
23 mai 2012 : François Hollande, tout juste élu président de la République, créait la surprise en se rendant à Bruxelles en Thalys pour un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Son Premier ministre faisait de même quelques jours plus tard. Quoi de plus “normal”, au fond, pour se déplacer en France en général et en Europe en particulier, que d’utiliser le train à grande vitesse ? Moderne, bien dans l’air du temps, écologique autant que technologique : le ferroviaire a su gagner ses lettres de noblesse face à l’aérien, en particulier sur des distances courant sur moins de trois heures.
Pour tous les voyageurs d’affaires, du cadre en mission jusqu’au plus haut niveau de l’État, le train offre un net avantage sur l’avion : celui de laisser du temps utile pour travailler, s’entretenir avec ses collaborateurs, voire tout simplement se reposer. Le tout sans transfert fastidieux vers l’aéroport, ni contrôles de sécurité, ni d’interminables temps d’attente avant l’embarquement.?Cet atout est d’ailleurs mis en lumière par Thalys au travers d’une étude menée par le cabinet EPSA. “97 % des passagers professionnels travaillent pendant le trajet et un sur deux le fait avec efficacité sur plus de 50 % du temps de parcours”, souligne Franck Gervais, CEO de Thalys International.
Des trains “intelligents”
Mais ce sont évidemment loin d’être les seuls avantages du transport ferroviaire.?D’autant que se profile à l’horizon une nouvelle génération de trains.?Des trains plus confortables, mais surtout plus connectés. Pour les compagnies ferroviaires, l’heure est en effet aux grands travaux. D’ici 2014, Eurostar va investir dans la rénovation de ses rames tout en finalisant l’acquisition de 10 rames Siemens dernier cri. La SNCF a, de son côté, choisi Alstom avec la commande de 55 rames TGV Euro Duplex qui circuleront d’ici 2015 en France sur l’axe Rhin-Rhône, mais aussi sur le réseau de Lyria et à terme jusqu’en Espagne.
Cette troisième génération de train à grande vitesse se veut intelligente avec la présence d’écrans – quatre par voiture – et d’étiquettes électroniques sur les sièges. Surtout, elle permet de diffuser aux passagers une multitude d’informations sur la vitesse, les arrêts et les correspondances, les perturbations éventuelles… Et ce, en six langues si nécessaire. “Nous disposons de centaines de données disponibles que l’on peut analyser et mettre en scène, précise Antoine Simon, responsable des systèmes contrôle commande et information voyageurs de la SNCF. L’important est de donner une information plus rapide et plus fiable aux voyageurs”. La DB a pour sa part commencé à équiper d’écran vidéo ses sièges ICE en première classe, à l’image de ce qui se fait dans l’aérien.
Prochaine grande étape après la mise en place de l’e-billet, puis de la carte de fidélité Grand Voyageur servant de support du billet : le billet dématérialisé. Les téléphones portables serviront bientôt de m-billet – “m” comme mobile – avec des titres de transport reçus sous forme de code-barre. Avant de généraliser ce service, la SNCF le teste dès cette rentrée sur une sélection de lignes et espère régler les soucis rencontrés jusqu’alors par les contrôleurs avec leurs lecteurs actuels. “C’est un service très attendu, ajoute Valérie Assayag. Pour Eurostar, qui possède un fort trafic affaires, les voyageurs pro pourront très prochainement acheter un billet totalement dématérialisé pour Londres, notamment via leur agence de voyages. Cette fonctionnalité leur permettra d’éviter le passage à la borne de retrait”.Le wifi cherche sa voie
Autre évolution majeure à attendre dans le domaine de la mobilité ferroviaire : le WiFi, qui commence timidement à se faire une place au sein des rames. Pour rester connectés durant le voyage et pouvoir envoyer des courriers électroniques, les voyageurs d’affaires souhaitent en effet disposer d’un réseau Internet sans fil. Si certains salons en gare proposent d’ores et déjà ce service – les salons SNCF Grand Voyageur, Eurostar et DB Lounges notamment – , l’offre reste en revanche marginale pendant le trajet. Thalys a ainsi été une des premières compagnies à la proposer et recense aujourd’hui 40% de sa clientèle l’utilisant en classe Comfort 1.?La SNCF a suivi une même voie avec Box TGV sur le réseau TGV Est, ainsi que la DB qui propose, sur certaines relations (de Francfort vers Stuttgart, Munich, Hambourg et Hanovre…), le service HotSpot, en collaboration avec Deutsche Telekom. Le TGV Italo de NTV est lui aussi équipé de cette technologie, alors que des tests sont en cours sur Eurostar.
Silence dans les rames
Les premiers retours des clients sur l’Espace Pro 1ère sont largement supérieurs au taux de satisfaction de la Première classe. Si cette offre couvre 60% à 70% des voyages réalisés par les professionnels, la SNCF doit toutefois lui donner plus de lisibilité, certains utilisateurs ne comprenant pas l’impossibilité d’en profiter sur l’ensemble des axes TGV. Les trains classiques Intercités ne sont pas oubliés qui, à défaut d’Espace Pro, proposent un espace calme aux deux extrémités de la rame en première et seconde classe. “Cet espace est calme si les voyageurs respectent cette tranquillité”, concède toutefois Valérie Assayag. Reste à régler la question de l’utilisation intempestive des téléphones portables…






















