Centres d’affaires - Coworking : une nouvelle grammaire business

Rencontre avec Audrey Barbier-Litvak, directrice générale Europe du Sud de WeWork

Espace design et esprit communautaire, offre à destination des grandes entreprises, développement en France et dans le monde : Audrey Barbier-Litvak, directrice générale Europe du Sud de WeWork, décrit ce qui fait la force du géant mondial du coworking.

Audrey Barbier-Litvak

Un besoin de lieux où les gens font partie d’une communauté

De quelle manière, à travers vos espaces de travail, encouragez-vous un nouveau mode de vie ?

Audrey Barbier-Litvak – Notre mission, au sein de WeWork, est de créer un monde où les gens travaillent pour vivre leur vie, pas seulement pour la gagner. Nous fournissons l’espace, les services et les outils qui permettent aux individus d’être plus productifs tout en établissant des liens avec d’autres personnes de différents milieux et secteurs d’activité. À une époque où la solitude grandit en raison d’une déconnexion accrue à travers le numérique, le besoin s’accroît pour des endroits où les gens peuvent se réunir et faire partie d’une communauté. Il est clair que le virage s’est amorcé vers cette nouvelle façon de travailler. Les gens recherchent un environnement plus souple et plus motivant ; les entreprise entendent favoriser le bien-être des employés. Notre communauté compte plus de 400 000 membres dans le monde, qui collaborent quotidiennement et créent des liens significatifs.

Qu’est-ce qui décrit le mieux l’offre de WeWork ? Le design, l’ambiance, le networking ?

A. B.-L. – Je pense que ce sont toutes ces choses – l’espace, la communauté et les services – qui rendent WeWork si spécial et unique. C’est un endroit où les gens peuvent se réunir, parler, discuter de nouvelles idées et innover ensemble. Les gens qui travaillent à la maison, ou même dans des cafés, veulent être dans un lieu où ils peuvent communiquer avec les autres. Nos équipes en charge de la communauté sont la fonction clé de nos espaces. Elles en créent l’atmosphère, veillent à ce que nos membres participent aux activités de networking. Ils sont là pour répondre à leurs besoins, faire qu’ils rencontrent d’autres membres pour développer leurs affaires, mais aussi pour organiser des événements hebdomadaires, que ce soit un déjeuner-débat ou un cours de fitness. Nos membres peuvent participer à n’importe quel événement que nous organisons, n’importe où. Nous créons dans les 425 espaces que nous proposons dans le monde ce sentiment familier du “home away from home”.

Votre dimension mondiale est-elle un atout clé ?

A. B.-L. – L’une de nos meilleures propositions vis à vis de nos membres est cet accès mondial. Nos membres sont en mesure d’accéder à n’importe quel WeWork dans n’importe quelle ville du monde et de travailler à partir de nos sites. Nos entreprises clientes apprécient vraiment l’avantage de pouvoir voyager à l’intérieur de différents WeWorks. Les recherches montrent que 30 % d’entre elles ont des bureaux chez WeWork dans plusieurs villes. Voyager pour le travail devient un processus plus facile, et nous soutenons ce mouvement.

Le coworking devient de plus en plus attractif pour les grandes entreprises et pas seulement pour les start-ups ou les PME. Le constatez-vous ?

A. B.-L. – En fait, nous ne nous considérons pas comme une entreprise de coworking : nous sommes une entreprise communautaire, et c’est cet aspect qui attire les grandes groupes. Elles veulent partager un environnement avec les petites entreprises et les entrepreneurs. Les sociétés de plus de 1 000 employés représentent aujourd’hui 32 % de l’ensemble de nos membres. A Paris, nous constatons une forte demande de la part d’entreprises comme Thales et Carrefour qui nous ont rejoints à l’Avenue de France. À l’échelle internationale, les entreprises membres les plus connues sont Salesforce, BlackRock et Microsoft, et à Londres, par exemple, nous avons dans l’un de nos établissements CitiBank qui utilise l’espace pour son laboratoire d’innovations.

Les sociétés de plus de 1 000 employés représentent aujourd’hui 32 % de l’ensemble de nos membres.

