
À qui s’adresse votre nouvelle classe Premium Voyageur ?
Bruno Matheu – À l’origine, notre objectif était de faire monter en gamme les voyageurs de la classe économique souhaitant plus de confort, mais qui ne pouvaient pas payer le prix de la classe affaires. Ces clients sont des passagers loisirs mais aussi, dans notre esprit, des passagers affaires, notamment de PME-PMI.
Pourquoi ?
B. M. – Parce que pour ces entreprises, cela signifie qu’il n’est plus nécessaire d’avoir un contrat avec Air France pour bénéficier de très bons prix. L’offre Premium Voyageur est positionnée d’entrée avec des prix publics tirés au plus bas. Les tarifs sont nettement plus proches de la classe éco que de la classe affaires. Par exemple, cela démarre à 1038 euros pour un aller-retour New York.
Quels sont les avantages par rapport à la classe éco ?
B. M. – Du confort, plutôt que du service. Bien sûr, il y a l’enregistrement, l’embarquement et la livraison des bagages prioritaires, mais globalement, le service à bord est comparable à celui de la classe économique. Le confort, en revanche, est nettement supérieur : huit sièges de front au lieu de dix sur les B777, avec des sièges coques garantissant une véritable intimité. C’est un positionnement différent de celui que l’on trouve sur les Caraïbes et l’océan Indien avec la classe Alizé qui offre plus de services, mais avec un confort inférieur à celui de la Premium Voyageur.
Comment s’opère la reconfiguration des cabines ?
B. M. – Compte tenu de la baisse du trafic affaires, nous avons envisagé la possibilité d’installer Premium Voyageur en prenant de l’espace sur la cabine affaires. Mais cela aurait retardé la mise en place de cette nouvelle classe. Or, nous pensons qu’elle peut être une véritable arme anticrise. Nous avons choisi de privilégier la mise en oeuvre la plus rapide en prenant de l’espace sur la classe économique.
Et l’avenir…
B. M. – À terme, va se poser la question de rétablir l’équilibre entre les classes. On peut imaginer qu’un certain nombre de clients business glisseront vers Premium Voyageur par mesure d’économie. C’est un risque, mais c’est également l’un des objectifs assignés à ce nouveau produit : faire en sorte que les clients qui quittent la classe affaires ne glissent pas vers l’arrière de l’appareil.
Et pour retenir les passagers qui souhaiteraient rester en classe affaires ?
B. M. – Il y a deux volets. Le premier concerne les entreprises sous contrat, avec lesquelles nous essayons d’être des plus réactifs, en proposant une gamme élargie de tarifs. Le second consiste à reprendre des parts sur le segment des PME-PMI. Cela passe par des prix publics plus tirés, et aussi par de nouveaux programmes : packages, fidélisation…
Tous les prix ont donc été revus à la baisse ?
B. M. – Disons plutôt que nous avons étendu notre offre avec une volonté délibérée de proposer des prix publics plus accessibles. Si je prends l’exemple d’un Paris- Pékin, lorsque vous regardez sept jours avant le voyage, vous pouvez aujourd’hui trouver un billet en classe affaires aux alentours de 3500 euros là où, il y a quelques mois, il n’y avait rien à moins de 6000 euros.
Bio Express
Bruno Matheu a 46 ans et est diplômé de l’École centrale.
1986-1992 UTA.
1992 Air France.
1995 Directeur du programme.
1997 Directeur de l’optimisation du réseau.
1998 Directeur général adjoint du réseau.
2002 Directeur général adjoint marketing et réseau.
2004 Membre du comité de management stratégique d’Air France-KLM.
2007 Directeur général adjoint Air France-KLM en charge du marketing, revenue management et programme.




















