Strasbourg Events fête en grand les 50 ans de son palais des congrès

La Sem associant le groupe GL Events, la ville et l’Eurométropole, a vu son activité fortement progresser depuis 2022 grâce à une stratégie commerciale offensive et une complémentarité avec le nouveau parc des expositions. Une réussite qui profite au territoire alsacien.
Palais des congrès de Strasbourg
Palais des congrès de Strasbourg

C’est par une série de conférences dédiées au MICE, un grand concert de la 1ère symphonie de Mahler et une ouverture le samedi au public, que le Palais de la Musique et des Congrès (PMC) de Strasbourg a fêté ses 50 ans ce week-end. Inauguré en 1975 pour abriter l’orchestre philarmonique de Strasbourg et accueillir des congrès, l’édifice a été rénové et agrandi à deux reprises, en 1989 et surtout en 2013-2016 afin de retrouver une modernité tant extérieure qu’intérieure mais aussi de gagner en polyvalence et en adaptabilité. Devenu incontournable dans le paysage économique de la capitale alsacienne, l’équipement est géré depuis 2015 par Strasbourg Events, une société d’économie mixte (Sem) associant le groupe GL Events, l’Eurométropole et la ville de Strasbourg, qui assure la production d’évènements et l’accueil d’opérations MICE, de spectacles et de concerts.

Strasbourg 5ème ville de congrès en France

A l’exception des espaces dévolus à l’orchestre philarmonique, Strasbourg Events y loue ainsi les foyers, un hall d’exposition, dix salles de réunions et trois amphithéâtres baptisés Erasme (1860 places), Schweitzer (1248 sièges) et Cassin (530). Quelque 240 évènements s’y sont déroulés l’an dernier (pour 675 616 visiteurs accueillis) dont deux tiers concernaient le MICE avec notamment une cinquantaine de congrès. Entre 2019 et 2024, Strasbourg est ainsi remontée de la 9ème à la 5ème place des villes de congrès en France au classement ICCA. « Nous avons augmenté notre activité de 30% depuis 2022 sachant que Strasbourg Events est aussi producteur d’évènements, se félicite Christophe Caillaud-Joos, son directeur général. Le MICE en représente la moitié avec aussi bien de petits évènements d’entreprise que des congrès de 1000, 2000 ou 3000 participants. Surtout, 35% des congrès sont internationaux ce qui participe au rayonnement du territoire et génère d’importantes retombées économique, estimées à 192M€ en 2024 ». De fait, un congressiste étranger dépense autour de 1200€ pour la totalité de son séjour incluant l’hébergement contre 440€ pour un visiteur français. « Nous représentons plus de 122 000 nuitées à Strasbourg et le tourisme d’affaires pèse au global 60 voire 70 % de l’activité des hôtels de la ville », ajoute-t-il.

Une complémentarité avec le Parc Expo

Dans son offre, Strasbourg Events bénéficie de la complémentarité du PMC avec le nouveau Parc des Expositions inauguré en face à la rentrée 2022. L’édifice aux lignes épurées signé de l’architecte Kengo Kuma se déploie sur 24 000 m², fort de ses 4 halls dont trois sont interconnectés. « Cette réalisation a représenté un investissement de 120M€ qui vient s’ajouter aux 80M€ de la rénovation du PMC en 2013-2016. La gestion des deux équipements nous apporte une large palette de lieux et de possibilités comme pour la Foire européenne qui draine 135 000 visiteurs et s’étend sur 90 000 m2 en incluant le parvis du Parc Expo », précise Christophe Caillaud-Joos.

Des réservations de congrès jusqu’en 2028

Les congrès étant programmés avec beaucoup d’anticipation, Strasbourg Events échappe à la morosité actuelle. Plusieurs grands congrès figurent déjà à l’agenda 2026, voire au-delà tels les conférences sur les matériaux Polymer l’an prochain, les congrès des sages femmes, de l’ARS et des experts comptables avec 7000 participants en 2027. L’année suivante, Ramona Fischer, la directrice Stratégie marketing & développement commercial de Strasbourg Events, et le professeur de chirurgie orthopédique Philippe Liverneaux ont signé l’accueil du congrès de la FESSH, la Fédération des sociétés européennes de la chirurgie de la main qui réunira plus de 2000 professionnels. « C’est la 3ème fois qu’il se déroulera en France et la 1ère fois en province. C’est une belle réussite car ce congrès ne reviendra pas avant une quinzaine d’années en France », se félicite le professeur Philippe Liverneaux. Ce succès est le fruit de l’étroite collaboration mise en place entre Strasbourg Events et l’université locale pour attirer des conférences et congrès dans les 7 filières d’excellence définies par l’Eurométropole dont la santé, les technologies médicales, les mobilités, l’économie circulaire et solidaire…

La RSE comme ADN des opérations MICE

Pour faire la différence dans un marché des congrès internationaux ultra-concurrentiel, le PMC affiche d’abord la carte « Made in Alsace », gage de sérieux et d’excellence selon ses équipes. L’histoire, la beauté de la ville, sa culture européenne et sa place centrale au cœur du Vieux continent sont ensuite des atouts indéniables. Strasbourg joue ainsi sur son accessibilité, en train à 1h45 de la gare de Paris-Est. Et, pour les congressistes étrangers, en avion sur les aéroports de Paris-CDG, Francfort et Bâle-Mulhouse. « La ville dispose ensuite d’une capacité hôtelière de 11 000 chambres au bon rapport qualité/prix », souligne Ramona Fischer.

Le sujet de la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) n’est pas oublié. « La RSE est devenue depuis le Covid la colonne vertébrale de la création de tout projet. C’est un véritable ADN et pas une simple coloration verte. Strasbourg Events a réalisé son 3ème bilan carbone marqué par une nouvelle baisse de nos émissions de 11% entre 2002 et 2023 », précise-t-elle. La Sem s’est notamment engagée dans la réduction des consommations énergétiques, une conception plus écologique des stands, une moindre utilisation et le recyclage des moquettes, la gestion des déchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire. « Grâce à ces atouts, à notre stratégie de jouer le collectif et notre dynamisme, l’ambition est aujourd’hui d’attirer de plus gros congrès et des évènements à forte valeur ajoutée. Il faut que chaque congrès laisse une marque positive, un héritage pour le territoire », concluait vendredi Christophe Caillaud-Joos lors de notre rencontre.