
S’il fallait démontrer que les relations diplomatiques et économiques entre Arabie saoudite et Qatar sont de nouveau au beau fixe, le projet de train à grande vitesse commun aux deux pays en serait la meilleure preuve.
L’accord, qui vient d’être signé à Riyad, formalise une initiative du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et de l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani. Il se situe dans un contexte de plusieurs projets prouvant que la lune de miel est réelle entre les deux pays.
Selon une déclaration relayée par la presse officielle saoudienne, une « ligne ferroviaire électrique à grande vitesse » reliera prochainement Riyad et Doha. Elle serait prolongée par une branche qui permettrait aussi d’intégrer les villes saoudiennes d’Al-Hofuf et de Dammam. L’ensemble permettrait de créer un axe ferroviaire reliant plusieurs pôles économiques majeurs des deux pays. Et pour lequel il est probable que se joindrait un jour le Royaume de Bahreïn, longé par la future ligne à grande vitesse.
Dans un communiqué, le ministère qatari des Transports (MoT) a présenté cette initiative comme un nouveau corridor de mobilité rapide et écologique, capable de transformer l’expérience de voyage au sein du Golfe.
Le tracé du train à grande vitesse s’étendra sur 785 kilomètres. Il reliera principalement les capitales Doha et Riyadh tout en desservant plusieurs régions importantes. Le réseau offrira également une connexion directe entre l’aéroport international Hamad au Qatar et le futur aéroport international King Salman en Arabie saoudite. Cette jonction fluidifiera les déplacements, facilitera les échanges d’affaires et dynamisera le tourisme.
Deux heures de trajet contre 1h30 en avion
Circulant à une vitesse supérieure à 300 km/h, le train permettra ainsi de parcourir la distance entre les deux capitales en environ deux heures. Pour comparaison, un vol direct entre Riyadh et Doha dure actuellement près de 90 minutes. Les autorités prévoient que plus de 10 millions de voyageurs emprunteront la ligne chaque année, profitant d’un accès simplifié aux sites emblématiques des deux pays. Le projet devrait également générer plus de 30 000 emplois directs et indirects.
Sur le plan économique, cette ligne ferroviaire figure parmi les initiatives les plus stratégiques de la région. Les deux pays anticipent un impact cumulé estimé à 26,1 milliards d’euros (115 milliards de riyals) sur leur PIB, renforçant ainsi l’intégration au sein du Conseil de coopération du Golfe grâce à un réseau ferroviaire moderne et interconnecté.
Les travaux devraient s’étaler sur six ans et respecter les normes internationales les plus strictes en matière de sécurité, qualité et technologies ferroviaires. Conçu pour s’inscrire pleinement dans les objectifs climatiques régionaux, le projet contribuera à réduire les émissions carbone et à promouvoir des modes de transport intelligents et durables.




















