
Réactualisé le vendredi 31 mai à 9h
Malgré l’accord salarial très avantageux signé le 25 avril dernier par les contrôleurs aériens, les mouvements salariaux continuent de s’enchainer à l’aéroport d’Orly. En effet, après la grève du week-end dernier qui a entrainé la suppression de 70% des vols, l’USAC-CGT, l’Union syndicale de l’aviation civile-CGT, a déposé un préavis de grève courant du 31 mai au 7 juin. Dans une lettre adressée à Damien Cazé, le directeur général de l’aviation civile, le syndicat met la pression estimant que « la colère est vive pour de nombreux agents » de la DGAC et que « l’agitation sociale risque d’être intense dans les mois qui viennent« . N’étant pas d’accord avec certaines propositions du texte signé en avril qui sont jugées « inacceptables » et ne prennent pas « en compte les attentes d’un grand nombre d’agents de la DGAC« , l’USA-CGT a lancé ce « préavis de grève couvrant l’ensemble des agents de la DGAC pour les journées du 31 mai au 7 juin ainsi que pour la nuitée en aval pour ceux qui travaillent en horaire décalé ».
Toutefois, si les voyageurs pouvaient craindre un mouvement de grève d’ampleur, il semble que les annulations ne devraient pas être aussi importantes, voire nulles. En effet, cité par plusieurs médias, un porte-parole de la Direction générale de l’aviation civile a déclaré à l’AFP que la DGAC n’avait pas prévu de demander aux compagnies aériennes d’annuler des vols ni vendredi ni samedi.
Une réforme des services de navigation au cœur de la grogne
Pour rappel, l’aéroport d’Orly est particulièrement visé par ces mouvements, les syndicats – comme l’UNSA-ICNA à la manœuvre le weekend dernier – estimant que la plateforme sera confrontée à des sous-effectifs de contrôleurs d’ici 2027 si rien n’est fait. Depuis la loi du 28 décembre 2023, les contrôleurs souhaitant débrayer doivent toutefois se déclarer individuellement 48 heures à l’avance, mesure adoptée afin de mettre fin au manque de visibilité pour les compagnies et d’information pour les passagers lors du déclenchement de ces mouvements salariaux. Une manière de limiter un minimum les perturbations du trafic et le chaos dans les aéroports.
Les tensions se sont réveillées au terme de 15 mois de négociations entre les syndicats des aiguilleurs du ciel et la DGAC en raison de la restructuration en cours du contrôle aérien, réforme rendue nécessaire par l’augmentation de 10% à 20% du trafic anticipée d’ici 2030. Destinée à limiter les retards et à maintenir la sécurité des vols, cette réforme prévoit la fermeture de près d’une vingtaine de tours de contrôle dans les régions sur un total d’environ 80 avec à la clé une nouvelle répartition des contrôleurs, les regroupements de personnels devant permettre de palier les sous-effectifs et de mieux répondre aux pics de trafics notamment durant les vacances scolaires et les weekends. Les principales tours de l’Hexagone verront leurs systèmes de contrôle modernisés et l’IA devrait même faire son entrée dans les futurs programmes de suivi aérien dans le but de fluidifier le trafic et de réduire les retards.

















