convives, les gamins lancent des morceaux de poissons dans les bassins, aussitôt dévorés par un impressionnant mérou, d’énormes thons et aussi par de bruyantes raies qui viennent réclamer leurs parts de gâteau – si l’on peut dire.
Le Sarawak, terre des coupeurs de têtes
À Bornéo, le fleuve Sarawak écoule à rythme lent ses eaux boueuses dans une mer de Chine dont les vagues peuvent être redoutables. Tout autour, la nature mérite bien son adjectif d’exubérante, tant elle semble pousser à vue d’oeil grâce à la fréquence des pluies tropicales. L’air est plus lourd, la chaleur plus intense… Kuching, la capitale du Sarawak et sans aucun doute l’une des cités les plus agréables de l’Asie du Sud-Est, réunit en son coeur les descendants des ethnies de la forêt qui, pour s’être adaptés à la vie moderne, n’en renient pas pour autant leurs traditions séculaires. Enfants des Ibans, célèbres coupeurs de têtes, ou des Bidayuhs, plus pacifistes, ou des Penans, chasseurs-cueilleurs passés maîtres dans l’art de la sarbacane, ou bien encore des Orang Ulus qui tatouaient leurs femmes… ils vivent tous en parfaite harmonie avec les communautés malaise et chinoise.
Au Sarawak Cultural Village, idéal pour passer une matinée avant d’y déjeuner, les groupes peuvent se familiariser avec la culture de chacune de ces tribus qui, pour certaines, vivent dans des longhouses, des “maisons longues”, sortes de bâtisses-villages tout en longueur et perchées sur pilotis. Muni d’un passeport explicatif, le visiteur passe de maison en maison découvrant leur artisanat ou leurs rituels, avec, en final, un grand spectacle de danses. Autre curiosité, la réserve de Semmenggoh, où l’on rend peu à peu les orangs-outans à la vie sauvage. Cette année, la forêt n’ayant pas donné grande quantité de fruits, les hommes les nourrissent deux fois par jour. Il est étonnant de voir ces grands singes roux descendre jusqu’à une plate-forme et engloutir banane sur banane. C’est aussi l’occasion de les photographier, mais attention, sans flash, car un éblouissement peut déclencher une grosse colère et de terribles morsures ! Et quand on sait qu’une femelle casse en seulement quatre ou cinq coups la coque d’une noix de coco sur un tronc, on se sent bien fragile…

5 ) Caramboles, ramboutans et autres durians : une riche corbeille de fruits qui vient ponctuer une cuisine haute en couleur.
6 ) Tout en donnant accès à une plage privée, le luxueux Datai s’avance au coeur de la forêt tropicale. Son architecture s’inspire de celles des maisons traditionnelles ; à l’image de son bar perché sur pilotis.
Faune sauvage et singulière
Belle balade non loin de Kuching, le parc national de Bako est l’un des rares endroits où l’on peut observer dans la mangrove les nasiques, friands de feuilles de palétuviers. On ne peut pas dire qu’ils soient très beaux, ces singes endémiques au pelage gris et orange et à l’appendice nasal disproportionné ; mais il s’agit là d’une vraie singularité… A proximité, on peut croiser des sangliers sauvages, des singes argentés, des macaques, de grands varans et des vipères de Wagler qui enroulent sur les branches leurs anneaux vert émeraude. Vincent Lepoureau, consultant de Borneo Adventure, explique : “On organise dans ce parc des pique-niques sur la plage où sont servies des spécialités locales avec interdiction de se baigner, car l’embouchure du fleuve Bako, et ses crocodiles, n’est pas loin… On y accède par un petit sentier glissant, bardé de racines. Le chemin, finalement assez court, paraît d’une longueur interminable, car dans la forêt pluviale, sans le moindre souffle d’air, l’atmosphère est véritablement étouffante. Il s’agit tout de même d’une petite expérience avant de se rendre, le lendemain, à une soirée sur le thème des chasseurs de têtes dans d’authentiques maisons longues”.
Pour le shopping, les groupes s’en vont fouiner dans les nombreuses boutiques du Main Bazaar de Kuching : profusion de sarongs en batik, petites statuettes ou masques inspirés de ceux fabriqués par les différentes tribus, nattes en bambou, sans oublier le poivre réputé, blanc ou noir… Une étape colorée avant d’embarquer sur l’Equatorial, un bateau qui glisse sur le Sarawak, pour apercevoir les monuments de la ville comme la Square Tower – une ancienne prison –, la vieille mosquée et ses dômes cuivrés, l’Astana – l’ancien palais des Rajahs blancs –, le fort Margherita et, plus en aval, des villages de pêcheurs. Une croisière sereine où Rowena Ngumbang, directrice du développement commercial du Sarawak Convention Bureau, elle-même descendante Iban, conclut : “Ce fleuve est fantastique. Il arrose une terre de mythes et de légendes, une terre de forêts brumeuses à demisauvage et qui est un rare paradis au monde pour tout ce qui concerne les aventures grande nature”.

























