Carlo Olejniczak, directeur de Disneyland Resort Paris-Business Solutions, directeur des ventes et directeur marketing de Disneyland Resort Paris

Disneyland Resort Paris se présente comme “le premier site de tourisme d’affaires en Europe”. Sur quels critères ?

Carlo Olejniczak : Nous sommes les seuls à réunir sur un même lieu une telle capacité en hébergement et espaces événementiels, avec 7500 chambres – 8000 en comptant les hôtels partenaires –, deux centres de congrès, plus de 2350 m2 d’espaces de réunion et deux parcs à thème qui peuvent être utilisés pour des soirées pouvant accueillir jusqu’à 30000 personnes. C’est un énorme avantage pour nos clients, qui peuvent rester deux ou trois jours sur le site sans perdre de temps en transferts entre les lieux d’hébergement, de travail et de loisirs. L’an passé, nous avons compté 131000 nuitées liées au millier d’événements d’entreprise organisés ici.

Le lancement du TGV Est vous a-t-il permis d’élargir votre zone de chalandise ?

C. O. : Il nous a en effet permis d’ouvrir de nouveaux marchés sur l’Est de la France, l’Allemagne, le Luxembourg et la Suisse. C’est un peu le même phénomène que celui qui a suivi le développement des lignes à grande vitesse avec le Royaume-Uni.

Quels sont vos principaux marchés ?

C. O. : En prenant comme critère la nationalité du donneur d’ordre, la France reste notre premier marché, avec 42 % des nuitées. Suivent le Royaume-Uni avec 30 %, le Benelux avec 14 % et l’Allemagne avec 4 % sur l’exercice fiscal 2007. Ce qui montre bien notre potentiel de développement sur le marché allemand. Nous regardons aussi du côté de l’Italie et de l’Espagne, qui ont un gros potentiel ; de même que les États-Unis, marché prescripteur.

Et du côté des marchés émergents ?

C. O. : Pour l’organisation d’événements d’entreprise, cela reste un peu plus difficile, même si nous avons reçu l’an passé une opération incentive de 1700 personnes organisée par une entreprise chinoise. Il existe donc des opportunités.

Sur quels canaux construisezvous votre prospection sur ces marchés étrangers ?

C. O. : Membre de la Maison de la France et du Bureau des congrès de Paris, nous misons sur une approche collective. Pour l’organisation d’un événement d’entreprise, je pense qu’on choisit d’abord un pays, puis une ville, puis une destination. De même, nous ne nous présentons pas comme une destination fermée. On peut très bien compléter un séminaire à Disneyland Resort Paris par une soirée à Paris ou en Champagne : plus notre offre est variée, plus nous sommes forts.

De nombreux parcs concurrents sont apparus sur le marché du tourisme d’affaires. Comment expliquer cet engouement ?

C. O. : C’est un modèle économique sain, car il joue sur des cycles de consommation inversés entre loisirs et affaires : vous remplissez les hôtels pendant le week-end et les vacances avec la clientèle loisirs, le reste de l’année avec la clientèle business. Je ne suis pas étonné par ce développement, mais je pense qu’il ne peut se faire de manière harmonieuse que si le parc crée un département uniquement dédié au tourisme d’affaires.

Bio express

Carlo Olejniczak a 38 ans

1994-1995 Promosalons (UK) Ltd, Londres, chargé de communication et de promotion.

1995-1998 Palais des congrès de Paris, responsable ventes et marketing.

1998-2008 Disneyland Resort Paris Business Solutions, responsable marketing puis directeur commercial, puis directeur du département.

2008 Disneyland Resort Paris, directeur des ventes et directeur marketing