Las Vegas : Rien ne s’oppose à la nuit

Unité de lieu, hôtels à profusion, distractions à ne plus savoir qu'en faire et nuits jamais terminées... Poussée au milieu de rien, si ce n'est dans des paysages désertiques à tomber, Las Vegas est aussi la reine des destinations incentive et congrès.

Las Vegas Viva vision
Les lumières de la ville… Mais quelles lumières et quelle ville ! Couvrant Freemont Street Experience, la canopée Viva Vision est à l’image de Las Vegas, surdimensionnée, avec ses 12,5 millions de lampes LED disposées sur une surface équivalente à cinq terrains de football

Mais, il est tout nu, le cow-boy ! Ou quasi ! Car à part ses Santiags et son Stetson, sans aucun doute présents pour souligner l’insolite du costume, il est tel que le Bon Dieu l’a fait : nu comme un ver, à l’exception d’un string trois tailles en dessous… La scène ne se passe pas, comme on pourrait le croire, dans les murs d’un quelconque cabaret de n’importe quelle grande ville du monde, mais en pleine rue, à Las Vegas, USA… Et chaque fin d’après-midi, elle se renouvelle sur Fremont Street Experience, dans le Downtown Las Vegas, autrement dit le Vegas historique ; là où est née, dans les années 30, mais surtout après guerre, la légende de la ville la plus hallucinée et la plus hallucinante de toute l’Amérique.
Il n’est pas seul d’ailleurs, ce cow-boy qui, semble t-il, a tout perdu au jeu. À dix mètres de lui, à côté d’un Elvis vieillissant et d’un magicien qui fait s’envoler les cartes à jouer, se contorsionnent, chacun dans son genre, des danseurs de hip-hop ou des petites femmes de Paris plus vraies que nature. Avec plumes, strass, bas à résilles et talons hauts… Leur job ? Se faire photographier contre quelques dollars en compagnie de touristes en goguette, les femmes plutôt avec le cow-boy, les hommes plutôt avec les petites femmes. C’est drôle, bon enfant, bon public, en un mot c’est américain… Et s’il n’y avait que cela !

las vegas strip
De nuit comme de jour, sur le Strip embouteillé, se succèdent des limousines Lincoln de sept mètres de long, des taxis à la queue leu leu et des voitures de luxe aux vitres aveuglées…

Tous les soirs, Fremont Street Experience, que les autorités conscientes du potentiel ludique de la vieille ville ont recouverte sur plus de 400 mètres d’une canopée illuminée par 12,5 millions d’ampoules, s’appuie sur un déluge de sons et de lumières. Oh, les néons ! Oh, les décibels ! Préludes d’une nuit qu’on aurait délicieusement placée sous le signe des sept péchés capitaux. Des casinos vintage dégoulinants de lumière, dont le fameux Golden Nugget, fondé en 1946 et remanié plus tard par Steve Wynn, des boutiques à souvenirs violemment sonorisées, des scènes de spectacle à ciel ouvert ; des restaurants aussi, bourrés d’humour, dont l’un, le Heart Attack Grill, la “crise cardiaque”, qui propose des hamburgers de 9 982 calories, garantis par le Guinness des records comme les plus caloriques au monde. Ils sont servis, comme on le comprend, par des serveuses en tenue d’infirmière… Le tout est enrubanné, façon paquet cadeau, par le hurlement des sirènes de pompiers et surplombé sur toute sa longueur par une fantastique tyrolienne d’où s’élancent jeunes gens et jeunes filles lors d’un vol mimant Superman ; haut, très haut là-haut.

C’est là, “Sin City” ! C’est ça, le Las Vegas historique, l’origine de la vraie cité du péché comme l’Amérique l’a surnommée. Les groupes de tourisme d’affaires jouent le jeu et, entre quelques giga cornets de pop-corn et autres sodas, font des concours de photos en compagnie des figures de rue les plus amusantes. Évidemment, le cow-boy et les danseuses de cabaret remportent un très vif succès.

