Interview : Cédric Gobilliard, Directeur des Ventes globales, Accor

A l’occasion de la Convention GBTA organisée à Boston, Cédric Gobilliard, Directeur des Ventes globales d’Accor, fait un point sur la présence du groupe hôtelier sur le marché américain, ainsi que sur ses nouveaux projets dans les mois à venir, notamment pour le marché "Meetings & Events".
Photo : Jacques Yves Gucia

Quelles sont les forces et les faiblesses du groupe Accor sur le marché américain ?

Cédric Gobilliard – Ce que j’explique aux acheteurs voyages américains, c’est qu’avec Accor, bien sûr ils choisissent un produit, une marque, mais surtout le leader dans le monde, en dehors des Etats-Unis. Les Américains attendent avant tout de la sécurité, ces certitudes par rapport à la qualité et à la consistance du produit. C’est la garantie de standards qui évitent les mauvaises surprises, ce qui est rassurant quand on voyage à l’étranger. Nous souffrons bien sûr d’un manque de notoriété aux Etats-Unis, notre réseau n’y est pas suffisamment dense pour véritablement marquer les esprits des voyageurs d’affaires, qui connaissent principalement les chaînes nord-américaines. Près de 20% du marché global « corporate » est porté par ces clients américains : c’est un gros marché, et nous progressons – à hauteur de +10% depuis le 1er janvier – même s’il y a avait forcément une marge de progression. 

Comment comptez-vous gagner des parts de marché auprès des voyageurs d’affaires américains ?

 
Cédric Gobilliard – Notre programme de fidélisation connaît un vrai succès auprès des voyageurs d’affaires américains. Aux Etats-Unis, l’acheteur est très sensible au programme de fidélisation. Il n’a aucun problème avec ça, bien au contraire. Nous avons déjà retravaillé l’image du programme il y a six mois environ en améliorant sa lisibilité, et nous améliorerons l’offre en fin d’année pour qu’il soit plus généreux, plus attractif. Il permettra aussi d’utiliser directement ses points en ligne pour réserver. Nous allons également développer notre réseau de partenariats, pour utiliser les points à plus grande échelle, et nous valoriserons les avantages offerts aux voyageurs, avec de nouveaux services. Nous allons aller plus loin dans ce sens. C’est normal après quatre ans d’existence, d’autant qu’il s’agit d’une force extraordinaire pour nous. 
 

Quel rôle joue le marché du Meetings & Events dans cette stratégie ?

 
Cédric Gobilliard – C’est essentiel. Pullman s’est clairement positionné comme la marque MICE, aux côtés de Novotel et de son offre spécifique, et nous relançons d’ailleurs complètement l’enseigne en Europe, avec en particulier la rénovation des hôtels Pullman à Paris. Nous allons avoir un très beau produit, à la fois pour le marché « Meetings & Events » et pour le voyage d’affaires. C’est quelques chose sur lequel nous nous appuyons aux Etats-Unis, même si nous n’avons pas de Pullman sur place. Nous développons aussi de nouvelles fonctionnalités pour cette offre « Meetings & Events », et nous allons d’ailleurs lancer au mois de décembre la possibilité pour des groupes jusqu’à 30 personnes de réserver en ligne, avec un devis et la disponibilité accessibles en ligne. Ce nouvel outil va être une révolution. On développe des fonctionnalités, en particulier sur Internet, pour simplifier les process de réservation, la connaissance des disponibilités, et nous travaillons à la professionnalisation des équipes commerciales pour mieux répondre aux demandes spécifiques des clients, notamment en matière de reporting.