Japan Airlines : une filiale low cost sur l’Europe d’ici 2020

La compétition fait rage sur le secteur du transport aérien low cost vers le Japon, mais il reste essentiellement concentré entre les mains d’opérateurs non japonais, notamment sur le secteur du long courrier. Une situation que Japan Airlines souhaite changer en lançant d’ici 2020 une compagnie low cost qui desservira l’Asie mais aussi l’Europe et les Etats-Unis.

Japan-Airlines
Japan Airlines va lancer une compagnie low cost.

Pourra-t-on prochainement voler de Paris à Tokyo pour moins de 500 euros l’aller-retour ? Encore inconcevable il y a cinq ans, cette perspective n’est plus du domaine de l’utopie avec la montée en puissance des compagnies low cost long-courriers. Depuis déjà deux ou trois ans, des compagnies comme Scoot (Singapour), AirAsia X (Malaisie) ou encore Nokscoot et Thai AirAsia X (Thaïlande) relient plusieurs villes japonaises vers Kuala Lumpur, Bangkok ou Phuket, soit autant de vols de cinq à six heures en moyenne.

Japan Airlines s’était pour l’instant exclu de ce développement, mais plus pour très longtemps. Le transporteur national japonais souhaite désormais s’attaquer à ce segment d’ici 2020, année des Jeux Olympiques de Tokyo. Son but sera d’offrir des vols non seulement sur le reste de l’Asie – probablement vers la Thaïlande, la Malaisie et Bali en ligne de mire – mais aussi, et c’est nouveau, vers l’Europe et les Etats-Unis.

En Europe, Norwegian, Scoot et Eurowings proposent déjà des lignes long-courriers vers l’Asie, ciblant également un marché d’affaires. C’est par exemple le cas de Scoot et Norwegian, présents sur des lignes reliant Berlin et Londres à Singapour. Mais aucune compagnie ne dessert actuellement l’Europe depuis le Japon en low cost.

Il est vrai que l’Europe serait un marché idéal pour quelques lignes low cost d’appoint. On peut par exemple imaginer le lancement de lignes sur Tokyo-Berlin, Tokyo-Nice, Tokyo-Lyon ou encore Tokyo-Genève. Une filiale low cost aux coûts d’exploitation moindres, avec des avions de bonne taille et à faible consommation de kérosène comme, par exemple, l’Airbus A350 ou le Boeing 787, tout cela lié à des tarifs attractifs aurait probablement de bonnes chances de capter de nouveaux marchés. Un produit qui pourra également séduire les voyageurs d’affaires qui pourront se laisser séduire par une ligne sans escale plutôt qu’avec un transfert.

Selon les premières informations communiquées par la direction de JAL, le nom de la future marque de la compagnie n’a pas encore été arrêtée ; ni la taille finale de la flotte ou le futur réseau. Quelques points stratégiques sont cependant sûrs : la compagnie sera basée sur l’aéroport de Narita, l’un des deux aéroports internationaux de Tokyo, et les futures lignes, proposées en Boeing 787-800, seront en complément de celles déjà exploitées par JAL. Ce seront donc, a priori, des destinations autres que Paris, Londres, Francfort ou Zurich.

La future low cost offrira également un produit Premium/affaires, car ce segment reste important sur le marché Europe-Japon. Non seulement pour les hommes d’affaires japonais qui voyagent souvent en classe affaires – même d’une compagnie low cost – pour des raisons d’image mais aussi pour les clientèles européennes, notamment de PME/PMI qui auront la possibilité au moins de se surclasser sur un segment de vol par exemple. Et puis, la classe affaires sur une low cost permet de maximiser les recettes pour le transporteur aérien qui la propose…

Tandis que Japan Airlines est actionnaire à 33% de la compagnie Jetstar Japan, en partenariat avec l’Australien Qantas, une nouvelle aventure s’ouvre pour le transporteur national japonais.