las vegas cow-boy neon

Pour autant, le Downtown n’est pas en reste la journée et propose, au sud de Fremont Street Experience, un quartier en devenir ultra trendy et beaucoup plus calme ; une ville qui ressemblerait presque à une ville normale. Avec un Arts District peuplé d’artistes à demeure, d’antiquaires, de supérettes-restaurants pour bobos – c’est très tendance –, de boîtes de nuit où vient danser la jeunesse autochtone. Signe des temps, signe surtout de la nouvelle orientation de Vegas, à trois ou quatre blocs de là, on trouve aussi des musées, dont le Neon Museum qui présente au public et à ciel ouvert quelque 160 enseignes de casinos, de motels ou de restaurants historiques non restaurées. Sur le coup, on est surpris par le côté bric-à-brac du lieu, le tout étant déposé à même le sol, les ampoules qui faisaient les belles nuits d’autrefois ayant pratiquement toutes disparu. Mais c’est pas grave ! Le discours du guide spécialisé, à condition toutefois de posséder un très bon niveau d’anglais et de connaître un peu l’histoire de la ville, est là pour animer tous ces pleins et ces déliés, cette calligraphie sublime qui a créé l’“art du néon” en même temps qu’elle écrivait la légende de la ville. Du coup, on se retrouve avec, en vrac, des enseignes des années 30, 50, 80. Des El Cortez, des Le Lido de Paris, des Golden Nugget’s ou des Sassy Sally’s… mais aussi des choses comme “snacks, cold drinks, free aspirine” ou des Betty Boop aguicheuses.

Ça, c’est pour l’étincelant. Car le côté sombre de la ville, l’argent, la mafia… on le retrouvera à dix minutes à pied, au MOB Museum, une institution unique en son genre dans le monde et qui retrace l’histoire du crime organisé. C’est donc à l’intérieur du très bel et ancien palais de justice de Vegas, sur trois étages remarquablement scénographiés, que l’action se passe. Tout est expliqué, décortiqué et reconstitué, depuis l’apparition de la mafia aux États-Unis jusqu’à son développement à Las Vegas en passant par les méthodes mises en oeuvre par le FBI pour la combattre. Des photos, des vidéos, des installations, des mitraillettes, une chaise électrique, une salle de tribunal, des noms célèbres comme Al Capone ou Lucky Luciano et d’autres qui le sont moins ; une ambiance de speakeasies, ces tripots clandestins qui ont fait les belles heures de la prohibition et où on avait l’air de drôlement rigoler. Boxe, jeux, courses, casino, grands noms du spectacle et monceaux de dollars, tout y passe…

1 — Une fois éteintes à jamais, les enseignes lumineuses deviennent des pièces de collection exposées au Neon Museum.
Une fois éteintes à jamais, les enseignes lumineuses deviennent des pièces de collection exposées au Neon Museum.
las vegas heart attack grill
Rien ne va plus à l’Heart Attack Grill ? Si les clients sont en blouse blanche et les serveuses déguisées en infirmière, c’est pour mettre en scène un concept effrayant pour les coronaires, avec le burger le plus calorique du monde.
las vegas caesars palace craps
Le Caesars Palace se vante d’être le casino au monde où les machines à sous ont offert le plus grand nombre de jackpots à un million de dollars.

Qui du gendarme, qui du voleur ?

Mais curieusement, malgré tous les documents et témoignages relatifs à cette période noire de l’histoire américaine, on sort du MOB avec presque un plaisant sentiment d’avoir figuré dans un bon film, vécu une aventure mise en scène par Hollywood, participé en noir et blanc à une histoire de “bons” toujours gagnants et de ”méchants” toujours punis. Rien d’autre en tout cas qu’une fiction où l’on ne sait trop qui du gendarme ou du voleur fait le plus fantasmer. Est-ce volontaire ? Sans doute. Las Vegas n’est certainement pas là pour témoigner du moindre cauchemar, mais bien plutôt pour faire rêver. Du rêve donc, et encore du rêve… Un rêve qu’on trouvera nécessairement un peu plus bas, sur le Strip. Fut-il, côté casino, du genre miroir aux alouettes ! Mais n’est-ce pas là le principe du rêve ?

