Interview : Alastair Thomann, directeur général de Pentahotels

Pentahotels a ouvert en juin 2016 un hôtel à Paris CDG. Cette filiale du groupe de luxe asiatique Rosewood – celui qui a repris le Crillon – présente un concept lifestyle qui tranche avec les hôtels d'aéroport "classiques".
Pentahotel
Alastair Thomann, directeur général de Pentahotels (Photo : Julien M. Hekimian/Getty Images for Pentahotel)

Avec l’ouverture en juin dernier du Pentahotels Paris CDG, votre enseigne a-t-elle pour ambition de donner un coup de jeune à l’hôtellerie aéroportuaire ?

Alastair Thomann – A côté des aéroports, les voyageurs trouvent souvent des produits vieillissants et ennuyeux. Les opérateurs, parce que ces établissements marchent très bien et qu’en plus, la demande ne cesse de croître, ne ressentent pas le besoin de les rénover, d’innover. Pentahotels a une vision claire de cet environnement et casse les codes en mettant l’accent sur le style et l’originalité ! Nous avons créé un concept très design, une atmosphère très “living room”. Cette approche jeune, non conventionnelle, élève l’expérience d’un hôtel d’aéroport à un autre niveau.

Après vos hôtels à Bruxelles-National et Paris CDG, avez-vous d’autres ouvertures en vue près de grands hubs internationaux ?

Alastair Thomann – Tout à fait, nous gardons un œil attentif aux opportunités qui pourraient se présenter afin d’ajouter de nouveaux hôtels d’aéroport à notre offre. Nous apprécions beaucoup ce type de localisation et avons l’expérience pour apporter quelque chose de différent, de spécial, dans les zones aéroportuaires. Ce sont des environnements très porteurs commercialement pour Pentahotels et nous maintenons de ce fait de très bonnes relations avec les grandes compagnies aériennes.

Comment répondez-vous aux attentes particulières des voyageurs d’affaires, toujours entre deux avions ?

Alastair Thomann – Ces clients, souvent des voyageurs très fréquents, sont exigeants et nos collaborateurs sont confrontés chaque jour à des demandes qu’ils n’auraient pas dans un hôtel de centre-ville. C’est pourquoi ils sont particulièrement bien préparés à répondre à leurs requêtes souvent inhabituelles. Cependant, nos clients recherchent avant tout les fondamentaux : le WiFi, un espace pour travailler, un lit confortable et une bonne douche, autant de choses que nous leur offrons avec un niveau de qualité que les voyageurs pourraient espérer trouver dans un cinq étoiles. L’expérience inclut également un espace fitness parfaitement équipé – ce qui est essentiel pour notre clientèle – et décoré dans le style Pentahotels.

Votre lobby est aussi un élément distinctif de votre concept lifestyle…

Alastair Thomann – En effet, nos clients adorent nos lobbys, leur style “lieu de rendez-vous entre voisins de quartier”, que nous appelons pentalounge et où nous proposons des boissons de qualité et une cuisine conviviale, le tout servi par un personnel jeune et entraînant. En raison des heures de départ et d’arrivée qui peuvent varier grandement selon les voyageurs, cet espace est fréquenté à toute heure du jour et de la nuit, avec notamment un service de pizza 24/7. Le pentalounge permet de se sentir comme chez soi avec ses larges canapés très cosy, des tables de billard, des flippers, des jeux vidéo vintage, mais aussi des PlayStation 4, des Mac, le WIFI gratuit et des grands écrans diffusant SKY Sports.

Votre hôtel à Paris CDG est aussi un lieu de réunions. Comment traduisez-vous votre accent lifestyle dans ce domaine ?

Alastair Thomann – Notre hôtel accueille aussi bien des séminaires classiques, car sa localisation est très commode pour réunir des participants internationaux, que des voyageurs d’affaires qui viennent y tenir des rendez-vous business avec leurs clients ou leurs collègues entre deux avions. C’est pour eux que nous avons lancé une nouvelle expérience de réunion avec des salles plus petites et inspirantes que nous appelons ThinkTank. Nous avons également créé des salons privés – probablement les plus cools autour de Roissy – où les équipages peuvent se rassemblent pour leurs briefings avant le départ.

atteindre 80 établissements en 2020

Quels sont vos perspectives en matière de développement ?

Alastair Thomann – Nous venons de renforcer notre organisation à cet effet avec des bureaux en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Nous avons pour objectif d’atteindre 80 établissements en 2020 (NDLR : contre 27 aujourd’hui), en nous focalisant sur le cœur des grandes métropoles – Londres, Barcelone, Rome, Bangkok, New York, Los Angeles, Miami – ou la reprise de portefeuille d’hôtels dans les trois régions précitées.