Interview : Edmond Richard, Directeur Commercial Europe d’Air Caraïbes

Air Caraïbes poursuit son développement : nouvelles fréquences, nouveaux appareils – dont le premier Airbus A350 mis en service le 29 juillet – et nouvel aménagement de cabine, comme l’explique Edmond Richard, Directeur Commercial Europe d’Air Caraïbes.

Air Caraïbes
Edmond Richard, Directeur Commercial Europe d’Air Caraïbes

Comment se porte le trafic d’Air Caraïbes ?

Edmond Richard – Air Caraïbes est soumise à une forte concurrence entre la France métropolitaine et la Caraïbe, ce qui se traduit par une guerre tarifaire importante à laquelle s’ajoute la flambée des cours du pétrole. Dans ce contexte, Air Caraïbes se défend plutôt bien. Nous avons transporté 1,61 millions de passagers en 2018, et dégagé un bénéfice, certes moins fort qu’en 2017 en raison de l’impact pétrole mais un bénéfice tout de même ! De fait, c’est notre quatorzième bénéfice sur nos quinze ans d’existence. Pour les premiers mois de 2019, je peux simplement dire que l’on est plutôt en avance par rapport à nos estimations budgétaires.

Votre actualité du moment est l’arrivée dans la flotte du premier Airbus A350. Que peuvent en attendre les voyageurs d’affaires ?

Edmond Richard – Effectivement, la mise en service du premier Airbus A350-900 Air Caraïbes le 29 juillet se traduit par un plus grand confort à bord et une augmentation des fréquences sur nos différentes lignes. L’Airbus A350 offre d’abord une classe affaires plus importante, avec 18 sièges au lieu de 12 sur nos actuels Airbus A330. L’avion sera mis en service sur Paris-Cayenne et nous allons graduellement passer de quatre à six vols par semaine d’ici décembre. En fait, il existe une vraie demande affaires – qui représente en gros 20 à 25% du trafic total de la ligne – en raison de la présence du centre spatial de Kourou. Nous allons recevoir deux Airbus A350-1000 qui seront mis en service sur la Guadeloupe et la Martinique. Il permettra d’augmenter notre capacité en sièges de 10%. L’Airbus A350 desservira également régulièrement la République Dominicaine.

Comment se porte le trafic sur Saint Martin ?

Edmond Richard – Nous sommes heureux de constater qu’il y a une vraie reprise de la demande. Il y a tous ces chantiers de reconstruction dans l’île après le passage du typhon de 2017, et cela génère des courants d’affaires importants. On constate aussi désormais un retour du trafic de loisirs. Du coup, nous passons de deux à trois fréquences hebdomadaires directes vers Paris assurées par un Airbus A330-200 totalement reconfiguré. Nous offrons alternativement un vol quotidien via Pointe à Pitre.

Augmentez-vous vos capacités sur d’autres destinations cet hiver ?

Edmond Richard – Nous allons offrir plus de fréquences ou davantage de sièges sur certaines destinations, notamment Cuba et nous desservirons régulièrement Port au Prince et Punta Cana en Airbus A350.

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Comment fidélisez-vous la clientèle affaires avec une telle compétition sur l’axe Paris-Caraïbes ?

Edmond Richard – Nous avons lancé Flexilpro, un produit de fidélisation affaires qui est en fait une carte prépayée correspondant à un crédit billet. Ce crédit peut être dépensé sur l’ensemble du réseau transatlantique Air Caraïbes, ainsi que sur les lignes régionales intra-Caraïbes. Flexilpro permet aux PME de faire de véritables économies. Par exemple, il faut dix crédits aller-retour pour un vol Paris-Antilles en classe économique, ce qui correspond à 750 euros, avec la garantie de pouvoir modifier le billet, de se faire rembourser si annulation, de le transférer sans frais à un autre collaborateur et de bénéficier d’un second bagage en soute. Pour la classe Economie Premium, il faut 28 crédits ce qui correspond à un tarif de 2,114 euros. Notre produit de fidélisation Preferences est désormais étendu à la compagnie French Bee ce qui permet de cumuler des miles sur des lignes vers la Réunion, la Polynésie ou San Francisco.