
L’année 2006 fut-elle un bon cru pour Mövenpick ?
Jean-Gabriel Pérès : L’année a été bonne, conforme à la tendance des trois exercices précédents qui avaient vu notre résultat net bondir de 40 %. Avec sept ouvertures en 2007, le groupe continue de se développer. Nous étions le 114e groupe hôtelier mondial en 2000, nous sommes aujourd’hui dans les 40 premiers et dans le top 20 au niveau européen. Nous devrions continuer à compter entre sept et dix ouvertures par an d’ici à 2010.
Vous êtes bien implantés dans la région du Golfe. Pourquoi ?
J.-G. P. : Bien sûr, l’entrée du prince Al Walid dans le capital du groupe nous a ouvert des portes. Mais notre implantation dans le Golfe est beaucoup plus ancienne. Nous avons vu très tôt les potentiels de cette région, où le label “made in Switzerland” est, plus encore que dans le reste du monde, un gage de qualité. En Arabie saoudite, par exemple, notre concept a été très bien accueilli car la plupart des propriétaires saoudiens adorent la Suisse, où bien souvent ils passent leurs vacances. Nous avons déjà quatre hôtels en exploitation dans ce pays, et ce chiffre devrait rapidement doubler. Pareil à Dubaï, où nous avons sept hôtels en développement, de même qu’à Bahrein et au Qatar où nous allons ouvrir un deuxième hôtel.
Vous avez pris pied en Asie, en ouvrant le Karon Beach de Phuket. Cette ouverture en annonce-t-elle d’autres ?
J.-G. P. : Oui, c’est la stratégie du groupe : à partir du moment où nous posons le pied dans un pays, on se développe en réseau. On ne garde pas un seul hôtel par destination, mais on développe quatre, cinq, six, pour des raisons de pénétration de marque mais aussi pour des raisons de synergie de coûts. On est en Thaïlande avec Phuket ; on cherche déjà à Bangkok. On vient de signer à Singapour sur l’île de Sentosa ; mais on cherche déjà en centre-ville. Nous voulons également nous implanter au Vietnam et, naturellement, en Chine. Nous avons signé un hôtel à Bangalore, en Inde ; nous souhaiterions en avoir cinq à sept en développement, assez rapidement.
Et en Europe ?
J.-G. P. : Nous recherchons des implantations au nord et à l’est, jusqu’en Russie. Sans oublier nos marchés traditionnels, notamment l’Allemagne. Nous allons d’ailleurs ouvrir un hôtel spectaculaire à Hambourg dans un château d’eau reconverti, un exploit architectural qui devrait devenir l’un des meilleurs business boutiques-hôtels d’Europe. Nous souhaiterions, bien entendu, nous installer en France. On a fait récemment une soumission pour un hôtel haut de gamme à Paris. On regarde également ailleurs, Toulouse, Lyon, Strasbourg…
Le continent américain est-il également visé ?
J.-G. P. : Non, et c’est délibéré. L’approche du continent américain est différente : c’est une approche d’investisseur et pour y être efficace, il faut pouvoir acquérir rapidement trente, quarante, cinquante hôtels avec une distribution très forte. Nous avons décidé qu’il y avait tellement de grain à moudre ailleurs qu’il valait mieux ne pas se lancer là-bas pour le moment. Et puis, je cherche à préserver l’héritage de la marque, sa tradition de qualité qui repose sur ses racines suisses et sa plate-forme gastronomique
Bio express
Né en 1957 à Paris, diplômé de l’Essec.
1982 : Ingénieur d’affaires et directeur de région Moyen-Orient pour Matra.
1985 : Directeur de développement Afrique et Asie pour Meridien Hotels & Resorts.
1989 : Managing director de Meridien Hotels & Resorts Asia Pacific.
1999 : PDG de Mövenpick Hotels & Resorts.




















