Dubaï : le Burj Al Arab et d’autres hôtels de luxe en rénovation

Le Burj Al Arab va fermer ses portes pendant 18 mois pour une rénovation complète, prévue mais accélérée par la situation actuelle. Armani, JW Marriott, Park Hyatt : d'autres hôtels de luxe suivent le mouvement.
Le légendaire Burj Al Arab a entamé une phase de rénovation de 18 mois, sous la conduite de Tristan Auer.
Le légendaire Burj Al Arab a entamé une phase de rénovation de 18 mois, sous la conduite de Tristan Auer.

L’image a marqué les esprits, celle de la façade du Burj Al Arab endommagée par les débris d’un drone iranien intercepté. Comme un crime de lèse-majesté pour cette icône de Dubaï, victime collatérale du conflit ayant brusquement embrasé le Golfe. « L’emblème de la région », comme le décrit Julien Soyez, vice-président de la communication du groupe Jumeirah, propriétaire de cet hôtel qui symbolise autant l’émergence touristique que les ambitions économiques des Emirats.

Rapidement maîtrisé, l’incendie a accéléré le lancement d’un projet dans les cartons de longue date, celle de la rénovation de cet hôtel inauguré en 1999, et qui n’avait pas connu de travaux majeurs depuis. Le Burj Al Arab vient donc de fermer ses portes pour 18 mois, le temps d’une renaissance confiée à Tristan Auer. « Être chargé de la toute première restauration d’un établissement de cette envergure à Dubaï est un privilège immense », a déclaré l’architecte d’intérieur, reconnu pour la métamorphose du Crillon à Paris ou, plus récemment, pour la transformation de la Villa Pétrusse en boutique hôtel de luxe à Luxembourg.

« Il ne s’agit ni de tout refaire, mais de moderniser sans trahir, en préservant le Burj dans tout ce qu’il a d’iconique », précise Julien Soyez. Le luxe de ses 198 suites, l’exubérance de ses intérieurs ornés de cristaux Swarovski, de marbre et de feuilles d’or : rien de ce qui a fait la célébrité du lieu ne sera touché, mais embelli, repensé de façon contemporaine.

L'architecte d'intérieur Tristan Auer, en charge de la rénovation du Burj Al Arab.
L’architecte d’intérieur Tristan Auer, en charge de la rénovation du Burj Al Arab.

Alors que la saison chaude, traditionnellement de moindre affluence, se profile, l’heure était propice pour mener à bien des évolutions rarement permises par une activité constamment au sommet. Après décembre, où Dubaï a accueilli le nombre record de 2 millions de visiteurs, les hôtels affichaient une fréquentation proche de 85 % pour les deux premiers mois de 2026, augurant d’une nouvelle année exceptionnelle, la chute a été brutale.

Selon STR, après un pic de la demande généré par les voyageurs bloqués par la fermeture de l’espace aérien, le taux d’occupation est tombé à 22,8 % pour la semaine achevée le 14 mars. Soit son niveau le plus bas depuis avril 2020, en pleine pandémie. Après un léger mieux sous l’effet de la fête de l’Aïd el-Fitr, la fréquentation est depuis remontée au-dessus des 40 % en moyenne.

Annulation de grands événements, clientèle loisirs internationale en berne : la période de tensions actuelle, si elle a contraint le groupe Jumeirah à ajuster ses projections pour 2026, est aussi vue en interne par sa maison mère, Dubai Holding, comme une opportunité. « Le top management s’est dit : utilisons les CapEx, faisons maintenant ces rénovations », relate Julien Soyez.

Le Burj Al Arab n’est d’ailleurs pas le seul établissement à être entré en travaux, sans doute plus rapidement que prévu. Le 1er avril, l’hôtel Armani Dubai a fermé ses portes jusqu’à la fin de l’année « pour procéder à une rénovation complète », a annoncé l’établissement de luxe intégré au plus haut gratte-ciel du monde, la tour Burj Khalifa. Mi avril, le St. Regis The Palm a commencé à revoir certaines parties de l’hôtel, ses restaurants cependant ouverts. A l’inverse, le complexe Atlantis Dubai a mis en pause plusieurs de ses espaces de restauration – Dinner by Heston Blumenthal, Hakkasan et Ossiano entre autres -, le temps de revoir les concepts, alors que ses hôtels Atlantis The Palm et Atlantis The Royal restent opérationnels.

De son côté, le Park Hyatt Dubai va fermer ses portes le 1er mai pour six mois, sa réouverture étant prévue en novembre prochain. Un arrêt complet qui va permettre à l’hôtel d’achever la phase finale d’un programme de rénovation déjà entamé. Et c’est maintenant au tour du JW Marriott Marquis Dubai de se lancer dans le redesign de ses 1600 chambres, de ses deux salons VIP comme de ses restaurants. Et cela sans fermeture, une tour après l’autre, son spa comme ses espaces de réunions restant accessibles. « C’est un moment important pour l’hôtel, déclare Gerrit Graef, directeur général. Nous ne nous contentons pas de repenser des espaces : nous reconsidérons ce que l’hôtel inspire, la façon dont il fonctionne et la manière dont il servira nos clients à l’avenir. »

La période actuelle a-t-elle accéléré certaines décisions ? L’Anantara World Islands Dubai Resort a en tout cas cessé ses activités le10 avril à la suite d’une décision prise conjointement par Minor Hotels et son propriétaire, Seven Tides. « Cette fermeture résulte d’une combinaison de facteurs externes et ne saurait être attribuée à une cause unique », a expliqué Minor Hotels au media émirati The National. Quant au Radisson Blu Dubai Media City, cet hôtel d’affaires fermera à la fin du mois pour rénovation, mais devrait rouvrir l’an prochain sous une autre enseigne, selon les quotidiens locaux.