Bâle : Esthète et prospère

Frontalière de la France et de l’Allemagne, la ville la plus marginale de Suisse est aussi celle qui aligne les meilleures performances. Parallèlement à la chimie, la pharmaceutique et les assurances, Bâle attire aussi par sa culture, considérée comme une vraie activité économique.

Bâle ville Suisse
Bâle a bâti sa prospérité en symbiose avec le Rhin. Une histoire d’amour qui dure toujours puisque l’an dernier, les ports de Bâle – les Schweizerische Rheinhäfen – ont connu un trafic de marchandises record. Cette santé économique se diffuse d’ailleurs dans toute la région, jusqu’à Mulhouse en Alsace et Fribourg et le Pays de Bade en Allemagne.

C’est un paradoxe qui en dit long sur la psyché de Bâle. Près du Rheinbrücke, une statue de bronze est assise en bordure du Rhin. Elle incarne Helvetia, la figure allégorique de la Suisse. À ses pieds une valise, tandis que son regard tourne le dos à la Confédération, scrutant l’horizon en direction de la France et de l’Allemagne. Symbolise-t-elle le désir de quitter la cité rhénane ? Oh que non ! Car Bâle est un véritable aimant pour toute la région du Rhin Supérieur. Son taux de chômage est bloqué à 3,5 % et son PIB par habitant fait pâlir d’envie ses voisins, pourtant prospères, d’Alsace et du Bade-Wurtemberg. En 2014, le PIB annuel par habitant de Bâle atteignait en effet une moyenne de 150 000 euros, à comparer aux 63 500 euros pour le reste de la Suisse et aux 30 000 euros de l’Alsace ou aux 41 000 euros du Bade-Wurtemberg. Grâce à cette attractivité, la ville engendre un certain cosmopolitisme avec 165 nationalités dans ses murs, auxquelles s’ajoute chaque jour la marée des frontaliers qui viennent y travailler. Soit près de 35 000 personnes, l’équivalent de 20 % de la population active du canton.

En marge de la Suisse, située à l’extrême pointe nord-ouest du pays, Bâle a l’opulence discrète, mais solide. Son économie s’appuie sur plusieurs secteurs de pointe : la chimie, l’industrie pharmaceutique et les biotech, la finance/ assurances, ainsi que la logistique. Dix grandes multinationales ont leur siège à Bâle – les laboratoires Novartis et Roche, les assurances Helvetia et La Bâloise ou encore l’Union des Banques Suisses UBS pour ne citer qu’elles –, un chiffre remarquable pour une agglomération de seulement 190 000 habitants. Bâle a également une résonance planétaire en accueillant le siège de la banque des recouvrements internationaux, sorte de gendarme du système bancaire mondial, une “banque des banques”.

Bâle est ainsi le vrai poumon économique de toute une région qui englobe 700 000 habitants et dont les confins se situent à Fribourg en Brisgau en Allemagne et à Belfort et Mulhouse en France. Cette réalité trinationale est un véritable atout, car elle donne justement à Bâle cette flexibilité économique dont aucune autre ville de Suisse ne peut se targuer, à l’exception peut-être de Genève. Le coût de la vie, particulièrement élevé, est compensé par des implantations au-delà des frontières.

Aeschenplatz
Aeschenplatz

La BioValley, le pool bâlois des sciences de la vie en est un excellent exemple avec la mise en commun des ressources de près de 170 instituts et universités de la région prise au sens large. Ce pôle de compétitivité emploie ainsi 28 000 personnes, soit cinq fois plus qu’à Zurich ou Genève.

Les chambres de commerce et les administrations de toute la région coopèrent dans de nombreux domaines, allant de la culture au développement des transports urbains et des infrastructures. Dans ce domaine, l’Euroairport Bâle-Mulhouse-Fribourg est l’élément le plus visible d’une coopération active entre les trois pays. Laquelle coopération remonte à 1949, faisant suite à une convention entre la Suisse et la France. Un conseil d’administration composé de huit membres français et suisses et de membres consultatifs allemands veillent sur cet aéroport unique, doté d’une frontière à l’intérieur même de son aérogare !

