New York lorgne sur des casinos inspirés du modèle singapourien

Une nouvelle ère s'ouvre pour le tourisme à New York avec l'attribution de trois licences pour l'exploitation de casinos. Il s'agira de casinos-resorts intégrés comme à Singapour ou Las Vegas. 
New York va inaugurer d'ici 2030 trois casinos (Photo: Photo by Pedro Lastra on Unsplash)

Ils seront au nombre de trois. La décision prise à la fin de l’année dernière par les autorités de l’Etat de New York concerne l’attribution de trois licences pour des casinos pour la plus internationale des métropoles américaines et la première destination du pays avec ses 9,8 millions de touristes.

New York s’apprête donc à franchir une nouvelle étape dans l’évolution de son offre de loisirs et de divertissement. Les casinos représenteront une énorme injection dans l’économie de la cité, représentant plus de 17 milliards de dollars d’investissements cumulés. Les développements concernés vont de plus favoriser des districts hors de Manhattan, permettant ainsi de décongestionner le cœur de l’activité touristique de la métropole. Et de donner une chance à d’autres quartiers de New York de s’affirmer – du moins touristiquement parlant.

Le Bally’s Bronx, Hard Rock at Metropolitan Park et l’extension majeure de Resorts World New York City -ces deux derniers se situant dans le Queens, vont se développer en misant sur une combinaison de jeux, d’hôtellerie, de restauration, de spectacles et d’espaces publics.

Le projet du Bally’s devrait représenter quelque 4 milliards de dollars d’investissements à proximité de Ferry Point Park, dans le Bronx, avec une salle de jeux de 50 000 m² carrés, un hôtel, des espaces de réunion, des restaurants, des lieux de spectacles et un accès au front de mer.

Dans le Queens, Hard Rock International, soutenu par le propriétaire des New York Mets Steve Cohen, porte un projet estimé à 8 milliards de dollars à côté de Citi Field et du Shea Stadium. Il réunira sous un même toit casino, hôtel, salle de concerts, commerces. Le tout entouré de vastes espaces verts et une excellente desserte par les transports en commun et la proximité de l’aéroport de LaGuardia.

Toujours dans le Queens, Resorts World New York City investira 5,5 milliards de dollars pour transformer son établissement. Actuellement limité aux machines à sous, le complexe, situé à l’hippodrome d’Aqueduct, deviendra lui aussi un casino resort complet proposant des centaines de tables de jeux, une offre hôtelière renforcée, des restaurants, des spectacles et des infrastructures de congrès.

Resorts World devrait être le premier à ouvrir, avec une première phase attendue dès mars 2026. Les projets de Bally’s dans le Bronx et de Hard Rock à Metropolitan Park devraient, eux, être finalisés autour de 2030, compte tenu de leur ampleur et de leur complexité.

Bally's
Impression du futur Bally’s (Image : Bally’s)

Pas de bouleversement pour l’image de New York chez les visiteurs internationaux

Cette offre permettra-t-elle d’imposer New York comme une nouvelle destination jeux à part entière ? Cela est peu probable. La situation des casinos, hors de Manhattan, permet certes de mettre en exergue de nouveaux quartiers à New York auprès des visiteurs internationaux. Mais en même temps, cela ne devrait pas révolutionner en profondeur le tourisme international à New York où les visiteurs viennent essentiellement chercher l’expérience urbaine d’une cité cosmopolite. Comme pour les voyageurs d’affaires essentiellement à Manhattan, cœur de la finance et qui concentre les grands sièges des entreprises américaines.

En revanche, les nouveaux casinos constitueront une plus-value pour l’activité MICE.

Les autorités et les analystes du secteur estiment surtout que la fréquentation sera majoritairement portée par une clientèle locale et régionale, venant dans un rayon de deux à trois heures de trajet. Il faut dire qu’avec plus de 60 millions de visiteurs par an (incluant les touristes), attirés par sa culture, sa gastronomie, ses spectacles, son shopping et ses sites emblématiques, la ville n’a guère à offrir de raisons supplémentaires.