
La compagnie nationale Air Canada pourrait-elle être l’une des victimes collatérales de la dégradation profonde des relations entre les Etats-Unis et le Canada ? C’est tout à fait possible, comme l’a avoué Mark Galardo, vice-président général, chiffre d’affaires et planification du réseau.
Une activité essentielle entre Europe et Etats-Unis
Certes, rien n’est encore acté. Mais la compagnie se prépare déjà à l’éventualité d’une réduction significative de ses capacités vers les Etats-Unis. Ce serait une véritable rupture de stratégie. Un peu comparable avec la réorientation du trafic de Finnair, suite à l’interdiction de survoler la Russie.
Selon les derniers chiffres fournis par la compagnie lors de la présentation de son bilan du quatrième trimestre et de l’exercice financier 2024, 18% des capacités en sièges se font sur le marché transfrontalier. C’est le troisième plus important pour Air Canada après le marché transatlantique (34%) et le marché intérieur (21%).
Le marché américain est de fait essentiel pour Air Canada sur les droits de sixième liberté. Ce droit permet à une compagnie aérienne de transporter un passager d’un marché A vers un marché B en transitant par le marché d’où le transporteur est originaire. Air Canada estime dans son bilan que 80 % du marché États-Unis–réseau international peut efficacement transiter par ses trois plaques-tournantes que sont Toronto, Montréal et Vancouver.
Un très fort marché de loisirs
Air Canada dessert ainsi 40 destinations américaines cet hiver. Elle est par exemple l’une des rares compagnies internationales à relier Sarasota et West Palm Beach en Floride ou encore Sacramento en Californie. Néanmoins, la très forte présence d’Air Canada sur le sud des Etats-Unis – Las Vegas, l’Arizona, la Louisiane ou la Floride – tient beaucoup à la demande des marchés de loisirs canadiens. Or, la déclaration de Donald Trump se traduit dans l’opinion publique canadienne par de nombreux appels au boycott des Etats-Unis. En particulier les voyages.
Selon les propos de Mark Galardo sur Radio Canada, « nous ne voyons pas de ralentissement majeur ni rien de substantiel qui pourrait modifier notre vision du marché aux Etats-Unis. Cela étant, si nous pouvions réduire un peu les risques, être un peu proactifs et déplacer la capacité vers d’autres segments géographiques plus dynamiques, je pense que ce serait la bonne décision à prendre en ce moment, dans ce contexte« . Les destinations loisirs au Canada mais aussi les Caraïbes, le Mexique et l’Europe pourraient alors connaître de nouveaux développements...

