Le Strip, donc. Cette portion mal définie d’environ sept kilomètres empruntée au Las Vegas Boulevard, veine de bitume qui traverse toute la ville, du sud au nord, en gros depuis l’aéroport jusqu’au downtown. Pourquoi le Strip ? L’origine du nom est nébuleuse – voire un peu fantaisiste – et proviendrait, soit d’une reprise empruntée au très glamoureux Sunset Strip à Los Angeles, soit du mot strip – “se déshabiller” – en référence aux joueurs ayant à peu près tout perdu au jeu, y compris leurs vêtements, et donc contraints, arrachés aux tapis verts, d’arpenter le boulevard presque entièrement dénudés.

Le Strip ! Un monde de démesure en Technicolor et en stéréo 24 h/24, une succession d’hôtels casinos célèbres dans le monde entier avec, alignés successivement, de bas en haut et des deux côtés, le Mandalay Bay, le Louxor, le New York-New York, le MGM Grand, le Cosmopolitan, le Planet Hollywood, le Paris, le Caesars Palace, le Linq, le Venetian, le Wynn… auxquels, au risque de lasser, il faudrait ajouter une foultitude d’établissements un peu moins connus, mais pour la plupart tout aussi déjantés.

Car, côté extravagance, on le sait, Las Vegas n’y va pas de main morte. Même prévenu, en remontant le boulevard à pied – ce que les agences n’oublient jamais de proposer à leurs clients –, on passe de l’étonnement à la stupéfaction, de l’ébahissement au plus profond saisissement. De ohhh ! en ahhh ! De pyramide d’Égypte à l’échelle de celle de Kheops en Statue de la Liberté, d’Empire State Building de 42 étages en tour Eiffel à demi-échelle, de palais romain en bateaux de pirates, de guitare hard rock en canaux vénitiens… On réalise en ligne droite un tour du monde au grand complet. Mieux, ponctuellement, du crépuscule jusqu’au milieu de la nuit, au-delà des néons et des gigantesques écrans vidéo qui font florès, les plus grands établissements proposent tous un show en plein air, à même le Strip. Mille jets d’eau en rythme sur fond de musique classique ou rock pour le Bellagio, éruption volcanique avec son, flammes et fumées pour le Mirage… Dans tous les cas, et comme toujours à Vegas, la foule reste scotchée devant la très grande qualité des spectacles et, pour certains, leur extrême sophistication.

las vegas talon
Depuis les années 60, l’épicentre festif s’est déplacé de Downtown Las Vegas vers le Strip et ses hôtels-casinos toujours plus ébouriffants les uns que les autres. Aujourd’hui, le charme suranné du centre historique redevient tendance avec son Arts District et de nouveaux musées comme le Mob, racontant sur trois étages des histoires de gangsters.
las vegas hotel flamingo
Le Flamingo, un hôtel-casino lancé en 1946 par Bugsy Siegel, associé au syndicat du crime.
las vegas wynn popeye
Avec le Popeye de Jeff Koons, le Wynn a remporté
la mise. Une oeuvre achetée 28,2 millions de dollars.
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Diffcile de résister au jeu à Las Vegas. En 2014, six
milliards de dollars ont été misés dans les casinos du Strip.
las vegas new-york
La statue de la liberté, le pont de Brooklyn et les Chrysler et Empire State Buildings au New York New York : les méga resorts poussent leur logique thématique jusqu’à l’extrême.

La foule, précisément. Un spectacle en elle-même, une Amérique dans tous ses états qui profite autant qu’elle le peut d’une permissivité légendaire. Au fond, on ne vient à Vegas pas autrement que ne le faisaient les pionniers d’autrefois ; qui descendaient en ville pour flamber au poker et regarder des petites femmes danser sur fond de piano bastringue. Et puis repartaient les poches vides dans leurs prairies esseulées, avant de revenir… Et bien, Vegas aujourd’hui, ce n’est guère autre chose. Une longue rue tracée au milieu du désert, des saloons déguisés en hôtels et casinos, des tapis verts à la pelle, des bals populaires transformés en boîtes de nuit et des spectacles de cabaret aux danseuses court vêtues. À vrai dire, on ne peut réellement saisir la culture américaine, celle de l’Ouest en tout cas, si l’on n’a pas mis au moins une fois les pieds à Vegas.

las vegas delano veste jackson
Le Mandalay Bay Resort accueille le show du Cirque du Soleil Michael Jackson One. Un des hôtels du complexe, le Delano, expose une des vestes du King of the Pop.

