
La nouvelle mouture de Germanwings est née en 2013 pour reprendre les lignes point-à-point de Lufthansa – essentiellement en Europe -, à l’époque largement déficitaires. Une structure de coûts allégée, une flotte dédiée d’une soixantaine d’appareils (essentiellement Airbus A319 et A320) basée sur sept aéroports allemands dont les plus importantes bases sont Cologne/Bonn, Düsseldorf, Hambourg, Berlin Tegel et Stuttgart.
Le résultat est positif. En 2015, la filiale du groupe Lufthansa a réussi à atteindre l’équilibre économique sur ses lignes court/moyen-courrier en trafic de point-à-point, après au moins une décennie de pertes.
Après avoir assuré le transfert de l’ensemble des lignes court et moyen courrier – hormis à Francfort et Munich, les deux hubs du groupe – de Lufthansa à Germanwings entre 2013 et le début 2015, l’année passée a vu un nouveau développement d’Eurowings avec le lancement de lignes long-courrier au départ de Cologne/Bonn.
Les Caraïbes, les Etats-Unis, Dubaï et la Thaïlande ont été les premiers pays à être directement reliés par les Airbus A330 d’Eurowings, au nombre de sept au total. Comme sur le réseau court-courrier, les appareils offrent un produit bi-classe : une classe économique de type low-cost (vendus sur deux tarifs BASIC et SMART) et un produit équivalent à la classe Economy Premium sur Lufthansa. Les sièges et la configuration sont de fait les mêmes que sur la classe économique supérieure de la compagnie allemande avec un écartement de 115 cm entre sièges. Au milieu d’année, la direction de Lufthansa indiquait que le réseau long-courrier générait une forte demande et atteindrait également l’équilibre, sans toutefois donner davantage de précisions. L’objectif apparemment réussi est l’abaissement des coûts d’exploitation de 40% par rapport à une exploitation classique sur Lufthansa.
Entre janvier et septembre, Eurowings a ainsi acheminé sur l’ensemble de ses lignes 13,96 millions de passagers : un chiffre en hausse de 8,3% sur l’année précédente avec un taux de remplissage moyen de 80%. Le nombre de passagers sur les lignes long-courrier a atteint pour sa part 417 000 passagers avec un taux de remplissage record de 91,9%. En 2017, le concept long-courrier pourrait ainsi être étendu pour certaines lignes au départ de Berlin Tegel et de Hambourg.
Expérience intéressante pour Air France : l’Allemagne est particulièrement sensible à la qualité de la marque. Après avoir été accueilli avec scepticisme sur certains marchés traditionnels d’affaires comme Düsseldorf ou Hambourg, la marque Germanwings/Eurowings s’est imposée. Selon une étude du cabinet de consultants Rogator qui juge l’impact de la compétition de Ryanair sur le trafic aérien allemand, Germanwings/Eurowings jouit d’une reconnaissance de marque de 86% – contre 96% pour Lufthansa et 79% pour Ryanair. Preuve que la compagnie est totalement acceptée par tous les marchés. D’autant qu’elle permet de combiner avec Lufthansa des avantages importants comme les programmes de fidélisation ou l’accès à un lounge pour le tarif « Best ».
L’aéroport de Francfort vient tout juste d’annoncer que Ryanair devrait commencer des vols au cœur du dispositif Lufthansa en 2017. Ryanair baserait l’an prochain deux appareils et desservirait quatre à cinq destinations dans la péninsule ibérique. Du coup, Eurowings pourrait encore étendre son influence. La direction de Lufthansa a annoncé que la compagnie point à point pourrait faire son entrée à Francfort en 2018 et jouer la complémentarité avec Lufthansa. Comme le souhaite Air France avec sa nouvelle compagnie « Light » à Roissy…
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EUROWINGS EN CHIFFRES
*Salzbourg à partir de janvier 2017, Palma à partir du printemps 2017 |


















