
Texte Serge Barret. Photos Alain Parinet.
Bien sûr, dans la région, il y a Dubaï, ses tours qui approchent le kilomètre de hauteur, ses shopping malls extravagants et ses innombrables sites récréatifs. Il y a aussi Abou Dhabi et son Louvre sublime qui a récemment fait les plus belles pages des magazines du monde. Il y a enfin Oman, ses forts et ses paysages de montagne. Mais le royaume de Bahreïn ? À moins de vivre une vie d’expatrié dans les pays du Golfe, qui peut réellement le situer sur une carte touristique internationale ? C’est tout petit, Bahreïn. Un archipel qui compte au total 33 îles naturelles, dont la principale, celle de Bahreïn précisément. Situé sur la côte ouest du Golfe, ce royaume en minuscule est relié à l’Arabie Saoudite par la chaussée du roi Fahd, un ensemble de ponts et de digues de 25 km. En 2010, la population était estimée à 1 234 571 personnes, dont 660 000 expatriés.
Grand prix d’interprétation
C’est en 2004 que Bahreïn est définitivement sorti de sa discrétion. Comment ? Grâce à la volonté d’un homme, le prince héritier Salman Bin Hamad Al Khalifa, fou de sports mécaniques, qui se mit en tête de construire un circuit automobile d’ampleur internationale dans les environs de Manama, la capitale. Gros succès sur les télévisions du monde entier. Depuis, chaque printemps a lieu le Grand Prix automobile de Bahreïn qui draine toutes les stars de la Formule 1. Mieux : depuis 2014, il se déroule en nocturne grâce à 495 gigantesques pylônes lumineux. Ce qui ajoute encore à la beauté de la course tout en assurant au pays tout entier un vrai coup de communication.
Alors, les touristes, qu’ils soient d’affaires ou simples curieux, commencent à arriver. Ils étaient 11,4 millions en 2017, soit une hausse de 11,8 % par rapport à 2016. Pour ce qui concerne la France, le sheikh Khaled Bin Humood Al Khalifa, directeur de Bahrain Tourism and Exhibition Authority, annonçait dans les colonnes de Stratégos le chiffre de 24 982 visiteurs français entre janvier et septembre 2017, en progression de 4,5 % par rapport à la même période en 2016. Et de poursuivre : “L’archipel confirme sa volonté de se positionner comme la nouvelle destination du Golfe et la France fait partie de nos sept marchés prioritaires. Nous souhaitons encourager les agences de voyages et les tours opérateurs français à visiter Bahreïn et à découvrir notre riche patrimoine historique et culturel tel que Qal’at al Bahrain, un des sites classés au patrimoine de l’UNESCO, mais aussi les maisons traditionnelles de Muharraq et la route de la perle.”
Car perles il y a ! C’est même cette pêche très particulière, fabuleuse mais harassante et quelquefois mortelle, qui était l’une des principales sources de revenus du pays avant la découverte du pétrole en octobre 1931. On en suit le déroulement au premier étage du musée national de Bahreïn à travers des photos, objets et maquettes de bateaux, mais aussi des mises en scène qui peuvent surprendre les puristes, mais qui ont en tout cas le mérite d’être explicites. Idem pour les scènes de vie quotidienne traditionnelle où l’on montre, dans un décor reconstitué, mannequins et objets dans leurs différents intérieurs : potiers, tisserands, négociants d’encens, forgerons… C’est peut-être un peu basique, mais au moins ça parle.
Histoire antique
Ailleurs, au rez-de-chaussée notamment, quelques belles pièces témoignent de l’histoire antique du pays, lorsqu’il s’appelait Dilmun, avant la conquête musulmane du VIIe siècle. Pour le reste de son histoire – Ottomans, Portugais et Perses se sont succédé à la tête du pays avant la dynastie des al-Khalifa, toujours sur le trône –, on se servira d’un son et lumière donné dans les ruines du fort Qal’at Al Bahrain. De très beaux murs classés au patrimoine mondial à apprécier le soir au coucher du soleil, ou mieux, lors d’un dîner de gala donné sur une esplanade dominant l’ensemble. Magique !
