L’administration Trump en sauveur de la Penn Station de New York ?

Sous l'impulsion de l'administration Trump, la transformation attendue de la Penn Station à New York est sur de bons rails. A l'inverse de celle de la gare de Washington, pour des raisons économiques comme politiques.
Nouvelle entrée sur la 32e rue et la 7e avenue de la Penn Station à New York, dont la transformation est soutenue par l'administration Trump. (c) Amtrak
Nouvelle entrée sur la 32e rue et la 7e avenue de la Penn Station à New York, dont la transformation est soutenue par l'administration Trump. (c) Amtrak

Régler d’un coup de baguette magique des cas insolubles : depuis le début de son mandat, Donald Trump s’est targué de pouvoir mettre fin en quelques jours à la guerre en Ukraine, au conflit israélo-irano-palestinien ou, avec plus de succès, aux dissensions entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo ou entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Mais, si le prix Nobel de la Paix ne vient pas un jour récompenser ses efforts, le président américain pourrait toujours viser pour se consoler le titre de « grand chef de gare ». Avec, comme cheval de bataille, la Pennsylvania Station de New York, la plus fréquentée des États-Unis avec ses 650 000 passagers quotidiens. « Penn Station » ou qui sait un jour la « Trump Station », le secrétaire d’État aux transports Sean Duffy ayant déclaré devant les journalistes américains que « ça sonnait bien » ? Tout dépendra quoiqu’il arrive de l’aboutissement de sa réinvention, en latence depuis plusieurs décennies après de nombreuses tentatives avortées.

« L’état actuel de Penn Station est inacceptable : infrastructures en ruine, architecture sombre et sale, couloirs impraticables et absence d’espaces accueillants pour les familles avec enfants, a déclaré le secrétaire d’État aux transports des États-Unis. Sous la direction du président Trump, nous transformerons Penn Station en un centre de transit de classe mondiale, beau, sûr et propre. »

Pour que tout aille pour le mieux dans ce meilleur des mondes, l’administration Trump a pris le contrôle d’un projet jusque-là piloté par la Metropolitan Transportation Authority of New York (MTA), l’exploitant des métros de la ville et de deux trains de banlieue. Depuis quelques années, la MTA ne chômait d’ailleurs pas dans la refonte progressive de la gare, dont le coût estimé s’élève à 7 milliards de dollars.

Rénovation du hall inférieur, nouvelles entrées, meilleure accessibilité : située à l’Ouest de Manhattan, près du nouveau quartier d’affaires d’Hudson Yards, la gare qui vit sur les acquis de sa construction dans les années 60 a déjà connu des améliorations récentes. Par ailleurs, alors que son trafic sature, la construction de deux nouveaux tunnels ferroviaires sous l’Hudson a déjà débuté.

Mais le rythme n’était sans doute pas assez rapide pour faire avancer ce projet « à la vitesse de Trump », selon l’expression du secrétaire d’Etat aux transports Sean Duffy, cité par le New York Times. Pourtant peu amène avec les grands projets ferroviaires, à voir le gel des crédits aux lignes à grande vitesse au Texas en avril dernier et maintenant en Californie, Donald Trump et son administration entendent mener à bien la mise à niveau attendue par tous de la gare.

La Penn Station avait déjà connu des améliorations récentes.

Pour ce faire, le Département d’Etat aux transports a arraché le bébé des mains de la MTA au printemps dernier pour le mettre dans celles de la compagnie ferroviaire publique Amtrak, une des grandes utilisatrices du lieu avec les trains de NJ Transit et les métros de la MTA. Ce qui, au final, n’avait pas eu l’air de déplaire à la gouverneure démocrate de New York, Kathy Hochul, son Etat se soustrayant ainsi à un investissement de 1,3 milliard de dollars, le gouvernement fédéral et Amtrak reprenant de leur côté la facture.

Pour se donner les moyens d’aboutir, Amtrak a engagé un « monsieur Penn Station », Andrew Byford, ancien président de New York City Transit et grand connaisseur du secteur, ayant dirigé les systèmes de transports de Toronto et, récemment, de Londres. La mayonnaise semble prendre puisque le secrétaire d’État aux transports a annoncé le 27 août le grand début des travaux avant fin 2027. Avec un calendrier à marche forcée qui verra le dévoilement des développeurs potentiels en octobre, avant un concours dont les résultats seront annoncés en mai 2026.

Empreinte agrandie pour la gare, déménagement de la mythique salle Madison Square Garden sous laquelle passe les voies : les hypothèses au fil des années se sont multipliées sans que rien ne soit tranché, sauf le refus de raser un bloc entier au sud de la gare. Autre évolution possible : faire de Penn Station une gare de passage vers Manhattan et non plus un terminus. Selon le New York Times, les compagnies utilisatrices s’y étaient longtemps opposées, mais Andrew Byford semble promouvoir l’idée et avoir convaincu les autorités fédérales.

« Avec le secrétaire Duffy qui fait avancer ce projet et demande des propositions de conception, les New-Yorkais se rapprochent un peu plus d’une gare digne de cette grande ville », a salué la gouverneure de l’Etat de New York. Quant à savoir quel sera son nom au final ? Suspense…