Interview : Stéphane de Laforcade, Président de Hotel Corporate System (HCorpo)

La plateforme de réservation hôtelière Hotel Corporate System (HCorpo) devient un acteur incontournable sur le marché du voyage d'affaires. Au point de prétendre à devenir la solution de référence pour l'hôtellerie d'affaires, en développant un réseau de partenariats de plus en plus intéressants, y compris avec des TMC majeures. Son Président Stéphane de Laforcade revient sur l'ambition de HCorpo, ses objectifs, et ses projets pour les mois à venir, dont une nouvelle solution dédiée aux Meetings & Events.
DR Eric Bernard Josselin

Comment voyez-vous l’évolution de la réservation hôtelière d’affaires en France ?

 

Stéphane de Laforcade – Les entreprises souffrent d’un manque total de visibilité sur les dépenses hôtelières, pourtant le second budget dans le voyage d’affaires. Cette tendance s’explique par la multiplicité des sources d’approvisionnement, entre les agences de voyages d’affaires, les self booking tools, les agences de voyages en ligne, les relations directes avec l’établissement et les “bonnes vieilles habitudes”… En soi, ce sont toutes de bonnes solutions. Mais cet ensemble disparate aboutit à une absence totale de données tangibles, donc de contrôle, et finalement d’économies, alors que la pression est forte aujourd’hui avec la crise.

Quelle réponse apportez-vous à cette situation ?

S. d. L. – Nous nous appuyons sur un inventaire de 250 000 hôtels environ, dont plus de 13 000 établissements en France ; ce qui est essentiel lorsque l’on sait que 75 % de la dépense est domestique. Surtout, nous centralisons le paiement, et même la facturation si l’entreprise le souhaite ; ce qui offre une meilleure visibilité et permet des économies substantielles sur la gestion des factures d’hôtels dont le coût est estimé entre 15 et 50 euros pour chacune d’entre elles.

Qui sont vos clients ?

S. d. L. – Nous visons surtout les entreprises ayant un minimum de 500 000 euros de budget voyages d’affaires annuel. Notre portefeuille totalise près de 1 000 sociétés, et nous sommes fiers de n’avoir souffert d’aucun départ de clients depuis notre création. Notre ambition ? Être la solution standard du marché pour la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique. C’est pour cela que nous ouvrirons bientôt des bureaux à Bruxelles, Londres et Dubaï.

Comment qualifieriez-vous l’année écoulée ?

S. d. L. – Nous avons finalisé un bon nombre d’opérations très importantes au cours des derniers mois, notamment l’entrée de deux nouveaux partenaires dans notre capital : Entrepreneur Venture et la Caisse des Dépôts et Consignations, un gage de sérieux pour nos clients comme pour nos partenaires hôteliers. D’un point de vue financier, nous sommes en phase avec nos objectifs et nous progresserons encore fortement en 2013.

D’autres acteurs se sont lancés sur ce segment au cours des derniers mois…

S. d. L. – En effet. Et d’autres les imiteront sûrement : tout le monde s’attaque à l’hôtellerie. En ce qui nous concerne, nous arrivons au terme d’un processus impératif, mais très long, en matière de développement et de partenariats. Notre solution est maintenant intégrée chez tous les partenaires de l’écosystème du voyage d’affaires. Nous sommes liés avec les self booking tools, les logiciels de gestion des notes de frais, les moyens de paiement… Et nous sommes en train de finaliser différents partenariats majeurs avec les agences de voyages d’affaires. La route est donc encore longue pour les nouveaux concurrents qui émergent.

Pourriez-vous vous lancer dans d’autres domaines, comme les réunions ou la restauration ?

S. d. L. – Nous n’avons aucune vue sur la restauration, mais une arrivée sur le segment des réunions et séminaires est plus probable. Nous croulons sous les demandes, et nous expérimentons un produit qui se démarquera de l’offre existante.

Quel regard portez-vous sur le marché du voyage d’affaires en général ?

 

S. d. L. – Je n’ai pas l’impression que les gens serrent les budgets de manière inconsidérée. Plutôt que sur le prix facial et donc le confort du voyageur, je conseille généralement d’économiser sur le coût de gestion des dépenses, qui offre des perspectives de marge intéressantes. Une solution comme HCorpo vend des économies plus que de l’hôtel­lerie : c’est un credo porteur en temps de crise.