On le voit, la destination est avant tout culturelle, y compris dans ses manifestations contemporaines. Car étonnamment, l’art plastique urbain des XXe et XXIe siècles, peinture et sculpture notamment, est partout présent : dans les galeries, dans les rues, mais aussi dans les hôtels et les restaurants qui exposent presque tous de l’excellente peinture. Pour autant, les agences incentive et tour opérateurs n’oublient pas les plaisirs hédonistes : surf, kitesurf, planche à voile, canoë, plongée sous-marine, exploration d’épaves, initiation à la pêche aux huîtres. Il n’est pas rare que certains chanceux en récoltent avec perle. Ce qui, assurément, marquera leur voyage à tout jamais.
Privatiser un lieu
Buzaboon House
Une rue populaire ordinaire, l’Orient dans sa vérité avec, pêle-mêle, ses marchands de fruits et légumes, ses boulangers à l’ouvrage et ses barbiers, ses épiceries et ses quincailliers… Et puis, une lourde porte en teck semblable à toutes les anciennes portes du coin, à la différence près que celle-ci est parfaitement restaurée. Passé le lourd chambranle, c’est la stupéfaction. Car rien n’est oriental ici, si ce n’est la grammaire originelle du bâtiment. Au contraire, le jeu des designers s’est fait sur une opposition entre la matière brute des anciens murs chaulés et la sophistication d’un mobilier hyper contemporain. En fait, la Buzaboon House est un ancien souk totalement réinterprété. Les anciennes boutiques placées côte à côte sont du coup devenues de charmantes et minuscules salles à manger, chacune animée par une toile contemporaine ; ce qui fut probablement une rue a été transformé en un large patio. Sous les arcades abritant autrefois du soleil s’alignent, de chaque côté et dans un agencement parfait, des tables design à quatre places. Le tour de force est là. Un bijou privatisable pour événements d’exception jusqu’à 120 personnes en cocktail.
Shaikh Ebrahim Cultural Center. Heritage House. Muharraq. Ezmiralda Cabbani.
Tél. : + 973 39 40 23 02 et +973 17 32 25 49 • Email : ez.center@hotmail.com
Internet : www.shaikhebrahimcenter.org
Découvrir l’âme du pays
Quartier de Muharraq et musée
L’âme du vieux Bahreïn, c’est du côté de Muharraq qu’il faut la chercher, là où battait le cœur de l’île lorsqu’elle tirait sa fortune de la perle. Aujourd’hui reliée par un pont à sa sœur jumelle Manama, Muharraq fut la capitale du pays jusqu’en 1923. Elle en garde de beaux restes, notamment à travers ses palais et vieux murs, ceux des maisons des arts, du souvenir, de l’architecture et, aussi, du très actif centre culturel Shaikh Ebrahim bin Mohammed al Khalifa. Soigneusement restaurés, jamais trahis par une reconstitution improbable, ils sont mis en valeur par un design résolument contemporain. Sauf, peut-être, la maison de Sheikh Isa Bin Ali, ex résidence et siège du gouvernement du sheikh dont elle porte le nom, et qui, pour sa part, est restée dans son jus ; étonnante de simplicité dans ses lignes et remarquable de sophistication dans sa conception. Pas de couleurs ; qu’une déclinaison de cannelle, des cours sablées de coquillages, des pièces parfaitement ventilées, une tour à vent ancêtre de la climatisation… Un aperçu de la vie au XIXe siècle que l’on comprendra mieux en parcourant les ruelles chaulées de la vieille cité. Réhabilitée, certes, mais toujours habitée. Ce qui présente l’avantage de ne point la laisser envahir par les sempiternelles boutiques à souvenirs.
