Aérien : la situation se dégrade de nouveau dans le Golfe

Si les aéroports et compagnies aériennes du Golfe continuent d'assurer leurs vols, les retards et les suspensions aléatoires sont possibles en raison de la reprise des attaques par les Etats-Unis et l'Iran.
L'aéroport d'Abu Dhabi fin mai 2026 (Photo: Luc Citrinot)

Avec la reprise des hostilités dans le Golfe persique dont de nouvelles attaques de l’Iran sur ses voisins arabes, plusieurs gouvernements occidentaux maintiennent des conseils de voyage très prudents – voire les renforcent – pour le Moyen-Orient. Les autorités australiennes, canadiennes, américaines, britanniques et allemandes estiment que la situation sécuritaire demeure extrêmement volatile, avec un risque élevé de nouvelles frappes, de tirs de missiles, d’attaques de drones et de perturbations des transports.

La France, sur le fil d’alerte du Ministère des Affaires étrangères, n’a pas apporté de modifications depuis la mi-juin. Le ministère informe néanmoins que « l’évolution de la situation dans la région doit continuer de faire l’objet d’une attention constante. Les ressortissants français présents dans la région sont appelés à faire preuve de vigilance« . 

Le monde anglo-saxon plus radical dans ses évaluations

En revanche, l’Australie et le Canada ont adopté un ton plus alarmiste.  L’Australie, par l’intermédiaire de son site Smartraveller, déconseille tout voyage en Iran, en Irak, au Liban, en Palestine, en Syrie et au Yémen. Elle recommande également de reconsidérer tout déplacement vers Bahreïn, Israël, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, y compris pour les passagers en transit dans les grands hubs du Golfe. Ce qui pose un véritable dilemme pour les voyageurs australiens transitant par le Moyen-Orient pour se rendre en Europe. La région du Golfe représente plus de 30% des transferts vers le reste du monde…

Le Canada adopte une position similaire. Ottawa invite ses ressortissants à éviter les voyages non essentiels dans une grande partie du Moyen-Orient et rappelle que les fermetures d’espace aérien, les annulations de vols et les restrictions opérationnelles peuvent affecter les voyageurs bien au-delà des zones de conflit. 

Les États-Unis maintiennent une alerte de sécurité régionale. Le Département d’État classe Bahreïn, Israël, la Cisjordanie, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au niveau 3 (« Reconsider Travel »), tandis que l’Iran, l’Irak, le Liban, la Syrie, Gaza et le Yémen restent au niveau 4 (« Do Not Travel »). 

Le Royaume-Uni maintient également des recommandations renforcées. Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) déconseille tout voyage vers les pays les plus exposés, notamment l’Iran, l’Irak, le Liban, la Syrie et le Yémen, tout en demandant de reconsidérer les déplacements dans plusieurs États du Golfe en raison du risque d’une détérioration rapide de la situation.

Enfin, en Allemagne, le ministère des Affaires étrangères souligne que la situation peut évoluer très rapidement et recommande d’éviter les déplacements dans les zones de conflit. 

Dans l’ensemble, ces gouvernements mettent en garde contre des fermetures soudaines d’espaces aériens, des annulations de vols et des changements d’itinéraires pouvant intervenir sans préavis.

Les aéroports de Dubaï, Doha, Abou Dhabi, Bahreïn et Koweït restent ouverts mais continuent d’enregistrer des retards et des perturbations, de nombreuses compagnies aériennes évitant toujours les espaces aériens iranien et irakien. La nuit de samedi à dimanche ainsi que celle de dimanche à lundi en ont fait la preuve : elles ont enregistré de nombreux retards de vols à Dubaï, Abu Dhabi et Doha. Cependant, la situation était redevenue normale ce lundi matin. Mais la volatilité des horaires, avec des changements de dernière minute, sont de nouveau bien présents.