
Air France-KLM a franchi aujourd’hui une nouvelle étape dans le processus de privatisation de TAP Air Portugal en soumettant une offre non contraignante (NBO : Non Binding Offer). La compagnie bicéphale n’est pas la seule à courtiser TAP Air Portugal. Lufthansa avait déjà formulé en novembre dernier son intérêt pour participer au processus de privatisation de la compagnie portugaise. Suite à l’annonce officielle d’Air France-KLM, le groupe allemand a déposé une offre similaire.
Il y a longtemps que le Portugal souhaite reprivatiser la compagnie nationale, nationalisée au moment de la crise du Covid en 2020. En juillet dernier, le gouvernement avait annoncé son intention de vendre une participation de 44,9 %. Les analystes évaluent une telle participation à environ 700 millions d’euros. L’État conserverait une majorité de 50,1 %, le reste des actions revenant aux mains des employés.
La proposition d’Air France
La volonté d’entrée d’Air France dans le capital de TAP Air Portugal n’est pas une nouveauté. Le groupe avait déjà déclaré son intérêt en 2022, déclarant même à l’époque voir plus de synergies avec TAP qu’avec l’italienne ITA.
Avec cette tournure concrète, Benjamin Smith, Directeur général du groupe Air France-KLM, a ainsi souligné : » Grâce à sa position géographique idéale, Lisbonne deviendrait le hub unique du Groupe en Europe du Sud, offrant une connectivité étendue, notamment vers les Amériques – dont le Brésil qui est un marché clé pour TAP et Air France-KLM, ainsi que vers l’Afrique. TAP bénéficierait ainsi de son intégration au sein d’une organisation commerciale mondiale regroupant Air France, KLM et Transavia, ainsi que de relations étroites avec Delta Air Lines et Virgin Atlantic, partenaires d’Air France-KLM au sein d’une coentreprise transatlantique. Ceci permettrait à TAP de concrétiser sa vision de s’« s’ouvrir au monde » (Embrace the World). Les réseaux de TAP et d’Air France-KLM étant largement complémentaires, le Portugal dans son ensemble bénéficierait d’une connectivité aérienne renforcée.«
L’approche unique d’Air France-KLM en matière de consolidation repose sur la coopération dans un cadre clair, conçu pour maximiser les synergies économiques et opérationnelles. Ce modèle permettrait à TAP de tirer pleinement parti de son intégration au sein du groupe franco-néerlandais. Les économies d’échelle et la présence mondiale dont bénéficierait la compagnie renforceraient sa compétitivité. Cette coopération s’étendrait à tous les domaines d’activité et inclurait un pilier dédié à la décarbonation, une priorité stratégique pour Air France-KLM.
Air France-KLM possède une solide expérience dans le développement et la valorisation de marques historiques -avec non seulement ses deux entités historiques mais aussi avec SAS.
Le groupe entend permettre à TAP de rester fidèle à son héritage portugais pour faire de son identité un atout à l’échelle mondiale. Air France-KLM souhaite ainsi renforcer la croissance durable et le développement régional de TAP, tout en préservant la connectivité de la diaspora portugaise, conformément aux exigences du gouvernement portugais.
Une décision au second semestre 2026
Air France-KLM dispose également d’une riche expérience de coopération avec des actionnaires étatiques et considère de tels partenariats comme une reconnaissance de l’importance stratégique de l’aviation pour une nation.
L’offre non contraignante a été soumise à la société holding d’Etat Parpública gérant l’appel d’offres le 2 avril 2026. Elle confirme l’intérêt soutenu et continu du Groupe pour TAP. Lufthansa a fait de même ce 2 avril. En revanche, IAG (British Airways/Iberia), un temps intéressé par une participation minoritaire dans la compagnie portugaise, a finalement renoncé à une prise de capital. IAG indique préférer consolider et étendre ses propres marques.
La prochaine étape du processus donne 30 jours à la société holding d’État Parpublica, pour préparer un rapport pour le gouvernement évaluant les mérites des différentes propositions. Elle sélectionnera ensuite les offres non contraignantes les plus appropriées et invitera ces soumissionnaires à soumettre des offres contraignantes dans un délai de 90 jours. La privatisation devrait être finalisée au second semestre de 2026.

















