
Pourquoi une nouvelle compagnie dans le Golfe ?
Fabrice Ebner – Le temps où une seule compagnie, Gulf Air, se partageait entre quatre pays et quatre hubs (Bahreïn, Qatar, Abu Dhabi et Mascate) est révolu. Aujourd’hui, l’aérien est devenu l’axe de développement privilégié pour les Émirats, notamment pour Abu Dhabi, qui est la plus grande et la plus riche entité des Émirats Arabes Unis. L’objectif est donc de relier cette capitale en plein boom économique et touristique au reste du monde, et de profiter de notre position de carrefour entre Occident et Orient.
Précisément, quelle répartition envisagez-vous entre connexion et point à point ?
F. E. – À terme, nous souhaitons drainer la moitié de notre clientèle vers Abu Dhabi comme destination finale, l’autre moitié ne faisant que passer par le hub pour rejoindre d’autres destinations. Certes, nous ne sommes pas encore en mesure de réaliser cet objectif car beaucoup d’hôtels sont en développement à Abu Dhabi. Les infrastructures d’accueil ne grandissent pas aussi vite que la compagnie aérienne. Normal, il est plus rapide d’acheter un avion que de construire un hôtel… Mais l’activité de notre tour-opérateur Etihad Holidays nous permet déjà de satisfaire une demande touristique croissante pour l’Émirat.
Deux ans après le vol inaugural, que représente Etihad ?
F. E. – Nous relions déjà Abu Dhabi à une vingtaine de destinations, avec une flotte d’une dizaine d’appareils essentiellement loués. En 2010, nous espérons atteindre 70 destinations dans notre réseau, desservies grâce à notre propre flotte de cinquante appareils, dont quatre Airbus A380. Il s’agit donc d’un développement très rapide : d’ici à la fin 2006, nous devrions ainsi, chaque mois, recevoir un nouvel appareil et ouvrir une nouvelle destination !
Quelles sont les zones de développement envisagées ?
F. E. – Commençons par le principal pour le marché français : l’ouverture de la ligne Paris-Abu Dhabi, prévue pour avril, avec six vols hebdomadaires. Notre développement se fera sur tous les continents, mais nos clients français seront particulièrement intéressés par l’extension de notre en Asie : Manille et Djakarta vont bientôt s’ajouter à Bangkok, Dehli, Bombay, Colombo et Karachi. Nous avons des vues sur trois ou quatre autres destinations en Inde et sur la Chine. Le marché français est aussi concerné par notre offre étendue au Moyen-Orient, où Mascate, Jeddah et Doha compléteront bientôt le réseau existant (Le Caire, Beyrouth, Damas, Amman, Dammam, Riyadh).
Quels seront vos avantages concurrentiels, notamment pour les passagers haute contribution ?
F. E. – Pour les Français désireux de se rendre aux Émirats Arabes Unis, le premier avantage est simple : nous serons la seule compagnie à relier, sans escale, Paris à Abu Dhabi. Nous serons également la seule compagnie du Golfe à proposer un flatbed dans notre business class, que nous appelons Pearl. Plus généralement, les “guests” – nous ne disons pas “passagers” – de toutes les classes (Coral, Pearl ou Diamond) peuvent s’attendre à un service haut de gamme, délivré par un personnel multiculturel, avec des appareils neufs bénéficiant de tous les derniers équipements, notamment pour le divertissement en vol.
Bio express
1964 : Naissance à Meudon.
1984-1992 : Instructeur pilote sur simulateur de vol.
1992-1994 : Attaché commercial Pays de Loire pour TAT European Airlines.
1994-2000 : British Airways : responsable grands comptes Rhône-Alpes puis directeur des affaires commerciales.
2000-2002 : British Airways : directeur du développement des ventes et de la distribution France, Belgique, Luxembourg.
2003-2004 : Consultant pour compagnies aériennes et GDS.
2005 : Directeur général d’Etihad Airways France.




















