
Le secteur aérien indien traverse une période de forte tension en raison de la guerre du Golfe, qui déséquilibre encore plus la santé financière – et déjà précaire – des transporteurs locaux. La Fédération des compagnies aériennes indiennes (FIA) a ainsi alerté lundi dernier le ministère de l’Aviation civile sur un risque réel d’arrêt de l’activité de plusieurs compagnies en raison de la flambée du prix du carburant aviation (ATF).
Dans une lettre adressée au gouvernement, la FIA indique que le secteur est soumis à une “pression extrême” et que la situation est devenue critique, certaines compagnies se retrouvant à deux doigts d’un arrêt de leur activité. « La situation critique du secteur a été aggravée par la guerre au Moyen-Orient et l’augmentation exorbitante du prix du carburant aviation », précise la lettre.
De fait, le prix du carburant aviation représente désormais près de 40 % des coûts d’exploitation des compagnies. De plus, les transporteurs doivent faire face à des restrictions de survol de territoire, les obligeant à utiliser des corridors aériens plus longs. Sans oublier les restrictions posées par les E.A.U sur le nombre de vols quotidiens vers Dubaï ou Abu Dhabi. Limitée à une rotation quotidienne, cette limite impacte avant tout les compagnies aériennes indiennes, qui ont un fort trafic sur l’axe Emirats/Inde.
S’ajoutent encore l’immobilisation d’appareils liée à des problèmes de moteurs et de chaîne d’approvisionnement, une pénurie de pilotes, et la dépréciation de la roupie, qui renchérit les coûts de leasing et de maintenance.
Réaction rapide du gouvernement mais est-ce suffisant?
Face à cette situation, la FIA, qui regroupe notamment Air India, IndiGo et SpiceJet, appelle donc le gouvernement à réviser le mécanisme de fixation des prix du kérosène. Et également à suspendre temporairement certaines taxes sur le carburant et à mettre en place un soutien financier d’urgence afin d’éviter des réductions de réseau et des annulations de vols. Sans intervention rapide, les compagnies estiment que les opérations domestiques comme internationales deviennent “non viables et insoutenables”, en particulier sur les liaisons long-courriers.
Le gouvernement indien a de fait réagi, annonçant des premières mesures. Le ministre de l’Aviation civile, Ram Mohan Naidu, a ainsi dévoilé mercredi 29 avril une série d’allègements, incluant une réduction de 25 % des redevances d’atterrissage et de stationnement, ainsi qu’un plafonnement de la hausse du kérosène à 25 % de son prix moyen. D’autres mesures pourraient suivre si la situation reste tendue.

