Se réunir à l’hôtel
Gulf Hotel Bahrain
Il y a bien un palais des expositions à Manama, mais il n’y a pas de centre de convention à proprement parler. Alors, en plein cœur de la capitale, c’est le Gulf Hotel Bahrain – entre autres – qui en fait office. Avec, en prime, tous les services proposés par l’hôtellerie internationale de luxe, notamment lorsqu’elle incline au resort urbain : des jardins tropicaux verdoyants, une fabuleuse piscine de style lagon, le plus grand spa de Bahreïn… Les 361 chambres ont toutes été rénovées en 2014 dans des tons miel ou grèges, leur donnant une atmosphère ultra relaxante. Restent les restaurants. Ah, les restaurants ! Il y en a pas moins de 10, multi-récompensés, et qui proposent tous de très chics décors inspirés de la culture qu’ils représentent. Iranienne, thaïlandaise, chinoise, japonaise, italienne…
Côté business, le Gulf Hotel n’est pas en reste en proposant une Gulf Executive Residence de 97 appartements sur 14 étages. Pour les conventions et événements, l’hôtel joue là aussi sur les superlatifs en offrant sous ses ors une surface d’accueil de 4 780 m². Les séminaires, salons et dîners de gala auront la préférence de l’Al Dana Hall qui peut accueillir pas moins de 3 000 personnes en cocktail. Cinq salles de sous-commission, un hall d’exposition pouvant recevoir jusqu’à 75 stands et une esplanade surplombant la piscine qui peut être utilisée le soir, lorsque l’air n’est pas trop chaud, comme lieu de réception.
P.O. Box 580, Manama • Tél. : + 973 1771 3000 • Email : info@gulfhotelbahrain.com
Internet : www.gulfhotelbahrain.com
Hôtels
Novotel Bahrain al Dana Resort
Est-ce dû à son architecture qu’on jurerait méditerranéenne avant de comprendre qu’elle est en fait radicalement inspirée de la façon bahreïni ? Ou alors est-on influencé par la présence d’une plage, ce qui au fond n’est pas si courant à Bahreïn ? À moins que ce ne soit dû à la centralité de la gigantesque piscine paysagée ? Toujours est-il que le Novotel Bahrain, situé à l’entrée du pont reliant Manama et Muharraq, s’offre clairement des vacances 365 jours par an. Et c’est loin d’être désagréable, que ce soit dans ses deux restaurants, ses deux bars, ou d’ailleurs dans n’importe lequel de ses espaces publics. 166 chambres. Sept salles de réunions, dont quatre avec lumière naturelle, toutes parfaitement équipées et pouvant accueillir de 15 à 100 personnes.
121, Sheikh Hamad Causeway. P.O. Box 11 073. Manama • Tél. : +973 17 29 8008 Email : h3600@accor.com • Internet : novotel.com et accorhotels.com
Wyndham Garden Manama
Premier point fort : sa situation, à 10 minutes de l’aéroport et tout près des zones commerciales de Juffair et de la Grande Mosquée. Deuxième bon point : l’efficacité du lieu, ni trop grand, ni trop petit ; juste ce qu’il faut pour ne pas effrayer par une démesure somme toute assez commune dans les pays du Golfe. Troisième atout : la vue sur la ville depuis les chambres, dont tout un mur est avantageusement remplacé par une baie vitrée. Et, fin du fin, la plupart d’entre elles disposent d’un balcon ouvert sur la ville, évitant ainsi le sentiment d’enfermement généré par des baies hermétiquement closes. Le Wyndham Garden, très bien équipé en matière de salles de réunions, autorise les séminaires, team building, événements et cocktail pour des groupes allant de 60 personnes en conférence à 100 personnes en théâtre. 441 chambres et suites, étage Executive, piscine, spa et fitness.
Building 65, road 4003, Block 340, Juffair.
P.O.Box 13 220. Manama • Tél. : +973 6631 6666 •Email : info@wyndhamgardenmanama.com • Internet : wyndhamgardenmanama.com
Sofitel Bahrain Zallaq Thalassa sea & spa
L’arrivée en voiture est grandiose. Et puis, passé les hautes portes, l’ambiance se fait tout autre, chic décontractée. Partout, ce ne sont que lanternes orientalisantes, balconnets en bois brun et esquisses de moucharabieh. Les 290 chambres sont au diapason, c’est-à-dire d’une élégante simplicité, certaines possédant des mega terrasses, idéales pour un cocktail de prestige. 11 restaurants, bars et lounges et un centre de thalassothérapie de 2 000 m2.
