Directeur général France d’Air Canada, président du comité de direction et porte-parole de Star Alliance en France

Après l’intégration de Swiss et de South African Airways en 2006, que représente aujourd’hui Star Alliance ?

François Choquette : De manière brute : 157 pays, 841 aéroports, 16409 vols quotidiens et 19336 partages de codes fin 2006. Sur le plan mondial, nous restons la première alliance en termes de passagers et de destinations, avec une part de marché globale de 26 % qui nous situe au-dessus des deux autres alliances. En France, Star Alliance maintient sa part de marché autour de 15 %.

Vous avez annoncé, en 2006, l’arrivée de Turkish Airlines, Air China et Shanghai Airlines dans l’alliance. Quel est le calendrier prévu pour leur intégration ?

F. C. : Il a été confirmé que tout devait être fini au premier trimestre 2008. Cela devrait se faire facilement pour Turkish Airlines et être plus complexe pour les deux compagnies chinoises : les systèmes sont radicalement différents, notamment pour la distribution, les GDS…

Malgré l’arrivée de ces nouveaux membres, il reste des zones géographiques où Star Alliance n’a pas ou plus de compagnie membre, notamment l’Amérique du Sud, la Russie et l’Inde. Comptez vous combler ces lacunes ?

F. C. : C’est ce que nous appelons des “white spots”… Concernant l’Amérique du Sud, nous regrettons, bien sûr, le départ de Varig, mais cela s’avérait nécessaire vue la tournure des événements. Concernant la Russie et l’Inde, nous continuons, bien entendu, à nouer des contacts, mais il n’y a rien de concret pour l’instant. Et cela est d’autant plus difficile que les compagnies locales, courtisées par les trois alliances, deviennent de plus en plus exigeantes.

Revenons au marché français. Où en est le plan de regroupement de l’ensemble des compagnies au terminal 1 de Roissy ?

F. C. : Ce n’est pas quelque chose qui peut se réaliser du jour au lendemain. Le regroupement est déjà bien avancé et ne souffre pour l’heure que trois exceptions : Austrian, Air Canada et Swiss. L’objectif est de regrouper toutes les compagnies en accompagnement de la rénovation du terminal. La France n’est, bien sûr, pas le seul pays où nous développons cette stratégie de “move under one roof”, déjà achevée, entre autres, dans nos hubs de Francfort, Zurich, Tokyo, Bangkok, Vienne… Il est évident que cela permet d’acquérir une certaine autorité vis-à-vis de l’autorité aéroportuaire et de multiplier les synergies sur l’enregistrement, la gestion des bagages, etc.

Précisément, la stratégie des alliances permet-elle aujourd’hui de développer d’autres synergies ?

F. C. : Il y a eu, sur ce point, quelques illusions à la naissance des alliances, notamment concernant les achats d’appareils. Pourtant, on constate que la logique de l’alliance fonctionne quand même pour peser dans la négociation sur quelques secteurs d’achats, comme le catering ou le carburant. Mais là n’est pas l’essentiel : les plus grandes synergies, ce sont encore les réseaux et la fidélisation, et le premier objectif de l’alliance reste de nourrir des routes en passagers afin de les rendre plus rentables.

Bio express

1971 : Naissance à Sherbrooke, Canada.

2000-2002 : Executive MBA à Concordia University, Montréal.

2001-2003 : Responsable de l’analyse des performances des partenariats à Air Canada.

2004 : Directeur d’Air Canada pour la France et les Antilles françaises.

Janvier 2007 : Président du comité de direction et porte-parole de Star Alliance en France.