Le Canada veut son TGV Alto sur Québec-Montréal-Toronto

Le gouvernement canadien vient d'annoncer l'inauguration, d'ici une dizaine d'années, d'une première ligne à grande vitesse de 1000 km reliant les principales villes de l'Est du Canada. Plusieurs groupes français, dont SNCF Voyageurs et Keolis, sont associés au projet.
Le Canada entend inaugurer d'ici une dizaine d'années une ligne à grande vitesse entre Québec, Montréal et Toronto, avec SNCF Voyageurs parmi les partenaires du projet.
Le Canada entend inaugurer d'ici une dizaine d'années une ligne à grande vitesse entre Québec, Montréal et Toronto, avec SNCF Voyageurs parmi les partenaires du projet.

Alors que Donald Trump a des velléités de torpiller la construction du TGV californien entre San Francisco, Los Angeles et Las Vegas, le Canada vient d’annoncer la construction de sa première ligne ferroviaire à grande vitesse, baptisée TGV Alto, entre Québec, Montréal et Toronto. « Cette ligne sera le plus projet d’infrastructure au Canada« , s’est félicité le premier ministre canadien Justin Trudeau. Le projet est porté par le consortium Cadence qui réunit la Caisse de dépôt et placement du Québec, AtkinsRéalis, la compagnie aérienne Air Canada ainsi que les entreprises françaises Keolis, SNCF Voyageurs et Systra. « Cette reconnaissance témoigne de notre expertise et de notre engagement à offrir des services ferroviaires à haute vitesse pour l’ensemble de la population canadienne. Nous avons hâte de concevoir une nouvelle expérience de transport qui répondra aux besoins des voyageurs en matière de mobilité durable et efficace« , s’est félicité Alain Krakovitch, le directeur TGV-Intercités de SNCF Voyageurs.

Un projet à l’horizon 2035

Les études de développement, d’une durée de 4 à 5 ans et d’un montant de 2,63 Md€, seront lancées prochainement. Tandis que le coût total de la construction de la ligne électrifiée longue d’un millier de kilomètres et l’achat des rames circulant à plus de 300 km/h étant estimé à 100 milliards de dollars canadiens s’élèvera à 67,5 Md€. La phase d’étude par Cadence prévoit « la conception, la consultation des peuples autochtones, l’acquisition de terrains et les évaluations de l’impact sur l’environnement qu’il faut mener avant de pouvoir amorcer des travaux de construction« , assure dans un communiqué le cabinet de Justin Trudeau.

La phase de construction pourrait elle prendre au moins cinq années supplémentaires. Pour les rames, le constructeur Alstom est évidemment bien placé, d’autant que le groupe français a racheté son concurrent canadien Bombardier. Et que, depuis cette opération de consolidation, la Caisse de dépôt et placement du Québec est devenu son premier actionnaire à hauteur de 17%.

Un voyage en 4h30 entre Québec et Toronto

Avec le TGV Alto, le Canada entend rattraper son retard en matière de transport ferroviaire de passagers, le pays ayant toujours privilégié l’aérien en raison de sa taille gigantesque. Les réductions de temps de parcours sont jugées très importantes, ceux-ci étant par exemple actuellement de 3h30 entre Québec et Montréal, et de 5h de Montréal à Toronto. A l’inauguration du TGV Alto, ces deux tronçons s’effectueront respectivement en 1h30 et 3h, soit 4h30 environ pour parcourir l’ensemble de la ligne entre Québec et Toronto.

Les trains à grande vitesse marqueront d’autres arrêts sur cet axe, à Trois-Rivières et Laval, à Ottawa, la capitale, et à Peterborough. Les prévisions de trafic sont de 25 millions de passagers transportés par an, le futur TGV Alto devant traverser un bassin de population de 18 millions d’habitants et des Etats pesant 40% du PIB canadien. Selon les sondages locaux, le projet est largement soutenu par les Canadiens et les milieux économiques. Son impact est estimé à +1% sur le PIB canadien dès la mise en service de ligne pour laquelle aucune date n’a toutefois été fixée à ce jour.