105 Zallaq Highway, Building 2015, Block 1 055 Zallaq Area • Tél. : +973 17 63 63 63
Email : H6722@sofitel.com • Internet : www.sofitel.com
Le must
Le circuit international de Bahreïn
Avant lui, rares étaient ceux qui pouvaient placer la petite île sur la carte du monde. Ce fut chose faite lorsque le 04/04/04 eut lieu le premier grand prix de Formule 1 organisé dans la région. Chaleur du désert oblige, depuis 2014, le Grand Prix Gulf Air a lieu de nuit, ce qui ajoute encore au spectacle. Le reste du temps, le circuit, inspiré de l’architecture vernaculaire, propose un ensemble d’activités destinées, entre autres, au tourisme d’affaires : visites des infrastructures, promenade en bus sur la piste, circuit de karting où les groupes peuvent s’adonner à des compétitions. On peut même privatiser la piste.
Découvertes
Dans les champs de pétrole
Au départ, le but de la promenade, c’était un arbre… Une sorte d’acacia, le prosopis cineraria, tout seul dans un désert tout plat, et qui a planté là ses racines à l’époque des Portugais. Il fait l’objet d’un véritable culte de la part des Bahreïnis. Hélas, le vénérable végétal se fera voler la vedette, car, pour l’atteindre, à environ une heure de route de Manama, il faut traverser des… champs de pétrole. Ça n’a l’air de rien dit comme cela, mais cette version exotique du tourisme industriel est proprement sidérante. Et le sera bientôt encore un peu plus, puisque Bahreïn vient d’annoncer la découverte d’un gisement renfermant 80 milliards de barils… Partout, des pompes d’acier au profil d’oiseaux picorent le sol comme autant d’échassiers jamais rassasiés, tandis que des torchères font un potin d’enfer en lançant haut dans le ciel leurs gigantesques flammes. C’est à la fois dantesque et prometteur de fortunes, inquiétant et fabuleux. C’est beau, tout simplement. Au bout du chemin, un petit musée raconte l’histoire du premier puits de pétrole, le tout premier dans le Golfe, qui fut creusé ici. Et enfin c’est l’arbre, royalement perché sur un tumulus. Les Bahreïnis l’ont surnommé “l’arbre de vie”. C’est tellement vrai que c’est le seul endroit dans le coin où gazouillent les oiseaux.
Block 338 : le quartier arty
Bien sûr, il y a bien quelques jeunes filles en abaya noire et des garçons en dishdasha immaculées. Mais, à leurs pieds, ils portent tous les derniers Nike ou Puma et s’aventurent, lorsqu’ils s’aiment, à marcher main dans la main. Le quartier, communément appelé Block 338, est à leur image ; jeune, joyeux et tourné vers l’avenir. Une architecture sans ambages, un design parfait, des galeries – Al Riwaq ou Al Bareh – renommées, des installations contemporaines de jeunes artistes bahreïnis dans les rues piétonnes, des murs peints, des cafés, des restaurants et des rooftops – privatisables – très courus. On l’aura compris, ce block 338, qui existe depuis une dizaine d’années, draine toute la branchitude de la ville.
S’Y RENDRE
Gulf Air relie quotidiennement Paris CDG à Manama, capitale de Bahreïn, en six heures environ. Vol de jour très confortable au départ de Paris et retour de nuit au départ de Manama, avec un décollage à 1h30 du matin. Les passagers de la classe business Falcon Gold profitent de fauteuils s’allongeant à 180 °, très reposants donc, tandis que la classe économique offre un plus grand confort sur les nouveaux appareils. En 2018, Gulf Air recevra cinq Boeing B787-9 Dreamliner et deux Airbus A320 Neo.
SE RENSEIGNER
Office de tourisme de Bahreïn à Paris
Tél. : 01 53 25 03 55 • Email : bahrein@interfacetourism.com • Internet : www.btea.bh
Agence réceptive Mice : Mathias Tourism
Email : mice@mathiastours.com • Internet : www.mathiastourism.com



