Alors, cette foule ? Elle baguenaude au coude à coude, non-stop, du soir au matin, sur le Strip ou sur Fremont Street Experience. Une masse décontractée, habillée à la va-comme-je-te-pousse, le plus souvent en baskets, T-shirt et bermudas, riant haut et parlant fort, et perpétuellement accessoirisée d’un gobelet cartonné de café, de Coca-Cola ou de milk-shake. Sur 100 mètres, on croisera une boutique à hamburgers 20 % moins chers que les autres, une vieille dame hilare posant pour la photo dans les bras d’un Terminator, des échoppes à souvenirs pratiquant des soldes imbattables, une Minnie en grande discussion avec un Batman, deux cow-boys, des vrais cette fois, en tenue ad hoc parce que probablement Texans, mais aussi, au bout de la galerie marchande de l’hôtel Linq, la grande roue la plus haute du monde.

las vegas USA planet hollywood
La ville du jeu, Las Vegas ? Pas seulement. Les hôtels-casinos tirent de plus en plus leurs revenus de leurs innombrables bars et restaurants, de leurs spectacles ébouriffants, de leurs centres commerciaux, mais aussi de l’accueil de conventions et événements corporate.

Vegas est un tourbillon, un raz-de-marée ultra sonorisé, un quasi tsunami auquel on n’échappe que lorsqu’on a claqué la porte de sa chambre. Et encore… parce qu’il reste la fenêtre et que, derrière les vitres, il y a les lumières qui s’allument et s’éteignent comme un clin d’oeil invitant. Vegas ne dort jamais, et d’ailleurs ses visiteurs non plus. Même si, pour un éventuel repos, elle propose 150 000 chambres – à titre de comparaison 85 000 pour Paris intra-muros – aux 40 millions de touristes annuels, au rang desquels figurent en très bonne place les participants à des congrès ou à des opérations incentive.

Attirée par la qualité des infrastructures – avec un million de m2 d’espaces de réunions –, mais aussi par l’unité de lieu et la présence de distractions multiples et variées, cette clientèle jette plus volontiers son dévolu sur les hôtels du Strip, tous très haut de gamme, plutôt que sur ceux du downtown, finalement encore assez méconnus du public corporate. Pour l’instant… Côté hébergement, on l’a vu, le choix est plus que généreux. Selon les goûts ou la fnalité d’un séjour corporate – congrès, team building, récompense -, on descendra dans un hôtel à thème ou dans un établissement plus urbain correspondant au goût contemporain décliné dans toutes les grandes villes du monde et qui, pour tout dire, dessine à plus ou moins long terme le Vegas de demain. Dans tous les cas, et pour ce qui concerne le confort, on ne risque guère de se tromper : tout est luxueux. Et les chambres et suites sont à la démesure de la ville : gigantesques.

las vegas hotel luxor pyramid
Rénové à grands frais, le Luxor a abandonné son décor égyptien, un peu kitsch, pour un intérieur contemporain. Une tendance suivie par le très design Cosmopolitan.

las vegas hotel luxor

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Des gondoliers d’opérette, un ciel peint de bleu, une fausse place Saint-Marc… Seules les griffes italiennes qui longent les Grand Canal Shoppes sont bien réelles.

J’ai vu Montmartre. Montmartre, USA.

Au centre du Strip, quatre célébrissimes établissements thématisés se taillent la part du lion en proposant, qui un Paris-Montmatre-Tour Eiffel reconstitué, qui un New York plus vrai que nature, qui un Venise estomaquant avec place Saint-Marc et gondoliers et qui un gigantesque palais de César qui n’aurait sans doute pas déplu aux peintres pompiers. Pour le vrai chic : le richissime Wynn et ses sculptures de Jef Koons à 30 millions de dollars, le Bellagio et son élégance bon ton, le Cosmopolitan et ses collections d’art ou bien encore le Delano et son design épuré. Tous, absolument tous, possèdent force salles de réunions, mais surtout des salles de spectacles où se produisent les méga stars internationales.