Les échanges sont de fait vitaux à la région. Le port rhénan de Bâle – le seul port de Suisse! – absorbe à lui seul plus de 10% des importations du pays, avec six millions de tonnes de marchandises par an. Cette situation de plaque-tournante profite au tourisme d’affaires, notamment au moment des foires, un vecteur économique essentiel à Bâle. En effet, les grands salons et conférences injectent annuellement quelque deux milliards de francs suisses – soit 1,8 milliard d’euros – dans l’économie locale, la moitié de ce chiffre étant généré à eux seuls par les événements Basel World, consacré à l’horlogerie, et Art Basel.

Plus grande foire d’art du monde, Art Basel fête ce mois de juin son 46e anniversaire et attire près de 100 000 visiteurs, l’hôtellerie locale affichant complet à cette occasion. La popularité d’Art Basel a d’ailleurs permis à cette manifestation de s’exporter dans le monde entier, à Miami pour les Amériques et à Hong Kong, Art Basel Hong Kong étant le plus grand salon d’art d’Asie.

Les rives du Rhin
Les rives du Rhin

C’est peut-être ça, le vrai secret de l’influence bâloise à travers le monde : la culture. Une influence souvent peu évoquée, mais très présente. Sait-on par exemple que la Tate Gallery de Londres, l’ElbPhilharmonie de Hambourg ou encore le stade olympique de Pékin sont les oeuvres d’un des plus importants cabinets d’architecture d’Europe, Herzog et de Meuron, deux Bâlois vivant toujours dans la cité rhénane ? Quant à la Fondation Beyeler ou au Kunstmuseum – le plus ancien musée d’art public d’Europe, qui vient d’ailleurs de rouvrir ses portes en avril dernier –, ces deux institutions sont aujourd’hui des références à l’échelle européenne, voire mondiale. La consécration de l’esprit bâlois à travers la planète.

L’ART DU MUSÉE

Musée Tinguely
Musée Tinguely

La manne financière de la chimie a certainement aidé à faire de Bâle l’un des plus importants centres artistiques. Avec une quarantaine de musées, la ville a la plus haute densité d’institutions culturelles par habitant de Suisse. Ouvert en 1661, le Kunstmuseum, plus ancienne collection d’art d’Europe, a rouvert ses portes en avril suite à son agrandissement et héberge près de 4 000 peintures, sculptures et installations. Autre grande institution, la Fondation Beyeler. Outre sa collection permanente hébergée dans un bâtiment de Renzo Piano, le lieu attire des visiteurs du monde entier avec ses trois expositions annuelles.

BÂLE EN CHIFFRES

PIB annuel par habitant à Bâle et sa région

PIB annuel par habitant à Bâle et sa région65,5 %

C’est la part des voyageurs d’affaires dans les hôtels bâlois. Car Bâle est avant tout une destination affaires. La ville a généré 1,2 million de nuitées en 2015 – dont 51 500 venant de France –, avec une hausse de 3,3 % comparée à 2014. Bâle se classe ainsi en troisième position parmi les grandes villes de Suisse, derrière Zurich et Genève.

S’Y RENDRE

Bâle est proche de toute l’Europe. Depuis la gare de Lyon à Paris, les TGV de la compagnie Lyria relient Bâle en trois heures via Dijon, Belfort et Mulhouse à raison de cinq à six liaisons par jour. De nombreux trains régionaux partent également de Strasbourg vers la ville rhénane. Pour sa part, l’Euroairport Bâle Mulhouse est relié à 90 villes, notamment Paris CDG et Orly avec des dessertes quotidiennes proposées par HOP Air France. La plate-forme franco-suisse est surtout une base importante d’easyJet, avec des vols réguliers vers la Corse, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Nice et Toulouse. Liaisons par bus (15 minutes) vers Bâle depuis l’aéroport.

Formalités : Aucune formalité pour les ressortissants de l’espace Schengen.
Monnaie : le franc suisse (CHF). 1 € = 1,11 CHF (juin 2016). Indicatif téléphonique : +41 (Suisse) ; 61 (Bâle).
ASTUCE : Transports publics gratuits pour tout séjour dans un hôtel bâlois !

