Javier Alija, VP Global Sales & Distribution Etihad Airways: « nous lançons la plus grande expansion dans l’histoire d’Etihad »

Etihad Airways va connaître une année 2025 exceptionnelle avec plus d'une douzaine de nouvelles lignes, un record depuis les années Covid. Une dynamique qui reflète la confiance d'Etihad dans une demande mondiale qui ne faiblit pas selon Javier Alija, VP Global Sales & Distribution.
interview Javier Alija; Etihad Airways
Javier Alija VP Etihad Airways sur le salon ITB Berlin 2025

Au salon du tourisme ITB à Berlin, Etihad présentait à la fois sa nouvelle offre réseau, son siège affaires ainsi que le nouveau pass Abu Dhabi offrant de nombreux avantages aux voyageurs dans la capitale emirati. L’occasion de discuter avec Javier Alija, Vice Président Global Sales & Distribution.

Quelle est la croissance de l’offre d’Etihad ?

Javier Alija- Notre capacité en sièges/km disponibles [ASK] ne cesse d’augmenter. En 2023 et 2024, cette capacité s’est accrue de 20% par rapport à la période précédente. C’est la même chose cette année avec une croissance de plus de 20%. Mais avec une différence de taille : nous nous lançons sur de nombreux nouveaux marchés alors que dans les années précédentes, nous avons plutôt favorisé une croissance de l’offre sur nos marchés existants.

Pouvez-vous être plus spécifique sur cette expansion en 2025 ?

Javier Alija – L’an passé, on s’est, d’une part, renforcé là où nous atterrissions déjà. D’autre part, nous avons lancé de nouvelles destinations dans des pays où nous étions déjà présents. 2025 sera l’année la plus importante en ouvertures de lignes. On n’a jamais été aussi prolifique sur une seule année. Ce sont en effet 14 destinations qui sont inaugurées en 2025. La plupart seront en Asie. Ce qui constituera une excellente opportunité pour le marché français. Notamment avec Chiang Mai et Krabi en Thaïlande, Hanoi au Vietnam, Medan en Indonésie, Phnom Penh au Cambodge ainsi que Hong Kong et Taipei.

De nouvelles destinations en Europe ?

Javier Alija – Nous lancerons le 2 juin prochain des vols vers Prague suivis le lendemain de vols sur Varsovie. Nous reprenons aussi avec la nouvelle saison IATA à la fin mars nos vols d’été. Par exemple, nous reprenons nos liaisons sur Malaga, les îles grecques ainsi que vers Nice.

L’augmentation des taxes est-elle un facteur dissuasif à votre expansion dans un pays?

Javier Alija – Au final, nous devons cohabiter avec ces taxes, qui sont en général imposées par les gouvernements. Elles sont ce qu’elles sont et nous devons les intégrer dans notre évaluation des marchés. A titre d’exemple, nous continuons de croître en Allemagne malgré les très fortes hausses de taxes dans ce pays. On passe à deux vols quotidiens sur Francfort alors que l’an passé, nous n’avions que 10 vols par semaine. Même chose à Düsseldorf où nous allons passé à un vol quotidien sur toute l’année. Les taxes n’influencent donc pas nos choix de destinations, s’il existe une forte demande dans ces marchés…

Comment vous positionnez-vous par rapport à la concurrence du Golfe ?

Javier Alija – Il y a deux facteurs qui stimulent notre expansion. Il y a d’abord le fait que nous sommes des ambassadeurs de la capitale des E.A.U, Abu Dhabi. Quand Abu Dhabi croît, nous nous développons avec. C’est de fait une destination qui devient de plus en plus en populaire [voir encadré] aussi bien pour les affaires que pour les loisirs. C’est un avantage pour nous car nous avons bien sûr une position forte sur ce marché et la demande est bien là.

La nouvelle aérogare a changé aussi la donne en notre faveur, notamment pour les passagers en transfert. Avant, l’ancienne aérogare n’était pas la plus agréable pour une correspondance. Aujourd’hui, on offre un très beau produit au sol. Mais, paradoxalement, comme nous avons optimisé nos vagues de correspondance, les transits sont devenus bien plus rapides. On aimerait que les passagers passent plus de temps, mais pour des raisons de compétitivité, la durée d’un voyage est la plus courte possible !

Combien de vagues de correspondances proposez-vous à vos passagers en provenance d’Europe ?

Javier Alija – Nous en proposons deux, mais nous travaillons à une troisième vague de correspondances. Ce sera une réalité pour tous nos marchés, sauf au départ de Londres où nous assurons quatre vols par jour. Par exemple sur Paris, nous volons deux fois par jour, dont un vol en Airbus A380. Mais nous considérons l’ajout d’un troisième vol quotidien. Milan sera la première destination à bénéficier de ce troisième vol. Nous espérons offrir aussi ce troisième vol quotidien sur Paris, Francfort ou Munich. Mais on parle néanmoins d’un tel développement sur un an à un an et demi.

Quelle est la place de l’Afrique ?

Javier Alija – C’est un marché important pour nous car le Golfe investit beaucoup sur ce continent, en particulier en Afrique orientale. Nous avons par exemple lancé une liaison sur Nairobi en décembre dernier. Mais néanmoins, dans la perspective du voyageur européen, Etihad ne propose pas les liaisons les plus commodes.

Etihad réfléchit-elle à introduire une classe Premium Economy ?

Javier Alija – Nous n’avons effectivement pas de Premium Economy avec une cabine dédiée. Mais nous proposons en revanche l’ « Economy Space » à l’avant de la cabine de classe économique. On étudie maintenant la possibilité d’ajouter quelques services pour une meilleure expérience passagers dans cette section. Je pense que la Premium Economy telle qu’elle existe est un bon produit mais cela ne vaut pas pour le moment ce nouvel investissement.

Travaillez-vous également à l’amélioration du produit de classe affaires ?

Le nouveau siège de classe affaires d’Etihad (Photo: LC)

Javier Alija – Avec les nouveaux appareils que nous recevrons dans les prochains mois figurera une nouvelle classe affaires. On a actuellement une flotte avec des modèles d’avion d’âges différents. Mais sur les deux prochaines années, nous investirons autour d’un milliard de dollars dans le réaménagement de la cabine sur toute la flotte.

Cela concernera aussi la Première classe. Nous souhaitons d’ailleurs offrir une First sur toutes nos destinations long-courriers et non plus uniquement sur les marchés les plus importants. On veut être sûr qu’après deux ans, la plus grande partie de notre réseau sera dotée d’un produit première ou son équivalent. Ce ne sera pas forcément une cabine dédiée mais une segmentation de la classe affaires avec plusieurs options de sièges.