Interview : Arnaud Katz, Pdg de Bird Office

Bird Office a officialisé mercredi une deuxième levée de fonds, qui doit soutenir sa montée en puissance sur le marché du Meeting & Events, et renforcer sa présence à l'international. Arnaud Katz, co-fondateur et Pdg de Bird Office, fait un point sur les objectifs de la plateforme.

Bird Office
Arnaud Katz, co-fondateur et Pdg de Bird Office

Quel est le format et l’objectif de la levée de fonds annoncée le 12 septembre ?

Arnaud Katz – Nous venons effectivement de procéder à une levée de fonds de 5 millions d’euros, avec trois partenaires : Caphorn Invest, Raise Venture et BNP Paribas Développement. Cette opération nous permet de changer d’échelle. On devient ainsi une entreprise bien plus structurée, capable depuis un an d’accompagner les grands groupes. D’ailleurs, nous ne passons pas notre vie à lever des fonds, puisqu’il ne s’agit que de notre deuxième opération de ce genre.

Comment sera utilisée cette nouvelle manne financière ?

A. K. – Cela s’articule autour de deux volets : nous nous dirigeons vers des projets plus complexes, de vraies journées d’étude, avec toute la restauration, les séminaires résidentiels avec de l’hôtellerie, des activités team building, type escape game ou cours de yoga.. Parallèlement, nous allons poursuivre notre déploiement géographique, à la fois à travers un maillage plus important dans les grandes villes et les villes intermédiaires, et à l’international nous allons notamment mettre le paquet sur Londres.

Comment décririez-vous l’évolution de l’offre Bird Office depuis sa création ?

A. K. – Bird Office est né officiellement le 24 décembre 2013. On nous présentait alors souvent comme le « Airbnb du bureau ». Depuis un an et demi nous avons radicalement fait évoluer notre approche, en nous positionnant sur un véritable produit événementiel. Dès qu’un salarié sort de son bureau dans le cadre d’un déplacement professionnel ou d’un événement, notre mission consiste à aider à l’organisation d’un meeting, d’une formation, d’un séminaire, d’un workshop, etc. Nous proposons donc d’un côté une plateforme de réservation, et de l’autre nous créons tout l’environnement pour que nos clients puissent réaliser toutes leurs dépenses événementielles via un seul interlocuteur, une seule entité de facturation. Chaque compte se voit également attribuer un conseiller Bird Office dédié pour tous ses événements. Aujourd’hui, 9000 entreprises réservent de façon récurrente sur Bird Office, ce qui commence à constituer un joli éventail de clients. Nous sommes donc en train de consolider notre place d’expert de l’événementiel BtoB.

le marché est mûr

Et le marché lui-même : comment a-t-il évolué au cours des dernières années ?

Arnaud Katz – Pour la première fois, j’ai l’impression que le marché est mûr, dans le sens où les entreprises ont maintenant saisi la nécessité d’organiser les dépenses du MICE. Les produits des fournisseurs et les directions achats ont mûri en même temps.

Qui sont vos interlocuteurs au sein de l’entreprise ?

A. K. – A la fois les directions achats, avec lesquelles nous passons des contrats cadre, et les Travel Managers, les assistantes de direction, les ressources humaines, donc tous les services qui ont des besoins en événements. En fonction des entreprises, le MICE est porté par les Travel Managers ou par les acheteurs. C’est une composante propre à notre business. Pour l’aérien, les choses sont claires : c’est le rôle du Travel Manager. Sur le MICE, c’est plus variable, tout dépend de l’organisation interne. Dans l’ensemble, les acheteurs et des Travel Managers n’ont pas de réelle idée de combien ils dépensent en événementiel. Même ceux qui sont les plus avancés sur la question sont conscients qu’il y a une grande partie des dépenses qui passe entre les mailles de leur filet. C’est pour ça qu’en plus du volet services de notre offre, il y a le volet reporting, compréhension des dépenses, workflow de validation : c’est un vrai plus. Nous travaillons également avec American Express sur l’implémentation de la carte logée, ce qui apporte vraiment de la valeur à ces ETI et à ces grands comptes. Pour autant, tous les clients qui ne sont pas équipés pour la carte logée ont accès à la facturation centralisée, ce qui leur fait gagner beaucoup de temps.

Comment fonctionne votre partenariat avec la BNP ?

A. K. – Très bien. D’ailleurs l’initiative va prendre de l’ampleur : nous allons étendre l’accès aux espaces de réunions des agences bancaires dans toute la France. L’offre restera gratuite pour les clients BNP Paribas.

Comment vous inscrivez-vous par rapport aux tendances du marché, comme le coworking ?

A. K. – Le besoin ponctuel d’un bureau à la journée constitue un marché réduit. En revanche, notre accord avec Remix nous permet de commercialiser les espaces événementiels de ces espaces coworking. D’autres partenariats de ce genre sont en projet et devraient bientôt être dévoilés. L’autre nouvelle tendance de fond concerne la demande pour des lieux atypiques. Désormais, tous les groupes ou presque nous demandent des espaces « à la Google », ils cherchent à sortir du cadre pour gagner en créativité.

Airbnb for business s’est allié à WeWork il y a quelques semaines : pourriez-vous également vous rapprocher d’un spécialiste de l’hébergement, comme MagicStay ?

Arnaud Katz – L’initiative lancée par Airbnb et WeWork est une très bonne idée, qui fait sens parce qu’il y a du volume. En ce qui nous concerne, la demande pour des espaces de coworking à la journée est trop faible. Nous entretenons d’excellentes relations avec MagicStay, nous échangeons régulièrement, mais je ne suis pas certain qu’un tel rapprochement apporte véritablement quelque chose au marché.

Quels rapports entretenez-vous avec les agences de voyages d’affaires, qui ont toutes lancé leur département meetings & events ?

A. K. – Nous avons malheureusement très peu de contacts avec les agences jusqu’ici, aucune piste particulière pour travailler ensemble pour l’instant. Ce sont de grandes structures, cela prend du temps pour faire bouger les choses.