AccorHotels se lance dans la location d’appartements de luxe en rachetant onefinestay

AccorHotels a annoncé mardi le rachat de onefinestay, une plate-forme de location d'appartements façon Airbnb mais en version luxe, pour un montant de 148 millions d'euros.

Un appartement onefinestay, à Londres (DR OFS)
AccorHotels rachète onefinestay pour 148 millions d'euro (OFS)

Si l’émergence d’Airbnb a pu un temps faire trembler les leaders de l’hôtellerie sur leurs bases, l’heure est à la riposte du côté des groupes hôteliers. Chacun sème ses petits cailloux pour essayer de suivre la trace des acteurs de l’économie collaborative – Wyndham a investi une dizaine de millions d’euros l’an dernier dans Love Home Swap ; le franchiseur américain Choice a lancé en février dernier Vacation Rentals by Choice Hotels ; l’Espagnol RoomMate développe sa plateforme de réservation d’appartements BeMate.com… –, mais AccorHotels est allé plus loin en rachetant purement et simplement onefinestay, pour 148 millions d’euros. “Pour arriver là où en est onefinestay aujourd’hui, il nous aurait fallu deux à trois ans de travail en interne et un investissement presque similaire, tout en risquant de voir onefinestay s’allier à d’autres acteurs et occuper le marché pendant ce temps”, expliquait mardi Sébastien Bazin, le P-d.g. d’AccorHotels lors de la présentation de cette acquisition.

Lancé en 2010 et surnommé par certains l’“Airbnb pour les riches”, onefinestay offre plus de 2 600 demeures – soit pas loin de 10 000 chambres – dans les quartiers huppés de Londres, Paris, New York, Los Angeles, en attendant Rome, à partir de juin prochain. Ces appartements privés de très haut standing, dont onefinestay a l’exclusivité de la mise en location, se louent autour de 500 euros par nuit. Cependant, à la différence d’Airbnb, onefinestay ne se contente pas de mettre en relation les propriétaires et les voyageurs. La société ajoute toute une palette de services comme l’accueil personnalisé, le ménage et du linge de toilette haut de gamme, ainsi qu’un service client accessible 24h/24 et 7j/7 via un iPhone mis à la disposition des clients pendant leur séjour. À travers ce smartphone, les voyageurs peuvent aussi accéder à de nombreuses informations touristiques sur le quartier et la destination.

Un appartement onefinestay à Paris, rue Paradis (DR OFS)
Un appartement onefinestay à Paris, rue Paradis (DR OFS)

Avant ce rachat, la start-up britannique n’était pas totalement étrangère au monde hôtelier, puisque l’an dernier le groupe Hyatt avait participé à une levée de fonds de 40 millions de dollars pour soutenir son développement. Mais c’est donc AccorHotels qui va écrire son futur. “Depuis six mois, nous avons rencontré la plupart des dirigeants des grands groupes mondiaux. Un seul groupe a réellement compris ce que onefinestay pouvait devenir à l’avenir, Accor Hotels”, avouait Greg Marsh, cofondateur de onefinestay.
Sans chambouler l’organisation de onefinestay qui fonctionnera de façon indépendante au sein du groupe français, la prise de contrôle par AccorHotels va permettre à onefinestay d’accélérer son développement. Accor compte ainsi investir 64 millions d’euros pour soutenir l’expansion de la marque dans les grandes métropoles internationales, et 40 nouvelles destinations sont attendues dans les cinq années à venir. Cette croissance pourra s’appuyer à la fois sur l’expérience développée par la direction de onefinestay depuis six ans et sur la connaissance des équipes Accor des marchés lointains, mais aussi, d’une certaine manière, sur les clients habitués des hôtels haut de gamme Fairmont, Sofitel, Pullman et qui pourraient être tentés de louer leurs résidences via onefinestay.

Cette acquisition démontre la volonté du groupe français de se positionner comme un acteur d’importance sur ce segment de marché en pleine évolution. En début d’année, AccorHotels avait déjà pris une participation de 49 % au capital de Squarebreak, une plate-forme digitale proposant des villas haut de gamme en France, et de 30 % d’Oasis Collections, une offre d’appartements à vocation très corporate et comptant 1 500 propriétés en Amérique Latine, aux États-Unis et en Europe.