Le ciel britannique se réorganise face au Covid-19

Les fermetures se multiplient dans les aéroports britanniques, tandis que les compagnies aériennes, en grande difficulté, en appellent à l'aide du gouvernement.

La situation des compagnies britanniques pourrait pousser le gouvernement à intervenir

Après le London City Airport, qui a fermé ses portes la semaine dernière, c’est au tour de Londres Gatwick d’annoncer la fermeture de l’aérogare Nord à partir du 1er avril. Cette aérogare accueillait notamment l’ensemble des vols des compagnies easyJet, Emirates, Qatar Airways et Virgin Atlantic. L’aéroport opère aussi sur une plage horaire réduite, de 14 heures à 22 heures, plage de départ des quelques vols long-courrier encore exploités.

A Londres Heathrow, British Airways n’utilise plus le terminal 3, également exploité par des compagnies long-courrier. Le transporteur britannique préfère concentrer l’ensemble de ses activités au Terminal 5, sa plaque-tournante centrale. A noter que toutes les boutiques sont fermées a l’exception de trois points de vente, incluant un restaurant (vente a emporter), une pharmacie et un relais presse. Tous les salons sont fermés sur tous les aéroports, le gouvernement britannique les considérant comme des espaces de restauration au même titre que bars et restaurants.

Londres Stansted et Londres Luton restent ouverts au public malgré la très forte diminution de vols. A Luton, par exemple, seule la low cost Wizz Air opérera encore des vols après la suspension des vols de la compagnie Easyjet. Soit six fréquences par jour en moyenne…

Tous les regards sont désormais tournés vers le gouvernement britannique pour connaitre sa position sur le sauvetage des compagnies aériennes immatriculées dans le pays ; ce qui comprend British Airways, easyJet, Loganair ou encore Virgin Atlantic. Le PDG de cette dernière, le charismatique Richard Branson, a publiquement évoqué un plan de sauvetage de 7,5 milliards de livres sterling. Quant au gouvernement de Boris Johnson, ses déclarations ont semé la confusion dans le secteur aérien. Le gouvernement souhaiterait que les actionnaires privés des compagnies mettent d’abord la main au portefeuille. En cas de défaillance dans un refinancement, il pourrait venir à la rescousse, avec la possibilité d’entrer dans le capital des transporteurs qu’il renflouerait avec les deniers publics. On s’acheminerait potentiellement vers une nationalisation partielle, après la renationalisation effective des services ferroviaires britanniques avec la crise du COVID-19.

Cette renationalisation donnerait même de nouveaux espoirs à Flybe, en administration judiciaire depuis sa liquidation début mars. Les syndicats demandent désormais que le transporteur régional entre également dans le domaine public, Flybe ayant été pour beaucoup de villes britanniques le seul lien de transport efficace et rapide.