Interview : Karim Malak, directeur général délégué, Adagio

Karim Malak, directeur général délégué d’Adagio, fait un point sur la stratégie de développement de la marque d'aparthôtels, qui devrait compter 150 établissements d'ici 2021.

Karim Malak, directeur général délégué d’Adagio (Neil Hanna Photography)

Où en est la marque Adagio dix ans après son lancement ?

Karim Malak – On est parti d’une vingtaine d’établissements il y a dix ans, essentiellement en région parisienne, pour arriver à 100 actuellement, dans 11 pays et sur trois gammes, de l’économique au haut de gamme. On a profité de l’essor de l’appartement en tant que solution d’hébergement pratique pour les voyageurs d’affaires tout en s’appuyant sur nos actionnaires pour nous développer. Grâce à AccorHotels, nous avons pu ouvrir des établissements au Brésil et au Moyen-Orient. On vient également de signer un partenariat avec Orbis en Pologne, détenu à 52 % par Accor, offrant de belles perspectives en Europe de l’Est. De la même manière, nous avons un accord de master franchise avec Accor en Afrique. Nous avons pour ambition l’ouverture de deux ou trois aparthôtels par an à partir de 2019. De son côté, Pierre & Vacances nous ouvre des portes en Espagne et au Portugal.

Quels sont vos objectifs ?

K. M. – Notre volonté est d’avoir, en 2020/2021, 150 établissements et 15  000 appartements dans le monde. 28 projets sont déjà dans les tuyaux à un stade bien avancé. On sent un vrai potentiel pour ce segment, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne.

Où en êtes-vous du déploiement de votre nouveau concept d’espaces communs ?

K. M. – 26 projets ont été lancés avec une prochaine inauguration à l’Adagio Paris Bercy en décembre. Au total, 64 établissements présenteront d’ici quatre ans un nouveau visage, englobant une épicerie proposant des produits de première nécessité comme de la bière ou des pâtes, un espace de style coworking pour que les professionnels puissent travailler en dehors de leur appartement. Et aussi quelque chose dont nous sommes assez fiers, une bibliothèque d’objets, où les clients peuvent emprunter un wok, un couteau à huîtres, une guitare, des enceintes. Des plantes aussi ; les clients adorent ça. Pour rompre l’isolement des voyageurs d’affaires, nous avons déployé sur l’ensemble du réseau un programme d’événements créant du lien social ; des apéritifs deux fois par semaine, des rencontres avec des commerçants locaux, des cours de cuisine. Alors que nous recevons des groupes d’affaires, nous étudions l’idée d’espaces de coliving avec des appartements de six à huit personnes, chacun ayant sa chambre avec salle de bains, mais regroupés autour d’espaces communs avec une grande cuisine, un grand salon.