
« Pas de “petits voyages” pour moi. Pas de grands non plus. Je ne fais aucune différence entre les deux. Du coup, que ce soit l’Australie, la Chine ou l’Égypte… cela fonctionne un peu comme Saint-Martin, à l’île de Ré. Je ne cite pas l’île de Ré au hasard : je m’y suis beaucoup rendu ces temps derniers… Sur les traces de Vauban, en soutenant le Réseau Vauban pour son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Je ne me suis pas seulement engagé pour les anciennes fortifications, mais aussi pour l’homme, un type vraiment étonnant, un vrai et grand voyageur. Qui avait son bureau dans sa diligence…
Un voyage raté, c’est précisément lorsque les vieilles pierres et leur attrait touristique dépassent la population qui y vit ; quand le tourisme délocalise les gens de leur propre territoire. À Venise ou en Égypte, par exemple, les gens ont fini par détester tous ces visiteurs qui ne viennent pas pour eux. Là, la démocratisation est attristante. J’ai personnellement besoin qu’il y ait une adéquation entre le lieu, les monuments, l’ambiance… et la population. C’est sans doute pour cela que dans les grandes villes, j’adore faire du jogging. Courir, c’est génial, cela met en contact avec les autres.
Tous les voyages m’enchantent. Le départ, les arrivées, tout… Le voyage c’est un jeu de contrastes ! Il suffit d’être parti pour avoir envie de revenir, ne serait-ce que pour mesurer l’ampleur du déplacement ! J’ai la bougeotte ! En fait, j’ai besoin d’être en perpétuel déséquilibre ; et le voyage est un vrai déséquilibre. C’est parfois flippant, c’est vrai. Mais j’aime côtoyer mon propre vide !
J’aime aussi cette espèce de langueur, ce sentiment d’ennui que l’on ressent lors d’un voyage en voiture. Cette hypnose qui s’impose. Pour moi, le voyage, ça n’est pas forcément aller le plus vite possible d’un point à un autre… La voiture me plaît parce que, tel l’escargot, j’apprécie de partir en compagnie de ma maison ! En même temps, j’ai toujours ce fantasme imbécile de vouloir n’emporter qu’une carte de crédit pour tout bagage… Un jour je l’ai fait : un peignoir, une trousse de toilette et un tout petit sac pour une semaine au Sinaï ; un voyage merveilleux !
J’ai vécu d’autres expériences depuis, comme celle d’associer voyage et tournage… C’était au Japon, pour terminer quelques scènes du film d’Assayas, Demon Lover. Je suis arrivé à Tokyo en plein décalage horaire. Une voiture m’attendait à l’aéroport ; j’ai juste eu le temps de déposer mes affaires à l’hôtel, et j’ai aussitôt été conduit sur les lieux du tournage. C’était une limousine qui sillonnait Tokyo… ça n’a plus arrêté pendant dix jours ! Nous étions surchargés de travail, nous tournions tout le temps… et en même temps nous visitions la ville. Quand j’ai remis les pieds en France, j’avais l’impression de ne plus réussir à dissocier le voyage de la fiction… »
Sept dates
1958 Naissance à Saint- Mandé le 30 avril.
1973 Avec la troupe de mon lycée, je monte pour la première fois sur les planches.
Années 80 Après une formation à l’Insas (Institut national supérieur des arts de la scène), à Bruxelles, je me lance dans le théâtre.
1982 Je joue dans mon premier film, Meurtres à domicile de Marc Lobet.
1995 Avec Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet, un beau second rôle m’est offert.
1996 Le film Ridicule de Patrice Leconte me vaut d’être nommé pour le César du meilleur acteur.
2005 Avec J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le Péron, je m’engage.





















