
Selon une nouvelle analyse d’AirHelp, l’entreprise qui aide les passagers à obtenir des compensations en cas de perturbation de vol, Paris-CDG figure parmi les aéroports internationaux où le risque de manquer une correspondance est le plus élevé, avec un score de 4,36 sur 10, le plaçant au 15e rang mondial sur 196 aéroports analysés. L’aéroport de Beauvais-Tillé apparaît quant à lui en 18e position, avec un score de 4,44, tandis que Paris Orly se situe en 63e position, avec un score de 5,59 sur 10.
Le temps de connexion recommandé à CDG est de 60 minutes pour les vols domestiques et de 90 minutes pour les vols internationaux. Les données recueillies par AirHelp suggèrent toutefois que ces marges se révèlent insuffisantes dans la pratique, notamment lors des périodes de haute saison. Ce constat vaut également pour les aéroports de Beauvais-Tillé et d’Orly, dont les temps de connexion recommandés (entre 35 et 40 minutes pour les vols domestiques, et jusqu’à 90 minutes pour les internationaux) semblent eux aussi insuffisants en période de forte affluence.
Néanmoins, on peut mettre en doute le résultat de Beauvais, la plateforme traitant dans sa très grande majorité du trafic de point-à-point.
L’étude d’AirHelp identifie les grands aéroports internationaux comme de potentiels « trous noirs logistiques », particulièrement lorsqu’ils concentrent un volume élevé de passagers, plusieurs terminaux, des contrôles supplémentaires ou un transfert international intense. En ne prenant en compte que des aéroports européens, d’autres grands hubs alignent de médiocres performances sur le segment des correspondances.
C’est le cas d’Amsterdam-Schiphol, en 16e position dans ce classement avec un score de 4,38 sur 10, de Madrid-Barajas (10e, 4,23/10), de Munich (14e, 4,33/10). Pires que Paris, on relève Lisbonne (26e, 4,64/10) et Londres-Heathrow (28e, 4,69/10), de parfaits candidats pour ceux qui veulent rater leur correspondance. Parmi les grands aéroports, Francfort est l’un des rares à assurer une correspondance réussie, la plateforme se classant 3ème avec un score de 4,05/10.
Face aux grands hubs internationaux, l’étude révèle que les aéroports régionaux français font montre de plus d’efficacité. C’est le cas d’aéroports comme Toulouse-Blagnac (8,28/10), Bordeaux-Mérignac (8,05/10), l’EuroAirport Bâle-Mulhouse (7,92/10), Nantes-Atlantique (7,69/10) ou encore Nice-Côte d’Azur (7,28/10). Tandis que Marseille avec un score de 6,74/10 et Lyon Saint-Exupéry (6,10/10) se situent dans la moyenne. Néanmoins, les aéroports régionaux français prouvent que le temps théorique de correspondance n’est pas le seul facteur déterminant. La taille de l’aéroport, la distance entre les portes d’embarquement, la fluidité des contrôles et la saturation saisonnière jouent également un rôle essentiel.
Pour réaliser cette étude, 196 aéroports internationaux ont été analysés. Les critères de classement des aéroports s’appuient sur la moins bonne gestion des correspondances et, par conséquent, sur les aéroports qui enregistrent le plus de vols de correspondance manqués. La colonne « Rang connexions totales » indique la position des aéroports en fonction du nombre total de correspondances proposées à leurs passagers, Paris Charles de Gaulle étant ainsi le troisième aéroport mondial en termes de volume de connexions offertes.
Quels conseils pour voyager sereinement avec des correspondances ?
Dans ce contexte, AirHelp recommande de privilégier la sécurité opérationnelle plutôt que l’apparente rapidité. Éviter les correspondances trop courtes dans les grands aéroports, prévoir une marge supplémentaire en haute saison ou privilégier des connexions plus larges, même si le trajet total est plus long, peuvent être des décisions clés pour que le voyageur ne rate pas sa correspondance. De plus, consulter la ponctualité historique de l’aéroport et de la compagnie aérienne avec laquelle on voyage peut servir d’indicateur utile pour préparer un voyage avec le moins de mauvaises surprises possible.
« Beaucoup de passagers supposent que si une correspondance apparaît disponible dans le système de réservation, elle sera facile à effectuer, mais la réalité opérationnelle montre que ce n’est pas toujours le cas, notamment dans les grands aéroports », rappelle Eric Napoli, responsable juridique chez AirHelp, qui rappelle également que les passagers sont protégés en cas de correspondance manquée

















