
« Düsseldorf : une destination dynamique et pas seulement pour les investisseurs”, présentait il y a quelques mois le Bourgmestre de Düsseldorf Thomas Geisel pendant le salon MIPIM à Cannes, la plus grande foire de l’immobilier dans le monde. Le maire pouvait effectivement se montrer dithyrambique sur le pouvoir d’attraction de sa ville auprès des investisseurs immobiliers. D’après la mairie, 65% des investissements dans ce secteur proviennent déjà de l’étranger, une tendance à la hausse…
La septième plus grande ville d’Allemagne avec 615 000 habitants est au cœur de la première conurbation d’Europe, la région Rhin/Ruhr avec ses 11 millions d’habitants. Elle est aussi la capitale régionale du Land le plus peuplé d’Allemagne, la Rhénanie du Nord-Westphalie avec 18 millions d’habitants. Depuis un demi-siècle, Düsseldorf s’affirme comme la capitale allemande de la publicité, de la mode, des cabinets de consultants et du marché de l’art. Elle est également l’une des principales têtes de pont des Japonais en Europe. Et tout récemment, elle est aussi devenue l’une des villes des technologies télécoms, comme le prouve la présence du britannique Vodafone et du Chinois Huawei Technologies.
Ces atouts expliquent en fait la position privilégiée de la ville, l’un des premiers centres de foires et de congrès en Europe. Ses 31 foires en 2016 (derniers chiffres disponibles), ses 3 700 conférences et événements ont attiré 1,6 million de visiteurs. Le nombre de nuitées à Düsseldorf a atteint l’an passé 4,8 millions juste derrière Cologne avec 6,24 millions de nuitées. Les voyageurs français à Düsseldorf ont atteint l’an dernier 77 000 nuitées, faisant de la France le quatrième marché le plus important pour la capitale rhénane.
En dix ans, le nombre de nuitées a ainsi été multiplié par deux. Entre janvier et juin, la capitale de Rhénanie du Nord a enregistré 1,96 millions de nuitées, réduisant son écart avec Cologne (2,17 millions de nuitées). Le taux d’occupation des hôtels a atteint l’an passé 70% : une performance historique pour la ville.
La carte de l’originalité pour les nouveaux hôtels
Le boom touristique se traduit ainsi par un intérêt grandissant des investisseurs dans l’hôtellerie. D’ici 2022, le nombre total de lits va s’accroître de 38%, soit 10 000 unités de plus à travers 25 projets hôteliers. Récemment s’est ouvert le 25hours Hotel Das Tour au cœur du nouveau projet de développement urbain de Düsseldorf, le Quartier Central. Dans un ancien dépôt de marchandises, l’hôtel propose 198 chambres avec une thématique française évoquant le style de vie de l’Hexagone. Le restaurant de l’hôtel, Le Club de Paris offre un clin d’œil à la France en proposant une cuisine et une carte des vins française tandis que le spa au 14e étage s’inspire de l’univers sport et vélo, en hommage au Tour de France. Il devrait être à terme rejoint par un nouvel établissement Holiday Inn de 324 chambres qui intégrera de grandes salles de réunion.
Parmi les projets les plus originaux figurent le Carlofthotel, qui comptera 178 chambres et 34 suites et qui permettra aussi l’accès directement en voiture jusqu’en étage pour 26 ‘CarSuites’. L’hôtel ouvrira ses portes à la fin de l’été 2019.
Parmi les autres projets figurent la rénovation d’une ancienne banque, l’un des premiers gratte-ciels ; qui va devenir un hôtel de luxe, mais dont le nom n’a pas été encore communiqué. Un autre établissement, le Prizeotel doit ouvrir en 2020 avec 220 chambres sur le projet « Grand Central ». Enfin, sur la rive gauche du Rhin, le groupe allemand Lindner prévoit la construction d’un établissement « Me and All », un quatre étoiles avec 250 chambres. Les architectes du nouveau quartier d’affaires Medienhafen prévoient la construction de deux ponts entrecoupés par une île sur pilotis où serait probablement construit un hôtel de grand luxe.
L’aéroport, futur hub du trafic low-cost
Enfin, l’aéroport de Düsseldorf continue de gagner en importance. Près de 25 millions de passagers sont accueillis chaque année sur la plateforme, qui intègre une gare régionale et TGV. La gare propose des liaisons vers une douzaine de villes intercontinentales mais la décision en début d’année d’Eurowings, la filiale de vols point à point de Lufthansa, de transférer l’ensemble de ses lignes long courrier de Cologne à Düsseldorf, va permettre d’intégrer un nouveau hub d’envergure à Düsseldorf.
Si Eurowings propose un produit dit « low cost », son redéploiement à Düsseldorf va lui permettre de se positionner sur un segment affaires. Preuve en est : la compagnie lance une nouvelle classe affaires fin octobre, date de son transfert sur la troisième plate-forme aéroportuaire allemande. D’ailleurs, plus de 10% des passagers à Düsseldorf sont en transit alors que l’aéroport n’est pas considéré comme un hub au sens le plus strict.
L’intégration des vols d’Eurowings sur le long-courrier avec son important réseau européen devrait inévitablement se traduire par une montée en puissance du trafic en correspondance, un segment dont Eurowings tient déjà compte sur son site de réservation. Même si la direction de Lufthansa en France estime que l’arrivée de vols long-courrier sur la plate-forme servira avant tout la population du Land pour ne pas faire d’ombre aux grands hubs Lufthansa de Francfort et Munich. Le passager décidera…

















