Sans certificat, les voyageurs français démunis face aux exigences sanitaires

De nombreuses destinations imposent des règles strictes pour entrer dans le pays. Outre une possible quarantaine pour les voyageurs arrivant de pays "à risque" – ce qui de fait constitue une bonne dissuasion – certains pays exigent aussi un certificat de non contamination. Or aucune mesure n’est pour l’instant prise en France pour aider les voyageurs confrontés à cette demande…

Santé
Centre de crise du ministère des Solidarités et de la Santé

En Europe, la mesure concerne essentiellement les Italiens ou les voyageurs en provenance d’Italie, pour l’instant. L’Autriche, la Géorgie, Moscou ou encore la Thaïlande par exemple exigent désormais un certificat de non contamination pour les Italiens. Alors que le nombre de cas progresse dans d’autres pays d’Europe, dont la France – sans atteindre cependant le nombre de décès constatés en Italie – il est probable que les voyageurs français soient bientôt forcés de présenter également un tel certificat. Sauf qu’il n’existe pas de tel document en France pour le moment…

Selon les professionnels répondant aux questions sur le coronavirus au numéro vert mis en place par le Ministère de la Santé (0 800 130 000), il n’existe pas de possibilité d’obtenir une ordonnance pour un test en hôpital ou en laboratoires. « Seuls les patients qui montrent des symptômes d’une infection passeront le test » explique un médecin.

Une mesure inutile

Explication confirmée par le service de presse du Ministère de la Santé. « Une telle mesure est inutile puisque le certificat est effectué à un point précis dans le temps et il ne reflétera donc pas l’état de santé exacte de la personne examinée, qui pourrait avoir attrapé le virus entre temps », indique un porte-parole du service de presse de la Direction Générale de la Santé au ministère.

Certes, mais que faire face à l’exigence – légitime ou non – de certains pays ? « Il est possible que cette mesure soit prochainement adoptée » répond-on, laconique, au numéro vert. Egalement interrogé, le service de communication du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères reconnait qu’il existe effectivement une carence. Un véritable casse-tête pour les voyageurs qui pourraient ainsi se voir refouler aux frontières.

Si le gouvernement français a bien indiqué qu’il était possible de recevoir une ordonnance de son médecin en cas de symptômes, dans les faits, on reste bien loin de cette possibilité, beaucoup de laboratoires n’ayant toujours pas reçu les tests…