Trust Together : un coup de « Boost » signé Air France sur le long-courrier

La direction d'Air France-KLM a présenté jeudi les détails du plan Trust Together. Parmi les neuf piliers stratégiques, le groupe s'appuiera tout particulièrement sur le lancement d'une nouvelle compagnie qui, sans être officiellement low-cost, doit ramener les lignes déficitaires sur le chemin de la rentabilité.
Photo Florian Guillemin
Jean-Marc Janaillac, Pdg du groupe Air France KLM, entouré de Pieter Elbers (KLM) et Franck Terner Directeur général d’Air France

Les années passent, les plans se succèdent et leurs intitulés évoluent. Mais in fine, le défi du groupe Air France-KLM reste à peu près le même : réduire ses coûts tout en améliorant son produit. Une problématique complexe, voire insoluble diront certains… Comme Alexandre de Juniac avant lui, Jean-Marc Janaillac se lance donc dans cette course à la compétitivité, bien conscient qu’il lui faudra faire preuve d’agilité. En préambule de la conférence de presse organisée le 3 novembre aux Docks d’Aubervilliers, le nouveau patron du groupe a d’ailleurs évoqué un projet “à la fois ambitieux et réaliste. Baptisé “Trust Together”, celui-ci laisse penser à un « avenant » au précédent plan « Perform 2020 », dont les objectifs sont confirmés en matière de compétitivité.

une dizaine d’appareils d’ici 2020

La nouvelle feuille de route s’appuie sur 9 axes stratégiques. Jean-Marc Janaillac, entouré par Pieter Elbers (KLM) et Franck Terner – qui ne manqua pas de confesser “une ancienneté de douze heures à ce poste” de Directeur général d’Air France – les a détaillé un à un. L’activité cargo, la maintenance, l’utilisation optimisée des appareils – Air France devra rattraper sa cousine KLM quant à la durée moyenne d’utilisation d’un avion – figurent parmi les priorités du groupe. Mais c’est bien entendu le projet d’une nouvelle compagnie qui a retenu l’attention des médias internationaux. Le projet, temporairement nommé “Boost”, s’appuiera sur une dizaine d’appareils d’ici 2020. Ceux-ci décolleront depuis l’aéroport de Paris-CDG vers des destinations long-courrier, mais aussi moyen-courrier.

A la différence d’une compagnie comme Norwegian, qui a lancé ses vols entre Paris et les Etats-Unis durant l’été, les dirigeants d’Air France KLM refusent d’emblée de parler de “low-cost long-courrier”. Une étiquette pourtant accolée à la future compagnie avant même qu’elle n’ait été officiellement baptisée. « Lancer une Transavia long-courrier n’aurait pas eu de sens pour faire face à la concurrence des compagnies du Golfe« , résume Jean-Marc Janaillac.

Je sais qu’il était très attendu que l’on créée une compagnie low-cost (…)”, explique Jean-Marc Janaillac. “L’analyse de la situation nous a montré que les lignes les plus déficitaires d’Air France [à hauteur de 35%, contre 15% chez KLM, ndlr], n’étaient pas celles qui se trouvaient en concurrence avec les futures ou actuelles compagnies low-costs touristiques. (…) Là où Air France connaît les plus grandes difficultés, ce sont les lignes qui sont en compétition avec les compagnies du Golfe, (…) qui sont un mélange de voyageurs business et loisirs”. Le réseau de cette nouvelle compagnie ciblera donc les lignes les plus problématiques en termes de rentabilité – M. Janaillac évoquant 10% de liaisons “lourdement déficitaires” chez Air France – tout particulièrement en Asie du Sud-Est. 30% du réseau sera constitué de nouvelles lignes selon la feuille de route présentée ce jeudi.

Une flotte 100% connectée, un laboratoire d’innovation

Sans être low-cost, la nouvelle compagnie misera sur une configuration plus dense, supprimant – c’est logique – la Première et les sièges full access. Les appareils seront néanmoins dotés de sièges entièrement inclinables. Et le confort supérieur à celui des appareils qui ne sont pas encore dotés des nouvelles cabines Best d’Air France. En outre, ce projet “Boost” misera beaucoup sur le digital avec une flotte 100% connectée, et fera office de “laboratoire d’innovation”, préviennent les responsables du groupe.

Ce nouveau plan stratégique doit permettre à Air France KLM d’atteindre une croissance profitable de 2 à 3% sur l’activité long-courrier jusqu’à 2020. A cette date, toujours selon les prévisions affichées par les responsables du groupe, le chiffre d’affaires atteindra 28 milliards d’euros, pour 100 millions de passagers transportés sur une flotte de 435 appareils, hors avions régionaux.