IATA confirme l’envolée du trafic aérien en 2024

La demande pour le transport aérien a atteint un record en septembre selon les derniers chiffres communiqués par IATA. Les effets dévastateurs de la pandémie sont désormais bien loin.
IATA chiffres septembre 2024
La demande en transport aérien n'a jamais été aussi forte qu'en septembre 2024 selon IATA (Photo: aéroport d'Istanbul-Luc Citrinot)

Septembre 2024 semble avoir définitivement enterré l’épisode Covid dans le transport aérien. Il était temps, plus de quatre ans après le début de la pandémie. Mais la publication des dernières données par IATA, l’association du transport aérien international, sur la demande mondiale passagers a de quoi rendre optimiste l’ensemble du secteur.

« La haute saison des voyages aériens s’est terminée avec une demande qui n’a jamais été aussi élevée. C’est une bonne nouvelle non seulement pour les passagers, mais aussi pour l’économie mondiale« , a analysé le directeur général de IATA, Willie Walsh.

IATA note qu’en septembre 2024 :

  • La demande totale, mesurée en kilomètres-passagers payants (RPK), était en hausse de 7,1 % par rapport à septembre 2023, un record historique pour septembre. La capacité totale, mesurée en sièges-kilomètres offerts (SKO), était en hausse de 5,8% par rapport à l’année précédente. Le coefficient d’occupation en septembre était de 83,6% (+1,0ppt par rapport à septembre 2023).
  • La demande internationale a augmenté de 9,2% par rapport à septembre 2023. La capacité a augmenté de 9,1% en glissement annuel et le coefficient d’occupation a atteint 83,8% (+0,1ppt par rapport à septembre 2023).
  • La demande intérieure a augmenté de 3,7% par rapport à septembre 2023. La capacité a augmenté de 0,7% en glissement annuel et le coefficient d’occupation s’est élevé à 83,3% (+2,4ppt par rapport à septembre 2023).

Hausse sur tous les continents

Sur le trafic international, IATA constate que toutes les régions ont enregistré une croissance de la demande internationale passagers en septembre 2024 par rapport à septembre 2023. Afrique, Amérique latine et Asie Pacifique ont mené le bal avec les taux de progression de la demande les plus élevés.

Un bémol cependant au tableau. Le coefficient de remplissage des avions a fluctué d’un continent l’autre. Très élevé en Europe, et à un haut niveau en Asie et Afrique, il s’affiche en baisse pour les Amériques et le Moyen-Orient.

Les compagnies aériennes d’Asie-Pacifique ont enregistré une hausse de 18,5 % de la demande en glissement annuel. La capacité a augmenté de 17,7% en glissement annuel et le coefficient d’occupation était de 82,6% (+0,5ppt par rapport à septembre 2023).

Les transporteurs européens ont enregistré une hausse de la demande de 7,6 % en glissement annuel. La capacité a augmenté de 7,4% en glissement annuel et le coefficient d’occupation était de 85,9% (+0,2ppt par rapport à septembre 2023).

Les transporteurs du Moyen-Orient ont enregistré une hausse de la demande de 4,4 % en glissement annuel. La capacité a augmenté de 4,6% en glissement annuel et le coefficient d’occupation était de 81,4% (-0,1ppt par rapport à septembre 2023).

Avec 37 millions de passagers Bangkok Suvarnabhumi connaît l’une des plus fortes croissances d’Asie (+29,1%) sur les neuf premiers mois de 2024 (Photo: Luc Citrinot)

Les transporteurs nord-américains ont connu une augmentation de la demande de 0,5% en glissement annuel. La capacité a augmenté de 1,9% en glissement annuel et le coefficient d’occupation était de 84,4% (-1,1 ppt par rapport à septembre 2023).

Les compagnies aériennes d’Amérique latine ont connu une augmentation de la demande de 12,4% en glissement annuel. La capacité a augmenté de 13,9% en glissement annuel. Le coefficient d’occupation était de 84,3% (-1,1ppt par rapport à septembre 2023).

Les compagnies aériennes africaines ont enregistré une hausse de la demande de 11,9% en glissement annuel. La capacité a augmenté de 6,6% en glissement annuel. Le coefficient d’occupation a augmenté à 76,0% (+3,6ppt par rapport à septembre 2023).

Pénurie de capacités en vue?

Mais comme à son habitude, IATA douche toujours le trop plein d’optimisme. « La réussite du transport aérien s’accompagne effectivement de défis, prédit Willie Walsh. Nous serons bientôt confrontés à une pénurie de capacité dans certaines régions. Ce qui risque de réduire les avantages économiques et sociaux de notre secteur« .

 » Les gouvernements seront confrontés à un choix : perdre face à des nations plus dynamiques qui apprécient la connectivité mondiale, ou forger un consensus pour une croissance durable. Les compagnies aériennes réalisent des investissements considérables pour parvenir à des émissions nettes de carbone nulles d’ici à 2050. Cela doit s’accompagner d’une vision politique tout aussi active, soutenue par des actions, afin de garantir que nous disposons d’une capacité de gestion des aéroports et du trafic aérien efficace et suffisante« , souligne-t-il encore.