
Le transporteur AirBerlin, deuxième compagnie allemande après Lufthansa, continue de se débattre pour redevenir bénéficiaire. Le quotidien économique allemand Handelsblatt a annoncé que Lufthansa serait prête à racheter des lignes aériennes à son rival et les attribuer à sa filiale low cost Eurowings. Selon le Handelsblatt, Lufthansa aurait contacté l’actionnaire d’Airberlin, la compagnie des Emirats Etihad, qui possède 30 % du capital.
Déficitaire depuis 10 ans, AirBerlin présente un positionnement stratégique trop flou pour permettre à la compagnie de survivre comme tel. En effet, AirBerlin a une approche à la fois low-cost et traditionnelle : compagnie avec des vols de point à point en Europe, mais offrant aussi de correspondances pour le réseau Etihad ; compagnie tournée vers la clientèle affaires avec un dense réseau Europe et enfin transporteur loisirs avec des vols longs-courriers vers les destinations vacances. Une stratégie opérationnelle confuse donc et qui ne pourra changer à terme. En avril dernier, le PDG de la compagnie, Stephan Pichler, annonçait qu’il souhaitait repositionner AirBerlin sur le segment premium, essentiellement affaires. La compagnie a ainsi déjà décidé d’abandonner ses liaisons vacances long-courriers au départ de Munich et d’augmenter sa présence sur ses deux hubs de Berlin Tegel et Düsseldorf.

La proposition de Lufthansa – selon le Handelsblatt – apporterait des avantages aux deux compagnies. Dans ce cadre, le transporteur national allemand se propose d’acquérir les lignes et appareils ne desservant pas les hubs d’AirBerlin à Düsseldorf et Berlin Tegel. Lufthansa pourrait ainsi récupérer une trentaine de lignes aériennes ainsi qu’une quarantaine d’avions qui viendraient soutenir l’expansion d’Eurowings qui, selon Lufthansa, a besoin de monter en puissance pour être véritablement rentable. Pour AirBerlin, cette vente permettrait d’appuyer la rationalisation de son réseau en concentrant son offre sur ses deux principaux hubs de Berlin et Düsseldorf. Et, partant, avoir un positionnement stratégique clair en termes de clientèle.
Le dépeçage des actifs d’AirBerlin pourrait cependant avoir un revers à la médaille : celui de diminuer l’attrait qu’avait le transporteur au sein de l’alliance Oneworld. Cela pourrait se traduire par un départ à terme du transporteur allemand de l’alliance. Ce qui probablement ne déplairait pas à Etihad…
Toujours selon les informations du Handelsblatt, les négociations entre Lufthansa, AirBerlin et Etihad pourraient être bouclées d’ici octobre. Des négociations que les trois compagnies, toutes en chœur, ont, pour l’instant, qualifiées en chœur de rumeurs…

