Centre des congrès de Bâle
Centre des congrès de Bâle

Dans le trio de tête des cantons suisses les plus compétitifs

L’Union des Banques Suisses (UBS) en connaît un rayon quant à la compétitivité des villes suisses en général, et de Bâle en particulier. La puissante banque privée, dont le siège se partage entre Zurich et Bâle, publie depuis plusieurs années un indice scruté dans le détail par les médias et les acteurs économiques du pays. Son “indicateur de compétitivité des cantons” (ICC) distribue bons et mauvais points aux 26 cantons de la confédération. L’UBS travaille sur 50 variables, pondérées et agrégées pour finalement donner une valeur moyenne cantonale entre 0 et 100. Plus l’ICC d’un canton est élevé, plus il est compétitif par rapport aux autres.

Huit piliers de compétitivité ont été ainsi définis par le biais de ces 50 variables : la structure économique, l’innovation, le capital humain, le marché du travail, le bassin de réception – c’est-à-dire le temps d’accès à une zone économique donnée –, l’environnement des coûts opérationnels et les finances publiques. Bâle se retrouve de fait dans le trio de tête des cantons les plus compétitifs de Suisse, juste derrière Zoug et Zurich. Alors que Zoug obtient une note de 100 sur 100 – on peut difficilement faire mieux ! –, Zurich obtient un score de 96,5 et Bâle-Ville de 88,4. Par comparaison l’indice de compétitivité de Genève n’est “que” de 70,4. Sur les huit piliers identifiés par l’UBS, Bâle-Ville excelle dans de nombreux domaines, le plus important étant son rang de canton le plus innovant de Suisse, un titre qui intègre des facteurs tels que le nombre de scientifiques et d’unités de recherche, les dépenses consacrées à la recherche et au développement, le nombre de brevets, la qualité de la formation. Bâle obtient un score de 100 sur 100, loin devant le canton de Vaud, numéro deux avec un score de 76 et Neuchâtel avec un score de 74. Mais le canton obtient également 100 pour sa structure économique très diversifiée, pour son accessibilité (c’est-à-dire la rapidité d’accès aux principales structures de la ville comme l’aéroport ou les universités) et obtient 97 sur 100 pour le capital humain et la formation. La cité rhénane pêche seulement par ses coûts d’implantation, jugés bien trop élevés. Une faiblesse qu’on reconnaît volontiers dans les cercles économiques. Être la ville la plus riche de Suisse par tête d’habitant a un prix, il semblerait !

Carnet d’adresses

Consulat de France, Signaustrasse 1, 8008 Zurich • Tél. : +41 44 268 85 85 • Email : admin-francais.zurich-fslt@diplomatie.gouv.fr  • Internet : https://zurich.consulfrance.org/Coordonnees-et-horaires-d-ouverture

BaselArea, Promotion économique de Bâle, Aeschenvorstadt 36, 4010 Bâle • Tél.: +41 61 296 5000• Email: info@baselarea.ch • Internet : www.baselarea.ch

Business France en Suisse, Pfingstweidstrasse 60, 8005 Zurich • Tél.: +41 44 279 1550 • Email : zurich@businessfrance.fr • Internet : www.businessfrance.fr

Grand Hôtel Les Trois Rois, Blumenrain 8, 4001 Bâle • Tél.: +41 61 260 5050 • Internet : www.lestroisrois.com

Pullman Basel Europe, Clarastrasse 43, 4051 Bâle • Tél. : +41 61 690 8080 • Internet : www.pullman-basel-europa.com

Nomad Design Hotel, Brunngässlein 8, 4052 Bâle • Tél. : +41 61 690 91 60 • Internet : www.nomad.ch

Ibis Basel Bahnhof, Margarethenstrasse 35, 4052 Bâle • Tél. : +41 61 201 07 07 • Internet : www.ibis.com

Cheval Blanc, Hotel les Trois Rois • trois étoiles au Michelin • Tél.: +41 61 260 50 07 • internet : www.lestroisrois.com • Stucki, Bruderholzallee 42 • cuisine régionale • Tél.: +41 61 361 82 22 • internet : www.stuckibasel.ch

Bar Rouge, Messeplatz 10 • à 105 m de hauteur, le plus haut bar de Suisse ! • Tél.: +41 61 361 30 31• internet : www.barrouge.ch