Comment WeWork répond-il à leurs besoins actuels et futurs ?

A. B.-L. – Au cours des dernières années, nous avons constaté que ces grandes entreprises viennent de plus en plus souvent nous voir parce qu’elles sont à la recherche d’un environnement plus dynamique, plus productif et plus inspirant pour leurs employés. Elles pensent davantage au bien-être de leurs employés et veulent s’assurer qu’ils sont motivés au travail et dans un environnement où ils peuvent rencontrer d’autres personnes. Les recherches montrent qu’un tiers de nos membres à Londres, par exemple, disent que d’autres membres leur ont donné des idées sur la façon d’améliorer leurs entreprises.

Que proposez-vous à tous ces grands groupes ?

A. B.-L. – Bien qu’il y ait de nombreux cas d’entreprises qui prennent des bureaux privés chez nous dans le monde entier, en raison de la demande, nous avons introduit de nouveaux secteurs d’activité pour les accueillir, tels que Powered by We et headquarters by WeWork. En ce qui concerne Powered by We, c’est une offre globale d’espaces de travail collaboratifs où nous travaillons en étroite collaboration avec les entreprises pour leur offrir le meilleur environnement de travail qui soit, celui qui leur convient. Nous apportons aux espaces de l’entreprise les éléments clés d’un environnement WeWork, c’est à dire la technologie, la flexibilité et la communauté. Nous estimons qu’en tirant parti de ces trois éléments, nous pouvons créer l’expérience de travail la plus agréable et la plus efficace. Headquarters by WeWork, est une offre similaire à Powered by We sauf que nous allons dans des espaces qui ne sont pas forcément loués par WeWork. Ces offres personnalisées sont incroyablement attrayantes pour les grandes entreprises qui sont venues chez WeWork à la recherche d’un lieu de travail plus convivial pour leurs employés, comme UBS notamment.

La France est-elle un marché clé pour WeWork en Europe ? Combien d’espaces prévoyez-vous d’avoir à Paris et peut-être dans les principales villes régionales comme Lyon, Lille ou Bordeaux ?

A. B.-L. – Nous avons ouvert notre premier espace à Paris, rue la Fayette, en 2017, avec plus de 2 000 membres et nous avons maintenant quatre autres WeWork dans la ville, avec une communauté en plein essor, de plus de 8 000 membres. Lorsque nous nous sommes lancés en France, nous avons reconnu ce pays comme un marché clé pour nous, et ce pour de nombreuses raisons : les opportunités d’affaires, les transactions commerciales, son vivier créatif d’entrepreneurs dans divers secteurs comme la mode, la technologie et le design, l’accessibilité. Presque deux ans plus tard, nous sommes toujours convaincus que ce marché est incroyablement important non seulement pour WeWork, mais aussi pour nos membres. Nous constatons que la demande pour cette nouvelle façon de travailler augmente, et nous espérons étendre notre présence à Paris, et en France dans son ensemble.

Comment voyez-vous votre entreprise dans 5 à 10 ans ? Combien de WeWork prévoyez-vous d’avoir dans le monde ?

A. B.-L. – Pour moi, je suis certain que notre présence en France et dans le reste de l’Europe du Sud va continuer à se développer. Nous sommes actuellement dans des villes comme Paris, Madrid et Barcelone, et nous avons annoncé de nouvelles villes comme Milan et Bruxelles. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux marchés et d’emplacements intéressants. Nous avons récemment annoncé notre expansion en Afrique où nous ouvrirons notre première implantation en Afrique du Sud cette année. Nos priorités sont de continuer à accroître notre présence partout dans le monde afin d’atteindre plus de membres potentiels et de continuer à offrir à nos membres existants les meilleurs programmes et services au plan local. Plus le nombre de nos membres augmentera, plus ils auront l’occasion d’étendre leurs activités en travaillant avec un réseau et une communauté plus vastes. C’est quelque chose que nous savons faire fonctionner : des études montrent que plus de 45 % de nos entreprises membres affirment que WeWork a contribué à accélérer leur croissance.

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