Car, clairement, pour le monde du show-business, Vegas est incontournable. Concept : ce n’est plus la vedette qui court le monde à la rencontre de son public, mais le public international qui se déplace pour l’applaudir. C’est moins épuisant pour la star, et c’est tout bénéfice pour la ville. Céline Dion, véritable icône à Las Vegas – elle est partout – l’a bien compris, qui remplit à l’année, le Coloseum, l’immense salle de spectacle du Caesars Palace. Mais elle n’est pas la seule. Ils sont tous un jour ou l’autre passés par Vegas, y passent aujourd’hui ou y passeront demain. Sinatra, Samy Davis Junior ou Dean Martin jadis, Elvis, Michael Jackson en leur temps, et maintenant Mariah Carey, Jennifer Lopez ou Britney Spears… Il y a tant de shows ; de tous genres, pour tous les goûts, et qui font salle comble tous les soirs. Des centaines d’artistes, des groupes cabaret, des illusionnistes, des imitateurs à la pelle, des humoristes, des chippendales… mais surtout, régnant en grands maîtres sur la scène vegassienne, les merveilleux spectacles du Cirque du Soleil, huit au total, huit thèmes différents : les Beatles avec LOVE, Michael Jackson avec ONE ou encore O, un spectacle aquatique. Le tout en quasi permanence et dans différentes salles de la ville.

las vegas rouletteIls sont donnés assez tôt le soir, ce qui permet aux groupes corporate de s’égayer plus tard dans l’un ou l’autre des casinos. Le choix est plus que vaste, et même si chaque salle propose peu ou prou les mêmes batteries de machines à sous, les mêmes tables de roulette ou de blackjack ; même si, partout, les lumières hurlent toutes les couleurs du cercle chromatique et la musique tonitrue à percer les tympans ; même s’ils ont cela en commun, en plus d’autoriser leurs clients à fumer à loisir, tous posent leur différence par des détails plus ou moins affirmés. Il y a le Paris de la Belle époque et ses bouches de métro Art Nouveau, le New York et son grand huit traversant le casino à 107 km/h non sans avoir effectué au préalable un looping, le Venise et ses gondoliers à maillots rayés ou bien encore le Caesars et ses copies des sculptures de Michel Ange…

Il y a tout cela, et même si, selon Michael Dominguez, senior vice-président et chef des ventes de MGM Resort International (NDLR : 12 hôtels à Vegas),“le produit de nos casinos n’entre que pour 25 % dans nos revenus. Nous en devons l’essentiel à nos spectacles, hôtels et restaurants”, même si clairement Vegas laisse de plus en plus, et très volontiers, les bénéfices des jeux de hasard à sa lointaine cousine Macao, et même si elle se positionne de plus en plus comme cité de distractions… il n’empêche qu’il faudrait être de bois pour échapper au plaisir du pari.

las vegas high roller haut
Depuis le High Roller de l’hôtel Linq, la plus haute grande roue du monde, “Sin City” apparaît comme un oasis lumineux, un havre d’excès posé au milieu du désert de Mojave.

26, Noir, pair et passe

Tout est fait pour cela, y compris le lobby des hôtels qui ne comporte généralement pas d’autre siège que ceux placés devant les machines à sous… Alors pourquoi se gêner, vivons Vegas comme il se doit, on est là pour ça. Même si, prudence oblige, nous jouerons petit, presque pingre. Pour commencer, dix dollars dans la machine bien brillante ; la grosse là, la rouge, celle avec le Buffalo qui la surplombe. Dix dollars, un bouton, ça tourne, ça tourne et… deux barres, un citron, un cerise. Perdu ! Passons à une autre. Dix dollars encore. Une cloche, une cerise et deux fois des barres… c’est décourageant ! Mais qu’à cela ne tienne, ça ne peut pas durer… Et pourtant ça dure. En l’espace d’à peine trois minutes, le délestage est de 60 dollars. Bon ! Alors la roulette… 50 dollars sur le 17. Et hop, 15 secondes plus tard : 26, noir, pair et passe… encore perdu ! Reste le blackjack, la table juste à côté. Total des trois cartes pour une mise de 20 autres dollars : 20 points. Total croupier : 18. Gagné ! Ah ! C’est sûr, c’est amusant… C’est même comme ça que certains y perdent des fortunes, en misant un peu plus gros tout de même. Mais, il faut bien le reconnaître, il serait vraiment dommage de venir dans la ville du péché sans pécher un petit peu soi-même et goûter, même radin, à la délicieuse tension inhérente au jeu. Un peu seulement.