
A quel niveau peut-on considérer qu’une hausse de prix reste modérée? Pour la compagnie aérienne low-cost AirAsia, la réponse est simple: au-delà de 40%. Il y a presque deux semaines, Tony Fernandes, le patron de Capital A, la compagnie holding d’AirAsia, indiquait que le crise dans le Golfe et son corollaire -la flambée des cours du pétrole- se traduirait pas une hausse modérée.
Cité par l’agence de presse malaisienne Bernama lors d’une conférence de presse le 30 mars dernier, le Président de Capital A, déclarait : « Nous ne supprimerons pas de vols car la demande est bonne et nous faisons de notre mieux pour maintenir les tarifs aussi bas que possible […] Nos tarifs devront augmenter, il n’y a pas de doute là-dessus, mais ils augmenteront beaucoup moins que ceux des autres ».
Deux faits démentis à peine une semaine plus tard. Le groupe a annoncé qu’il augmentait immédiatement ses tarifs entre 30% et 40% selon les secteurs. Quant à la surcharge kérosène, elle augmente également de 20%.
Réductions en cascade sur les fréquences aériennes
Quant à ses liaisons, le transporteur a taillé dans les lignes domestiques et régionales depuis pratiquement chacun de ses marchés. En Malaisie, la compagnie a réduit ses fréquences domestiques sur 20 lignes, en Indonésie sur 12 routes aériennes, aux Philippines sur 9 lignes et en Thaïlande sur 27 routes. Ce qui correspond à des baisses de capacité comprises entre 7% et 17% selon les pays. La compagnie a également réduit ou annulé des lignes depuis la Thaïlande vers la Chine, l’Inde et le Népal; depuis la Malaisie vers la Chine, l’Inde et l’Indonésie; et depuis les Philippines vers Hong-Kong et Tokyo-Narita tandis que Manille-Séoul est annulé.
Autre décision en suspens: celle d’établir un hub à Bahreïn qui connecterait l’Europe et l’Afrique à l’Asie. Si la direction de la compagnie maintient pour le moment le lancement d’un vol quotidien entre Londres et Kuala Lumpur via Bahreïn, l’établissement d’une base pourrait être retardée, voir annulée en raison d’une situation qui reste instable.
Le « Plan B » serait une base en Turquie, sur l’aéroport d’Istanbul Sabiha Gökcen, dans la partie asiatique de la ville. La plateforme est la base principale de Pegasus Airlines, est déjà reliée depuis l’an dernier à Kuala Lumpur par AirAsia. La direction du groupe indiquait récemment que des négociations pour un partenariat se tenait avec « un grand acteur turc du transport aérien ».
AirAsia reste néanmoins le plus grand pourvoyeur de vols en Asie. La compagnie dessert plus de 160 destinations dans le monde dont 150 uniquement en Asie.



















